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LA GUERRE EX PALESTINE

ouvrit ses portes à Kléber sur la promesse que les maisons ne seraient pas pillées.

Le 19 mars, l'armée s'établissait devant Saint-Jeand'Acre, que défendait un homme énergique et cruel, Djezzar- Pacha.

« Les chrétiens, écrivait un officier français, se rendent en foule sous nos tentes, nous apportant ce que la Syrie peut fournir de bon en aliments. Chacun s'empresse à devancer les autres, à maudire Djezzar et à baiser les mains de Bonaparte. L'armée dévore les mets succulents de ce pays, se désaltère aux fontaines argentées et boit le doux nectar des coteaux riants du Jourdain. »

Après un mois de siège, la ville tenait encore; mais il était clair que Djezzar manquait de tout et serait obligé de se rendre bientôt.

Un événement se produisit alors qui remit tout en cause : l'escadre anglaise de Sydney-Smith, après avoir enlevé trois bâtiments chargés de munitions, ravitailla la ville.

Bonaparte trouva en outre devant lui un de ses anciens camarades de Brienne, Phélippeaux, qui, ayant dû fuir la France à la suite d'une conspiration, avait offert ses services à Djezzar.

Enfin, il apprit que l'armée turque, rassemblée à Damas sous les ordres du pacha Abdallah, s'avançait à son tour.

Presque chaque jour, Djezzar organisait des sorties et nous faisait éprouver parfois des pertes sérieuses. La nuit, les assiégés allumaient des feux au haut des tours, sur les remparts et à l'extrémité des minarets.

Nos boulets faisaient de grands ravages dans la ville, et le peuple dut camper sur les places publiques. Pour se venger, Djezzar fit trancher la tête à tous les

commerçants français qui se trouvaient à Saint-Jeand'Acre.

Ce jour-là, les grenadiers des 18^ et 32« se portèrent sous les remparts et se cachèrent derrière des aqueducs jusqu'au lendemain.

Au point du jour, nos canons ouvrent un feu d'enfer contre la grande tour, et les sapeurs du général Gaffarelli la minent sous une pluie de fer et de fou.

Soudain une détonation formidable ébranle le sol : la mine vient d'éclater, une brèche est ouverte dans l'épaisse muraille.

Le général Laugier s'élance, une échelle à la main, et crie :

« A moi , mes braves ! »

Laugier, héroïque, monte à l'assaut. La mort fait rage, les cadavres roulent sur la muraille; le général avance toujours.

Mais un ennemi réussit à le frapper; il tombe à son tour et rend le dernier soupir sur un monceau de cadavres.

Malgré les efforts héroïques de Kléber, l'assaut fut repoussé.

Une autre attaque fut tentée peu après, et les Français s'élancèrent à l'assaut après avoir épuisé leurs boulets; mais ils ne purent parvenir à enlever la ville:

Il fallait faire face à l'armée de Damas, car nous allions nous trouver pris entre deux feux.

Bonaparte n'hésita pas à aller au-devant de cette armée.

Murât battit son avant-garde à Jacoub et à Tibériade, pendant que Junot, avec trois cents fantassins et cent cavaliers, remportait un brillant succès à Nazareth contre plus de trois mille cavaliers.

Ce combat fut vraiment héroïque.

Lorsque arriva sur notre poignée d'hommes la

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