‹ La jeunesse de Bougainville et la Guerre de sept ans [microforme]Chapitre 23 sur 113 · mai · texte numérisé non relu

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4. La lettre de Bourlamaque à Vaudreuil, 10 août 1759, sur la reddition de Carillon, est un petit chef-d'œuvre de persiflage.

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préparer le siège de Chouaguen, sur la rive sud du lac Ontario. Mais les officiers français, qui, à l'inverse des commandants anglais, péchaient plutôt par circonspection que par témérilé, n’osaient croire que l'ennemi eût laissé les trois forts, dont le système figurait l’ensemble défensif d'Oswego, dans un état d'abandon qui permit de s’en emparer facilement.

« Il n’y a guère que 6 ou 700 hommes de garnison, » — calcule Bougainville, à propos du vieux Ghouaguen, — « mal nourris, de mauvaise volonté, découragés, prêts à déserter à la première occasion, Il y a, depuis deux mois, deux ingénieurs qui w’ont fait à la place aucun nouvel ouvrage. Voilà ce que l’on dit sur l'état @e ce fort, L'importance dont sa conservation es* aux Anglais me fait douter qu’il ne soit plus en état de défense !. »

C'était aussi le sentiment de Lévis, qui, même après la réussite de l'aventure, écrivait que Chouaguen était Lormbé « par l'opération du Saint-Esprit?, » Les historiens semblent en peine de concilier les dires contradictoires du gouverneur et du général : le premier soutenant que, sans lui, Montcalm n’eût point entrepris l'expédition; et celui-ci protestant à son tour qu’il avait eu fort à faire pour entretenir le moral de Vaudreuil#. La vérité ne semble pas difficile à découvrir. Vaudr” il avait projeté l'expédition, et Montcalm l'avait crue d'abord impossible, Mais, une fois la décision prise, les généraux français s'étaient mis à l’œuvre avec une netteté de vues qui tranchait singulièrement sur les tergiversations ordinaires du gouverneur; et, de fait, les préparatifs sérieux n'étaient guère avancés 1. « Quoiqu'il y ait déjà plus d’un an que l'on se prépare, » écrivait à Bourlamaque l'abbé Piquet, l’énergique missionnaire de la Présentation, « je pense, Monsieur, que vous n’en êles pas mieux pourvu, je dis même des choses essentielles, et jusqu’à la dernière heure on demeure dans le doute. » Bourlamaque commandait à Frontenac,

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