Fille du général Allix
Mercredi [20 juin 1832.]
Je t'envoie mes corrections, pourvu qu'elles n'arrivent pas trop tard. J'ai vu hier dans le journal certaines arrestations qui m'ont beaucoup occupée1 . Mr de Ch8... ne sera pas fâché, je crois, de cette circonstance qui lui donne une importance politique à laquelle il court toujours sans pouvoir la saisir; quant à l'arrestation de Mr de F. J. 3, je suis forcée, par ma franchise envers toi, de te dire que je suis loin d'en être peinée. Car si le parti de ces gens-là était détruit, il faudrait bien que tu en prisses un autre. Cependant, une crainte mortelle vient quelquefois faire bondir mon cœur, je pense que, si certaine dame t'écrivait de la venir trouver, tu serais assez bon pour y aller4. Une autre dame ne t-a-t'elle pas fait revenir jadis de Tours à Versailles, pour la consoler de chagrins que son égoïsme lui faisait te grossir8; ici la circonstance est bien plus grave et malheureusement ta vanité est toujours éveillée, active, et a sur toi une prise d'autant plus réelle que tu en ignores la force. Cependant, mon bien aimé cher, ami, fils d'amour, si tu veux, écoute un peu la raison qui emprunte pour se faire entendre la plus amicale de toutes les voix qui jamais frapperont ton oreille, songe bien que certains person-
• 1. Voir Le Rénovateur du 23 juin 1852, pp. 32-58, au sujet de l'arrestation de MM. le duc de Fitz-James, de Chateaubriand et Hyde de Neuville.