‹ La jeunesse de BalzacChapitre 71 sur 155 · La marquise de Castries · texte numérisé non relu

La marquise de Castries

d'êtres inoffensifs. — Voilà mon tourment d'aujourd'hui, mais il est bien vif, outre la douleur de craindre ton danger; je frémis encore de te voir accolé avec un Gh[ateau]B[riand]. Je méprise souverainement cet homme et sa dernière lettre si spécieuse1 où sont exprimées des pensées si fausses, capables de le faire chasser du territoire ou incarcérer à tout jamais, si le gt2 était conséquent, a encore ajouté à la profondeur de mon mépris. Ami, pour que je vive j'ai peut-être plus besoin*encore du profond respect dont mon âme veut t'entourer que de ton amour. — Tu dois juger, par cette phrase, de quelle manière je t'aime, si tu pouvais l'ignorer encore. Tu m'as promis un journal, tiens ta parole, mon Didi, serre tes lignes et tes mots, écris-moi chaque jour quelque chose et envoie-moi le tout une fois ou deux par semaine. — Mille caresses et puis mille encore, mille pardons, mille becs d'amour et des vœux innombrables pour ton cher bonheur !

Puisse cette lettre te porter autant de bien que m'en a fait la tienne. Oh chéri, dans tous tes maux, repose-toi sur mon cœur !

Mercredi 27 [juin 1832.]

Mon bien aimé, lire et relire tes lettres, baiser les chères places où ta main a tracé les tendres expressions de ton cœur, voilà, ici comme partout, aujourd'hui comme toujours, la plus douce occu-

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