Le gouvernement
pation de ma vie; puis viennent les corrections pour mon plaisir; le reste du temps, celui que la politesse m'impose de donner aux bavardages du Gal, je me crois dans un triste exil, à mille lieues d'un monde où je serais dans ma sphère : avoue que je suis malheureuse en amis.
Mde de B et le Gal, quel couple! l'un et l'autre ne peuvent m'offrir qu'ennui et déplaisir. Mais pourquoi venir encore occuper d'eux ma pensée en décrivant ? parlons de toi, chéri, toi dont je rêve le bonheur, toi que j'aime assez pour oublier ma vie en pensant à la tienne, toi dont l'avenir est une de mes pensées si intense qu'elle enveloppe et fait disparoître toutes celles qui pourraient avoir le mien pour objet. Ainsi, quand je fais des châteaux en Espagne, je te marie avec une femme pleine de dévouement et de bonté, assez spirituelle pour te comprendre, pas assez pour viser au bel esprit, et je te fais riche, assez pour que tu aies de l'aisance, pas assez pourquetuaiesdesflatteurs, mais pardon, mon petit maître, si, en ce que tu vas lire, mes châteaux en Espagne diffèrent des tiens, je me garde bien de te faire arriver au pouvoir, bien certaine que là il n'y a pas de vrai bonheur pour l'homme, mais, pour te dédommager, je te donne les plus belles palmes littéraires, et une considération toujours croissante parmi tes concitoyens. Je t'entoure de gens capables de t'apprécier et d'embellir ta vie, et j'éloigne de toi tes faux amis ou tes amis faux. Parmi ceux-ci se trouve la D$se d'Abr1. Oh! mon