‹ La jeunesse de Bougainville et la Guerre de sept ans [microforme]Chapitre 12 sur 113 · Cf, Taine, l'Ancien régime, p · texte numérisé non relu

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Cependant, en nous servant de ses papiers pour essayer de le peindre, nous avons conscience de remplir une de ses dernières intentions. Il avait souvent parlé, vers la fin de sa vie, de remettre à son ami Delambre tous ses manuscrits pour en tirer une étude biographique !., Nous ne savons pour quel motif ce projet n'eut pas de suite. Son fils ainé, qui avait suivi la même carrière et qui mourut contre-amiral en 4846, avait eu l’idée d'entreprendre le travail. A sa mort, les papiers passèrent au troisième fils, qui les confia quelque temps à son cousin Alfred de Vigny?, Mais l’auteur de Cing-Mars n'était point d'humeur à subir la discipline sévère de l’histoire. Après lui, M. Margry eut l'autorisation de les parcourir et s’en servit pour quelques-unes de ses publications?, Il était réservé à l'abbé Casgrain d'en donner à sa manière une connaissance plus complète et d’en tirer le parti que nous allons montrer.

Dans les pages qui suivent, pour ne pas abuser de l'attention du lecteur, nous éviterons de reproduire les passages déjà publiés par l'abbé Casgrain, à moins que celte reproduction ne soit nécessaire pour le réfuter, le compléter ou le combattre. Mais nous choisirons parmi les passages inédits ceux que l'historien canadien voudrait laisser dans l'ombre et dont il est facile de montrer l'exactitude en les rapprochant des témoignages parus ailleurs. Ses accusations sont la cause première de ce débat; il importe d'établir la valeur documentaire de notre dossier. Nous ne savons si les circonstances nous permettront d’en publier un jour davantage. Mais la meilleure garan-

1, Delambre, Notice sur Bougainville, lue à l’Académie des sciences le 4 janvier 1813, Le malheur est que Delambre, par discrétion, n'osa pas se présenter chez lui, quand il le sut en danger de mort, et perdit l'occasion de recueillir des souvenirs précieux, que ne connurent même pas les trois fils survivants de Bougainville, séparés tout jeunes de leur famille par le service militaire du Premier Empire.

2. Nous ne croyons cependant pas, à ce propos, malgré les relations de famille, la parenté aMichée de part et d'autre, et aussi malgré l'opinion de M. Ratisbonne (Journal d'un poèle. Paris, Lévy, 1867, p. 3), que la mère de Vigny fût vraiment « cousine du grand Bougainville. » Charlotte de Bougainville, sœur de Louis-Antoine, avait seulement épousé, en 1748, Louis-Honorat de Baraudin, quatrième gouverneur de Loches du même nom, dont la famille, venue du Piémont, vivait en Touraine depuis environ deux siècles (Bibl. nat., mss., Pièces orig., dossier 4025, t 186). Et c'est à Loches que mourut, chez elle, son frère aîné, Jean-Pierre, l'académicien, en 1763. — Alfred de Vigny, né à Loches, en 1797, d'Amélie de Baraudin, n'était que l’arrière-petit-neveu par alliance de Charlotte de Bougainville (L. Archambault, Note sur la naissance d'Alfred de Vigny à Loches, Bulletin de la Société archéologique de Touraine, 1877, p. 298 et suiv., Jules Devaux, la Famille d'Alfred de Vigny, Annales de la Société historique et archéologique du Gdlinais, 1891, p. 218 et suiv.).

3. Relations et mémoires inédits. Paris, Challamel, 1867, p. 36-84.

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