‹ La jeunesse de Bougainville et la Guerre de sept ans [microforme]Chapitre 108 sur 113 · FRERE · texte numérisé non relu

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à la marquise, « est de me voir à portée de rendre à sa mémoire tous les tributs qui lui sont dus... Je vous demande pardon, Madame, de remettre sous ves yeux des images aussi tristes; mais, comme les éloges du public vous retracent sans cesse une douleur qu’il partage, j'ai cru que vous ne trouveriez pas mauvais que je vous exprimasse toute la mienne et les sentiments d’une éternelle reconnaissance. »

Pour le suivre, dans les années qui terminent la guerre?, nous empruntons encore quelques lignes à la note dont nous avons extrait le souvenir de sa mission de 4759.

« En 1761, il fut question d’un congrès à Augsbourg pour y négocier la paix. Je fus nommé pour y accompagner ie duc de Praslin, plénipotentiaire de France; et cetta destination m’empécha d'accompagner à Malte, menacé par les Turcs, Bourlamaque, La Rocheheaucourt, Désandrouins et queiques autres officiers de ceux qui avaient fait la guerre en Canada, que l'ambassadeur de la Religion demanda au nom du grand maitre,

« Le congrès d’Augsbourg n’eut pas lieu, et je fis cette année des démarches inutiles pour obtenir ma liberté de la cour d'Angleterre.

« Je fis composer par l’Académie des belles-lettres de Paris une épitaphe pour le Mis de Montcalm, et j’écrivis au ministre Pitt pour obtenir la permission de la faire graver sur la tombe de ce général, enterré aux Ursulines de Québec. Telle fut la réponse de ce ministre, qui lui fait autant d'honneur qu’au général et aux troupes françaises.

« L'année 1762 s’ouvrit par de grands événements et vit changer notre ministère, La Mise de Pompadour, ne se réservant que la disposition des grâces dont elle était la souveraine, avait abandonné le timon des affaires. Le Mat de Belle-Isle était mort à la peine. Pierre Berryer,

1. 30 déc. 1760. — Nous devons la communication de cette lettre et de quelques autres À l'obligeance actuelle de M. le Mi de Montcalm,

2. Les états de service de Bougainville portent qu'il aurait fait campagne en Allemagne jusqu’à la fin de la guerre de Sept ans. Mais, comme on va le voir, les clauses de la reddition du Canada et la capitulation des troupes françaises, sous les ordres de Lévis, s’opposaient à leur participation effective aux opérations dernières. Il est probable que le gouvernement francais, par une mesure de générosité toute naturelle, aura tenu compte de leur situation aux officiers neutralisés sur parole et les aura portés comme présents à l’armée d'Allemagne, où tous se seraient empressés de figurer s'ils eussent été libres.

3. La lettre que nous venons de citer, à la Mi* de S'-Véran, avait précisément pour objet d'obtenir les noms de baptême, titres, armes, date et lieu de naissance de Montcalm.

4. C'est donc par erreur que les éditeurs de la correspondance de Pitt attribuent à Jean-Pierre de Bougainville les lettres échangées avec ce ministre (Bougainville à Pitt, 25 mars 1761; Pitt à Bougainville, 10 avril; t. LE, p. 102-105). Voir, dans Bonnechose, la lettre que Bougainville avait adressée sur ce point à l'Académie des inscriptions.

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