Œuvres complètes, t. XVII, p
On sait, maintenant, que Balzac, quoique né à Tours, n'est pas Tourangeau. Son père qui, d'après l'acte de naissance, relevé sur les registres de la paroisse de Canezac (hameau de la Nougarié), Tarn, s'appelait Bernard-François Baissa, fils de Bernard Baissa, laboureur, était originaire du Languedoc; sa mère, Anne-Charlotte-Laure Sallambier, était née à Paris et appartenait à une famille parisienne*.
4. Nous avons reçu de M. Alfred Caraven-Cachin, de Salvagnac (Tarn), de très intéressants détails sur les origines du père de Balzac :
« J'ai été à Castres, nous écrit notre obligeant correspondant, où l'on croyait qu'un descendant de Balzac avait été sergent de ville et, après quelques jours d'enquête à la police et au greffe du tribunal civil, il m'a fallu abandonner cette piste. De là, j'ai été à Montirat étudier les minutes du notaire Balzac. M. Camors, aujourd'hui notaire de cette localité, a bien voulu m'aider dans cette tâche ; nous n'avons rien trouvé d'intéressant pour vos études.
« Alors, on m'a indiqué une famille Balzac qui habite Granette, par Auvillars (Tarn-et-Garonne). Je suis parti pour Granette où j'ai trouvé, en effet, Mmo Georges Balsac, veuve d'uu ancien magistrat, mais qui ignore si elle est parente avec le
Le père de Balzac, homme de loi, commissaire aux vivres, royaliste déclaré, fonctionnaire de Bonaparte, Méridional, Tourangeau, Parisien, propriétaire, avocat, militaire, intendant,
génial romancier... Le père de Balzac, ayant quitté son pays à l'âge de 14 ans, ancien avocat aux Conseils du Roi, lié avec des notabilités que la Révolution fit surgir tout à coup, écrit Champfleury, avait été envoyé, en 1792, dans le nord de la France pour organiser le service des vivres de l'armée. Il se tira de ses fonctions avec assez d'habileté pour être envoyé, en 1799, à Tours, en qualité de directeur de la régie, chargé en même temps de l'administration du grand hôpital de cette ville. Balzac le père était un réformateur de la classe de ceux qui, dans les époques suivantes, furent appelés économistes. Entre 1807 et 1809, le fonctionnaire publia deux brochures qui indiquent un administrateur préoccupé de philanthropie. L'une a pour titre : Mémoire sur le scandaleux désordre causé par les jeunes filles trompées et abandonnées dans un complet dénuement et sur les moyens d'utiliser une portion de la population perdue par l'État et très funeste à l'ordre social. L'autre est intitulée : Mémoire sur les moyens de prévenir les vols et les assassinats et de ramener les hommes qui les commettent aux travaux de la Société et sur les moyens de simplifier l'ordre judiciaire. Le père de Balzac fit encore imprimer, chez Marne, en 1809, un Mémoire sur deux grandes obligations à remplir par les Français, et, à en croire une note de M. de Monmerqué, l'idée première de l'érection de l'Arc de Triomphe de l'Étoile serait due à M. de Balzac père. Quand nous aurons mentionné une Histoire de la rage et moyens d'en préserver comme autrefois les hommes, et de les délivrer de plusieurs autres malheurs qui attaquent leur existence, édition faite par le Gouvernement, nous aurons à peu près catalogué la série de brochures de cet homme bizarre dont on retrouve tant de traits dans l'esprit de son illustre fils. Si Balzac est languedocien par son père, il demeure parisien par sa mère, Laure Sallambier, née à Paris d'un vieux parisien d'origine.
« La famille de Balzac n'est pas encore éteinte dans nos contrées. M. Jean Delmas, propriétaire à Carmaux (Tarn), possède un acte daté du 28 août 1840, prouvant qu'il existait à cette époque deux Balzac. Voici, en effet, les deux premières lignes de ce grimoire : Pour Jean-Pierre Balzac, propriétaire de la
riche et ruiné, est surtout un original. C'est sa propre fille qui dit de lui : « Il ne faisait et ne disait rien comme un autre; Hoffmann en eût fait un personnage de ses Créations fantastiques1 . » Il avait conçu un rêve — parmi tant d'autres, — celui de survivre à toute sa génération; il était convaincu qu'il serait le seul et unique bénéficiaire de la fameuse tontine Lafarge. Il affirmait qu'un homme pouvait, s'il le voulait, vivre cent ans. Il mourut à quatre-vingt trois ans, contrairement à son système et à ses principes*.
Rigaudié, contre maître Jean-François Balzac, notaire habitant de Montirat, etc.
« Balzac était donc le fils d'un modeste paysan qui n'avait aucune prétention aristocratique. Le véritable nom de la famille semble avoir été Baissa, nom très commun dans notre région ; mais je dois dire aussi qu'on trouve des Balsa, des Balsac et enfin un Balzac. Balzac, le notaire de Montirat, qui a dû mourir peu de temps après 1859, avait-il modifié l'orthographe de son nom après que son glorieux cousin fut arrivé à la celé brité? Je ne saurais le dire, mais ce que je puis affirmer, c'est qu'aucun membre de la famille, y compris l'ancien notaire, n'a jamais prétendu à la particule... »