‹ La jeunesse de BalzacChapitre 16 sur 155 · Voir ci-dessus la note 1 de la page · texte numérisé non relu

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On fit le siège du père. Séduit par l'idée de voir son fils prendre « une position », un « état », poussé par les mêmes personnes, il se décida à engager, à titre de dot, le capital de la rente de quinze cents francs qu'il allouait antérieurement à Balzac, et celui-ci se trouva en mesure d'acheter, à un sieur Laurensaîné, son fonds d'imprimerie, situé rue des Marais-Saint-Germain (actuellement rue Visconti), numéro 17l.

Le prix d'acquisition fut probablement de 30 000 francs : c'est la somme que Balzac devait encore à Laurens aîné, au moment de la liquidation de l'affaire, le 16 août 1828; et cette liquidation signale, en outre, une somme de 12000 francs due par Balzac à son futur associé Barbier, somme que celui-ci, probablement, avait demandée, avant tout, pour quitter la situation qu'il occupait dans la maison où il travaillait.

Ainsi les dettes de Balzac s'accroissent encore : 15000 francs l'opération du La Fontaine

1. Voir Appendice VI, pièce n°50. Nous n'avons malheureusement pu trouver l'acte de vente passé entre Laurens et Balzac- — Laurens aîné (qui s'appelait, en réalité, Laurens de Pérignac et qui avait supprimé de Pérignac depuis la Révolution) avait marié sa fille cadette, MIle Rose-Céleste Laurens, à Eugène Renduel, l'éditeur des Romantiques. Cf. Adolphe Jullien, Le Romantisme et l'éditeur Renduel. Souvenirs et documents sur les Écrivains de l'École romantique, avec lettres inédites adressées par eux à Renduel, Paris, Charpentier et Fasquelle, 1897, in-18, pp. 16 et 17.

et du Molière; 30000 à Laurens, 12000 à Barbier. En plus, une quinzaine de mille francs pour l'acquisition du matériel1.

On peut admettre que, dans la somme de 30000 francs, due à Laurens, se trouvent compris 22000 francs nécessaires pour l'achat du brevet d'imprimeur.

A cette époque, ne s'établissait pas imprimeur qui voulait; il fallait une autorisation royale5.

La demande d'autorisation adressée par Balzac au ministre de l'Intérieur a été publiée par M. Auguste Descauriet, avec le dossier administratif se référant à cette demande. La péti-

1. " Mon frère, ayant la faillite en perspective, passa alors par des angoisses qu'il n'oublia jamais et qui le forcèrent à recourir de nouveau à sa famille. Mon père et ma mère comprirent la gravité des circonstances et vinrent à son secours, mais après quelques mois, de continuels sacrifices, ils se refusèrent à fournir de l'argent le jour où la prospérité arrivait peut-être ! » Balzac, sa vie et ses œuvres, par Mme Laure Surville, p. 81. Voir aussi Appendice VIII, pièces n06 78, 79 et 81 ; cf., ci-dessous, p. 105.

2. Voir Appendice VI. Le 5 février 1810, un décret « institua une direction de l'imprimerie et de la librairie placée sous l'autorité du ministre de l'Intérieur...; il décida (art. 5) que les imprimeurs et les libraires seraient désormais brevetés et assermentés, et réserva au ministre de l'Intérieur le droit de retirer le brevet à tout imprimeur pris en contravention... L'article 3 limita le nombre des titulaires. Les quatre cents imprimeurs qui exerçaient clans la capitale, sans règlement particulier, sans discipline, furent réduits à soixante... Un décret du 11 février 1811 porta leur nombre à quatre-vingts ». (Histoire de l'imprimerie, par Paul Dupont. Paris, chez tous les libraires, 1854, 2 vol. in-12, t. II, p. 266.)

Laurens aîné fut l'un des vingt nouveaux imprimeurs de Paris, nommés par décret du 2 mars 1811.

lion est du 12 avril 1826; elle est signée Honoré Balzac, rue de Tournon, n° 2'.

L'affaire suivit son cours, pendant les mois d'avril et de mai 1826, dans les bureaux du ministère de l'Intérieur et à la Préfecture de police. Celle-ci, notamment, fournit, sur le pétitionnaire, des renseignements satisfaisants, quoique d'une exactitude douteuse, puisqu'on le fait naître à Paris, tandis qu'il était né à Tours. La police reconnaît d'ailleurs que le postulant « appartient à une famille estimable et très aisée de la capitale » ; elle déclare « que sa conduite est régulière et qu'il professede bons principes».

Le préfet de police a rencontré un sûr garant : c'est un magistrat d'un rang élevé, M. de Berny, conseiller à la cour royale de Paris, le mari de l'amie qui veille sur les débuts si difficiles du jeune Balzac.

M. de Berny, dans sa lettre de recommandation au ministre de l'Intérieur, s'exprime ainsi : « Je connais depuis longtemps ce jeune homme; la droiture de son cœur, ses connaissances en littérature me persuadent qu'il s'est convaincu préalablement des devoirs qu'impose une pareille profession. La sévérité de mes fonctions ne me permettrait pas d'élever la voix en faveur

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