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tie de leur véracité serait, royons-nous, la vue du journal même, écrit au jour le jour, avec ses ratures fréquentes pour rectifier un chiffre ou un détail de la plus minime importance, On sent que l’au« leur y apporte un serupule scientifique. Ge n’est point notre faute ni la sienne si, comme il le rappelle au lendemain de Carillon en citant Bayle, « les hommes sont tels qu'en écrivant l’histoire on ait l'air de faire une satire, »
La défaite du baron de Dieskau sur les bords du lac Saint-Sacrement! avait produit en France presque autant d'émotion qu’en Angleterre, deux mois auparavant, la défaite et la mort de Braddock sur les rives de la Monongahéla.
Apercevant aussitôt le danger, Louis XV résolut « d'envoyer du renfort à ses colonies de l'Amérique septentrionale » et « destina pour y passer, » avec un assez fort contingent, le M" de Montcalm, assisté de deux officiers de choix, le Gh°" de Lévis, brigadier, et le colonel de Bourlamaque. « Le roi ayant accordé à M. de Montcalm deux aides de camp, ce général me fit l'honneur de me désigner pour être le premier. M. de la Rochebeaucourt fut le second, avec une commission de capitaine de cavalerie réformé. Nous eûmes l’un et l'autre nos appointements de réforme et 2,700 livres comme aides de camp. Tous ces arrangements furent terminés dans le commencement de mars, et, le 45 de ce mois, nous partimes de Versailles, M. de Montcalm et moi. » Un troisième aide de camp, nommé Marcel, fut choisi directement par Montcalm et reçut une commission de lieutenant d'infanterie. Ainsi se composait l'état-major dont Bougainville allait partager les travaux et les fatigues pendant quatre années d'aventures,
Au moment où s'ouvrait, en 4756, la nouvelle campagne du Canada, le jeune officier comptait déja à son actif des succès de différent
1. Les Extraits d'archives publiés par l'abbé Casgrain, et dont le premier volume couvre l’année 1755, ne contiennent que des allusions à cette affaire. Nous ignorons pourquoi l'éditeur en a supprimé, — momentanément du moins, — les pièces les plus importantes. D'ailleurs, le plan de ce volume nous échappe complètement. — Nous trouvons dans les papiers de Bougainville une relation anonyme de l'événement, Elle n’ajoute aucun détail essentiel aux faits connus; mais elle indique avec plus de précision la marche de Dieskau, s'accorde parfaitement avec le récit de Montreuil, publié dans la collection Faucher de Saint-Maurice (t. IV, p. 144), et rectifie quelques erreurs de Dussieux et de Parkman. à
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genre qui dénotaient une rare diversité d'esprit. Louis-Antoine de Bougainville était un véritable Parisien, né le 42 novembre 4729 à la porte presque de l'Hôtel de ville, dans une maison de la rue Barredu-Bec (paroisse Saint-Merry), « où abondaient avocats, procureurs, huissiers et autres gens de robe longue et noire!. » Pierre-Yves de Bougainville, son père, notaire au Châtelet, successeur de M° Bridou, se flattait de remonter à une vieille famille de Picardie ; et la prétention, si elle n’est pas clairement justifiée, n’a rien d’invraisemblable, — car les sires de Bougainville ?, après avoir joué leur rôle au Moyen Age, étaient tombés dans une gêne et une obscurité complètes, « mangeant leur blé en herbe, » comme disait l’un d'eux, « ung bien fin homme, » qui, pour avoir quelques grains de subsistance, s'était mis aux gages du cardinal Wolsey#. Et, durant le xvr° siècle, on retrouve le nom de Bougainville, avec des fortunes changeantes, porté tantôt par un procureur au bailliage de Meulan #, tantôt par le beau-frère d'un ambassadeur de Henri IV5. Quoi qu'il en soit, les premiers aïeux authentiques de Louis-Antoine élaient d’honnêtes commerçants