A la Bouleaunière, canton de Nemours (Seine-et-Marne
grande partie de ma vie et vous savoir si loin, c'est à se jetter dans la Seine l ! »
Un mot encore, une précision: « Demain, écrit-il, en août 1832, à Mme Hanska, demain je briserais ma plume, si vous le vouliez; demain, nulle femme n'entendrait ma voix. Je demanderais grâce pour la Dilecta, qui est ma mère2; elle a bientôt 58 ans, vous ne sauriez en être jalouse, vous si jeune ! »
Et c'est tout. Balzac n'en a pas dit davantage sur cette autre Madame de Warens qui resta pour lui, toute la vie, l'étoile, l'ange, la Dilecta.
La Dilecta ! c'est à elle qu'il donnait le beau portrait de Devéria, où nous l'avons vu resplendissant de force et de jeunesse, avec la dédicace écrite de sa main : « Et nunc et semper. »
C'est à elle qu'il dédiait, en 1832, Louis Lambert, — qui n'est autre chose que le récit de sa jeunesse— avec cette dédicace, toujours la même : « Et nunc et semper, Dilectx dicatum*. »
C'est elle qui est debout devant lui, quand il écrit Le Lys dans la Vallée, et qu'il crée ce type de Mmc de Mortsauf, le plus étrange, le plus fasci-
1. Collection Lovenjoul, ras. A 301, fol. 236 v°. — Lettres à V Étrangère, p. 220 (lettre LXXV, 22 décembre) 1834). Mme de Berny est morte le 27 juillet 1836; elle est inhumée à Gretz, près Nemours. Voir Appendice III, pièce n° 15.
2. Collection Lovenjoul, ras. A 301, fol. 27 v°. — Lettres à V Étrangère, p. 35 (lettre VII, 19 août 1853).