LE CAFË DE M'" BOU
lui les grands hommes de l'antiquité, les connaissait bien et en parlait fort agréablement.
Aurel tenait, au rez-de-chaussée des maisons Faure et Pellerin, à l'angle de la place des Clercs et de la Grand'Rue, un cabinet de lecture que fréquentaient les officiers d'artillerie.
Le locataire de M'^® Bon y passait de longues heures, et il était rare qu'il n'entrât pas serrer la main de son ami Aurel en sortant de l'hôtel des Trois -Pigeons, situé rue de la Pérollerie et tenu par Geny, où prenaient pension les lieutenants d'artillerie.
Napoléon ne devait pas oublier le libraire Aurel. En 1808, àErfurt, il en parla devant le prince-primat à propos d'une contestation sur la date d'une bulle célèbre.
Le jeune officier, devenu libre, avait retrouvé son goût pour les longues promenades. Il explorait souvent la plaine de Guillerand, sur la rive droite du Rhône, soit seul, soit avec les frères des Mazis. En juin 1786, il se rendit, avec Aurel, à la chartreuse de Bouvantes en passant par Romans.
Il se promenait aussi assez souvent avec M. de Sucy, qui avait su gagner son amitié.
Plus tard, en 1797, M. de Sucy dira, dans une lettre à M. de Josselin, qui lui avait demandé son opinion sur Bonaparte : « Je ne lui connais pas de point d'arrêt autre que le trône ou l'échafaud. D'après cela, vous ne devez pas le considérer comme au bout de sa carrière. »