L'ŒUVRE DU CONSULAT
Bonaparte était arrivé au pouvoir, non pas, comme on l'a dit quelquefois, avec un plan <le réformes, mais, ce qui valait mieux, avec des idées sur toutes choses, des idées longtemps mûries.
Depuis le jour où le jeune officier d'artillerie avait pris contact avec la société dans le café de M"^ Bou, à Valence, il n'avait jamais cessé d'observer, d'écouter, d'interroger et de penser.
Nous l'avons vu, à Auxonne, à Valence, partout, se plaire au bavardage d'une fermière, s'intéresser aux doléances d'un boutiquier, d'un ouvrier, d'un passant, se passionner pour certaines questions agitées par les habitués du café Bou.
Il avait l'air de se distraire : en réalité, il travaillait.
Esprit curieux et observateur, possédant au plus haut degré le don d'assimilation, il saisissait facilement les choses et en apercevait aisément les défauts.
C'est ainsi, en observant et en interrogeant, qu'il s'était préparé à son rôle de chef d'Etat.
La Révolution lui avait laissé un héritage très lourd ; il se mit à l'œuvre immédiatement et fit des merveilles.
L'Amérique et la France ne vivaient pas en très bonne intelligence.
Bonaparte résolut d'empêcher une guerre menaçante qui eût été funeste pour les deux pays et les