Voir Appendice VIII, pièces nn> 78 et
M. Sédillot, sur la prière de Mme Balzac mère, se, décide à prendre en mains la liquidation des affaires de l'imprudent jeune homme. Tout d'abord il obtient, de Mme Balzac, l'engagement de faire les sacrifices nécessaires pour désintéresser les créanciers. Ensuite, il dresse un état aussi complet que possible de la situation.
La troisième partie de l'opération consistera à détacher Balzac des deux affaires distinctes où il est engagé, celle de l'imprimerie et celle de la fonderie de caractères, sans toutefois amener la ruine totale des deux entreprises.
Sur le premier point, on peut dire que l'intervention de Mme Balzac dégage le présent et sauve l'avenir.
La mère de Balzac, née Sallambier, parisienne, était une femme de tête. Sa ferme raison, son bon sens un peu sec se heurtèrent, souvent, à l'imagination débordante que le fils tenait de ses ancêtres gascons. Entre les deux
originaux, le père et le fils, elle eut à souffrir.
Dans la Correspondance de Balzac, on voit qu'elle reçut de celui-ci, parmi des marques de tendresse toutes filiales, plus d'un coup de boutoir. Elle savait les rendre à sa façon. Mme Laure Surville exprime les choses finement quoique à mots couverts, dans un passage de la biographie de Balzac : « Ma mère riche,, belle et beau^ coup plus jeune que son mari, avait une rare vivacité d'esprit et d'imagination, une activité infatigable, une grande fermeté de décision et un dévouement sans bornes pour les siens. Son amour pour ses enfants planait sans cesse sur eux, mais elle l'exprimait plutôt par des actions que par des paroles1. »
Donc, femme d'action, elleagit ; mèredévouée, elle se dévoua. Elle offrit tout son bien et donna, sans hésiter, son nom et sa fortune pour sauver son fils.
Parmi ses angoisses, elle n'avait qu'un désir, c'était d'éviter à son mari, âgé maintenant de quatre-vingt-trois ans, les tracas etles douleurs d'une telle catastrophe. Mais le secret ne put être gardé longtemps; en effet, dans une lettre adressée à M. Sédillot, le 18 août 1828, Balzac père s'exprime en ces termes : « Mon cher