‹ La jeunesse de BalzacChapitre 15 sur 155 · Voir Appendice V, pièce n · texte numérisé non relu

Voir Appendice V, pièce n

2. « J'ai fait voir aujourd'hui même vos gravures à Devéria, qui on a été très content, et il nous a témoigné sa satisfaction d'avoir su trouver en vous un digne traducteur de ses dessins. Il m'a dit qu'il lui était impossible de vous donner d'avis sur les gravures que je lui soumettais, parce qu'il n'en connaissait pas le dessin primitif; mais il est persuadé qu'en travaillant vous deviendrez, au bout de deux ou trois de nos gravures, le plus redoutable adversaire de Thompson et des Anglais. » Collection Lovenjoul, ms. A 258, fol. 6,îuin'"lie,. — Œuvres complètes, t. XXIV, Correspondance, p. 50 (lettre XXII, à M. Godard fils, à Alençon, 19 avril 1825). Voir aussi Appendice V, pièce n°18.

succès que si son prix l'eût mise à la portée des bourses modestes; c'est ce que comprirent plus tard, pour réaliser des conceptions analogues, les Lefèvre et les Charpentier.

Balzac n'était pas homme à faire tant de réflexions. Le conseil qui lui était donné, le secours qui lui était offert, la main amie qui lui était tendue, tout devait l'engager dans cette spéculation.

Les hommes d'affaires se jouaient assez aisément de ces deux impatiences unies s'excitant lune l'autre. On livrait à Balzac du papier noirci, des livraisons en feuilles, une chance douteuse de gain en échange d'argent versé ou d'engagements fermes. L'affaire était plus que médiocre : mais Balzac, novice, ne vit que les brillants côtés de l'opération : il fut toujours l'esclave de son* imagination ; et, en ces temps-là, il l'était deux fois.

L'insuccès du La Fontaine et du Molière fut complet. En un an, on ne vendit pas vingt exemplaires1. Cette -première erreur, aulieu d'avertir

1. « Ces éditions restèrent donc parfaitement inconnues : à une année de leur publication, mon frère n'en avait pas vendu vingt exemplaires, et pour ne plus payer le loyer du magasin où elles étaient entassées et se perdaient il s'en défit au prix du poids brut de ce beau papier qui avait coûté si cher à noircir. » [Voir l'affaire Frémeau, à I'Appendice V.] Balzac, sa vie et ses œuvres, par Mme Laure Surville, p. 78.

Balzac, l'engagea dans une série d'autres. Il ne lui suffit plus d'être éditeur : il veut devenir imprimeur. En fréquentant les imprimeries, Balzac avait rencontré, soit chez Rignoux, soit chez Baudouin, un prote habile, nommé A. Barbier1. Cet homme connaissait bien la partie technique du métier. Il était chargé de famille. Balzac s'intéressa à lui. Il résolut de le prendre pour associé. La même personne qui avait conseillé la première entreprise l'engagea à « s'établir » définitivement et à acheter un fonds d'imprimerie. Mais, pour cela, il fallait de l'argent, beaucoup d'argent2.

1. Rignoux, devenu imprimeur en 1820. était imprimeur de l'Ecole de médecine. M. Paul Delalain a bien voulu nous fournir, à son sujet, quelques renseignements extraits de l'Annuaire de i Imprimerie et de la Presse, par V. Eugène Gauthier, ouvrier typographe :

« M. Rignoux est un vieillard actif et respectable, luttant virilement contre le flot qui tend à submerger l'imprimerie et la librairie... Une fonderie occupant quatre ouvriers est annexée à cet établissement... » {Annuaire de 1854). — « En 1851, M. Rignoux, qui eut longtemps la renommée d'habile imprimeur, essaya, je crois, le premier, d'initier les femmes à l'art typographique dans un établissement qu'il ouvrit à Montbar, dans la Côte-d'Or, et dont il confia la direction à M. Théotiste Lefèvre... » (Annuaire de 1855-1856).

On a vu que Balzac avait été en relations avec les Baudouin. Ce serait plus vraisemblablement à leur imprimerie qu'il aurait connu André Barbier. Joseph Tastu, en effet, acquit, le 12 août 1822, le brevet d'imprimeur de François-Jean-Charles Baudouin qui, lui-même, le tenait de son père François-Jean Baudouin (1er avril 1811). Cf. Paul Delalain, Liste des imprimeurs typographes de Paris du 1" avril 1811 au 10 septembre 1870... (Paris, impr. D. Dumoulin, 1899), gr. in-8, p. 9.

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