‹ La jeunesse de BalzacChapitre 33 sur 155 · Voir Appendice IX · texte numérisé non relu

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que s'embarque la gloire future du rival imaginaire des Estienne et des Didot. Et, sauf erreur, la dernière cartouche est tirée, le 4 octobre 1828 avec la Princesse Christine, de Henri Zschokke.

Cependant, dans l'intervalle, quelques livres intéressants et curieux ont été livrés par la maison Balzac :

Pour Baudouin, Balzac entreprit une série de petits classiques in-32, imprimés dans son fameux caractère Mignone, si fin qu'il casse les yeux ; il est vrai qu'en raison de leur petit format, ces livrets minuscules peuvent se glisser dans la poche : ce sont les œuvres de Voîney, de Ducis, de La Harpe, de Colardeau, les contes de La Fontaine : on entreprend même les « Chansons de Béranger1 ».

Canel fait imprimer, par Balzac, nombre de livres dont les titres évoquent toute l'époque romantique : Le duc de Guise à Naples, La Princesse Christine, Le Grisou ou la Côte-aux-Fées, Myriologies ou chants funèbres et èlêgiaques d'un

1. Chansons de P.-J.de Béranger. Paris, Baudouin frères, rue de Vaugirard, n° 17, 1829. In-32 de 2 ff et 484 pp.

Cette édition, bien que datée de 1829, est enregistrée dans la Bibliographie de la France du 22 novembre 1828, n° 6773 ; elle porte comme nom d'imprimeur celui de Barbier seul. La composition en caractères Mignone, de près de 500 pages, a dû exiger beaucoup de temps et, par conséquent, commencer avant que Balzac eût quitté son imprimerie. Or, un ouvrage enregistré dans la Bibliographie de la France du 4 octobre 1828, La Princesse Christine, porte encore le nom de Balzac.

Épirote, Tableaux poétiques par le comle Jules de Rességuier, les Annales romantiques pour 1828, et surtout un charmant et précieux livre, fort bien imprimé, en vérité, et orné de deux gravures en couleur par Henry Monnier : Scènes contemporaines laissées par feue Madame la vicomtesse de Chamilly ; seconde édition augmentée du Dix-huit brumaire. Paris, Urbain Canel, 1828.

Voici encore les Proverbes romantiques par Romieu, imprimés pour Ladvocat; voici un gros livre imprimé pour Baudouin : Manuel géographique, historique et statistique des départements de la France et de ses colonies; voici des actualités : La Petite Dragonnade du quai des Orfèvres, Le Féroce à Montrouge, le Testament des Ministres, le Discours de la Girafe au chef des six Osages (ou Indiens), Y Ode sur la nouvelle loi contre la liberté de la Presse.

Marco de Saint-Hilaire fait imprimer par Balzac une série de ses fantaisies dans le goût du temps : L'Art de mettre sa cravate, V Art de payer ses dettes et de satisfaire ses créanciers sans débourser un sou; on réimprime, de Mme de Genlis, le La Bruyère des domestiques.

Dans ce même genre, Balzac lui-même porte de l'eau au moulin et on lui attribue le Petit dictionnaire critique et anecdotique des enseignes de Paris, par un Batteur de pavé.

Voici deux livres dignes de survivre : les Mélanges historiques et littéraires de M. Villemain, imprimés pour Ladvocat; et La Jaquerie, scènes féodales, suivies de la Famille de Carvajal, drame, par l'auteur du Théâtre de Clara Gazai (c'est-àdire Mérimée), imprimée très élégamment pour Brissot-Thivars, en 1828.

Deux entreprises purement commerciales mais plus importantes fournissent un fonds de travail courant à l'imprimerie : c'est la collection des Mémoires sur la Révolution, de Barrière, pour laquelle Balzac et Barbier impriment : les Mémoires du baron de Besenval, les Mémoires de Madame Roland, les Mémoires du marquis de Bouille, les Mémoires de Charles Barbar oux ; et, d'autre part, le vaste recueil du Corps du droit français, pour Malher et Gie, dont Balzac livre dix-neuf livraisons, du 9 février au 30 août 18281.

Malgré ces efforts constants, les affaires vont mal. L'argent ne rentre pas. On est en discussion avec les clients. Balzac ne connaît pas, luimême, exactement, les conditions dans lesquelles il travaille. Il consent des réductions impossibles. Les clients se renseignent, les uns les autres, et refusent de payer si on ne

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