LES SALONS DE VALENCE
Les réunions du café deM"®Bou donnèrent à Bonaparte de la confiance en ses moyens et l'incitèrent à s'extérioriser davantage, à pénétrer un peu plus avant dans ce monde inconnu pour lui qu'était la société civile.
Dès son arrivée à Valence, il s'était présenté chez l'abbé de Saint-Ruf, et avait été reçu avec beaucoup de bienveillance, grâce à une recommandation de l'évêque d'Autun , M?'" de Marbeuf.
Il retourna chez le prélat et sut lui plaire par sa bonne mine et ses manières modestes.
Bien que souffrant, l'abbé de Saint-Ruf recevait beaucoup.
Le jeune officier fut de toutes les fêtes, de tous les dîners, et il put poursuivre les études qu'il avait ébauchées dans le cercle de M"® Bou. En même temps, il prenait goût au monde, et commençait à ne pas se sentir trop dépaysé dans un salon.
L'abbé de Saint-Ruf, dont il avait gagné la confiance, lui facilita l'entrée de plusieurs maisons bourgeoises et le conduisit lui-même chez M"^*^ Grégoire du Colombier, qui habitait une maison de campagne, Les Basseaux, dont la meilleure société de la ville connaissait le chemin.
Là encore, l'officier sut plaire, et M'"^ du Colombier, alors âgée de cinquante -quatre ans, en arriva bientôt à le traiter comme un fils.
Chez cette femme aimable et enjouée, au milieu de la jeunesse brillante qui fréquentait les salons des