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après avoir vendu une partie de ce qui nous restait de marine, sans doute pour en avoir plus tôt fait, avait été nommé garde des sceaux. Le duc de Choiseul réunit les ministères de la Guerre et de la Marine et fit donner au duc de Praslin, son cousin, celui des Affaires étrangères. Louis XV, touché des pertes réitérées que faisait son royaume, voulait absolument une paix que ses conquêtes dans la guerre précédente ne l’avaient pas empêché de désirer et d’accorder…
« Je passai le printemps et une partie de l'été de cette année à Versailles, très bien traité par le duc de Choiseul et sa famille, que déchiraient des tracasseries intérieures. J'obtins enfin d'Angleterre une demiliberté, c’est-à-dire la permission de servir en Europe seulement; et, dans le mois de juillet, je fus envoyé avec des instructions particulières aux maréchaux d’Estrées et de Soubise, »
Le 6 juillet, en effet, le ministre adressait en double ses instructions « par un courrier et par un officier inteiligent, » qui, à Francfort, devaient se séparer pour assurer par des chemins différents la remise des dépêches. « Vous aurez la bonté de me renvoyer M. de Bougainville avec un courrier, » disait le ministre, en post-scriptum. Le 41 juillet, Bougainville était à destination, non sans s'être blessé à la jambe?. « Je ne sais, » écrivait le lendemain de Landwerhagen
1. Déjà, grâce à l'intervention de Ligonier, Lévis avait pris place, au mois de décembre, dans le corps du prince de Condé (Dépôt de la guerre, vol. 3592, fol. 15). Et l'on sait qu'il eut une part superbe à la victoire de Johannisberg (ibid., vol. 3613, fol. 1). Au fond, le gouvernement anglais devait être enchanté de rendre aux officiers français la liberté de servir en Europe, car son unique souci était de trouver l'occasion d'infliger quelque gros revers à son allié le roi de Prusse. Au moment même où Bougainville obtenait l'autorisation de rentrer en campagne, tandis que l'ambassadeur d'Angleterre insistait près du nouveau tsar, Pierre HT, pour l'empêcher d'abandonner le parti de l'Autriche, Choiseul écrivait à Soubise l’étonnante dépêche que voici :
« Nous avons reçu une lettre d'Angleterre, où le ministère est aussi fâché que surpris de l'affaire du 24 |juin précédent, la défaite des Français à Wilhelmsthal]. C'est le roi de Prusse, qui ne veut pas la paix, qui a engagé le prince Ferdinand à cette démarche. Milord... n’a pas osé envoyer ordre au général de l'armée anglaise de suspendre les opérations, de peur que l+ roi de Prusse ne fût instruit; il me paraît furieux dans sa lettre contre S. M. prussienne, qui effectivement est son ennemi particulier, et il nous exhorte à nous opposer vigoureusement au prince Ferdinand pour que lui... ne soit pas écrasé par le parti prussien, qui est celui de Pitt... Si nous gagnons, nous sauvons le ministère anglais, dont nous avons lieu d’être contents, de la clabauderie prussienne » (11 juillet 1762. Dépôt de la guerre, vol. 3611, fol. 95). Telle était évidemment, au fond, la nature des dépêches que l'on confait à Bougainville pour l'utiliser dans son retour au service.
2. Le futur navigateur avait assidèment cultivé tous les exercices du corps. Dufort de Cheverny nous le montre, avant son départ pour le Canada, se livrant à l'escrime avec passion; et, quelques années plus tard, en 1766, il fera deux
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le Mat de Soubise, « s'il sera en état de repartir. » Quinze jours après, la communication était interrompue. L'armée anglo-allemande, sous les ordres de. Luckner, s’emparait de Fulda et pillait la place, à la grande colère des officiers anglais qui distribuaient aux Allemands « de prodigieux coups de bâtons » pour leur faire làcher prise et respecter les montres des prisonniers!. Slainville, à l'état-major de qui Bougainville était entré, se porta sur Hirschfeld avec cinq régiments de dragons, la légion royale et les grenadiers de France, pour faire face à Luckner et rétablir ses communications avec le prince de Condé. Bougainville attendit quelques jours dans l'espoir d'assister à un engagement.
« M. le Cte de Stainville me mande, Monsieur, » écrit Soubise à Choiseul, le 6 août, « que M. ue Bougainville va prendre le parti de retourner en France. Il a fait dans ce pays-ci un plus long séjour qu’il ne l'avait imaginé. Il aurait désiré comme nous d’être témoin d'un grand événement. Les ennemis n’ont point voulu s’y commettre. Peutêtre changeront-ils de conduite après la décision des grandes nouvelles que nous attendons... Comme j'ignore si M. Bougainville partira sur-lechamp, je compte dépêcher un courrier, ce soir ou dans la matinée demain, pour répondre aux lettres du 29 qui nous sont arrivées avanthier dans la journée?, »
Finalement, trois jours plus tard, Bougainville repartait déçu”, chargé par mission consolatrice « de rendre compte à la Cour de la situation. » Ce fut toute sa carrière à l’armée d'Allemagne #.
fois à franc étrier le trajet de Paris à Madrid, pour régler avec le gouvernement espagnol l'affaire des îles Malouines.