‹ La jeunesse de Bougainville et la Guerre de sept ans [microforme]Chapitre 29 sur 113 · Cf. Désandrouins, p · texte numérisé non relu

Cf. Désandrouins, p

2. Les Canadiens employaient eux-mêmes cette brillante comparaison : « Et

- Chouaguen, tombé ou plutôt rendu aux cris de nos Canadiens et sauvages, me

rappelle Jéricho tombé aux cris des Israélites, » (Leitre d’un sieur Cognard sur les affaires du Canada, Coll. de mss. de Saint-Maurice, IV, p. 40.)

3. Villiers, comme on le sait, avait intercepté quelques semaines auparavant (3 juillet) l'avant-garde d’un convoi de Bradstreet, et celui-ci, surpris par la pluie, avait renoncé à poursuivre les Canadiens. « Ainsi, » dit l'abbé Casgrain, « une journée de pluie au mois de juillet, voilà ce qui arrêtait 2,000 hommes bien armés devant 6 ou 700 Français et sauvages... Villiers et son détachement, qui n'avaient point peur de la pluie, reprirent la route de la baie de Niaouré, etc. » (I, 97). L'abbé oublie, pour l'occasion, que la grande préoccupation d'alors était de garder sa poudre sèche. À tel exemple que, six mois plus tard, le fameux coureur anglais Rogers, dans des circonstances infiniment critiques, ne pouvant guère échapper aux Français, qui lui barraient la route devant et derrière, prenait le temps de s'arrêter et d'allumer des feux pour faire sécher les munitions (Parkman, I, 442-443). Et lorsque, enfin, la rencontre forcée eut lieu, « après une décharge qui n'eut pas tout l'effet qu’on devait en attendre, la pluie qu’il a fait toute cette journée ayant mouillé les armes, » nos troupes durent fondre sur les ennemis à la baïonnette (Bougainville, Journal, 1° février 1757; Malartic, 31 janvier; Casgrain, I, 191). On conçoit que Villiers, pouvant et voulant éviter une rencontre, poursuivit sa route au plus vite.

4, Journal, 5 septembre 1756.

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fort !. » Dès les premiers jours, l’attention du jeune officier fut attirée par les sauvages qui abondaïent au camp et dont il avait toute facilité d'étudier l'humeur et le caractère. Du reste, au moment de son arrivée, on préparait une reconnaissance du fort Georges, et il fut décidé que Bougainville en ferait partie. Mais alors il put voir tout l'embarras que causaient ces alliés incommodes. « Nous avons maintenant 600 sauvages. On tient conseil pour les envoyer en détachement; mais c’est une opération longue que de les déterminer. Il en coûte force eau-de-vie, équipements, vivres, etc. Ce détail ne finit pas et est très fastidieux ?. » Le lendemain, on tombe enfin d'accord de partir le soir. Mais quelques Iroquois, depuis deux jours en découverte, reviennent avec sept chevreuils, invitent « leurs frères à faire festin, et voilà le parti relâché, À demain le départ. » Le 15, nouveau contre-ordre. « Les sauvages qui devaient partir ce soir ne partent plus; la destination même du détachement est changée. » Au lieu de se diviser en deux bandes pour suivre des directions voisines, «ils veulent aller tous ensemble et par le lac Saint-Sacrement... On dit que le départ est fixé à cette nuit. Mais c'est un on dit, et le caprice des sauvages est bien, de tous les caprices possibles, le plus capricieux. » Finalement, le 46, on s’embarque à la nuil tombante,

Nous ne raconterons pas cette petite expédihon dans ses détails; et, pour le rôle qu’y prit Bougainville, on n’en saurait parler plus au long que dans une biographie complète. Le 48, accompagné du commandant d'artillerie Le Mercier et de l'ingénieur Desandrouins, il put

1. 11 septembre. — L'abbé Casgrain, qui cite les observations de Bougainville (p. 139) et celles de Désandrouins (p. 83), a essayé de les réfuter d'un trait : « Les ingénieurs français, accoutumés aux chefs-d'œuvre des fortifications européennes, levaient les épaules de pitié à la vue des travaux de défense faits sur nos frontières. Ils ne se rendaient pas compte des immenses difficultés qu'il y avait à transporter des matériaux et à travailler à ces énormes distances dans la forêt. » Ce que nos officiers critiquent, c’est la position des forts, qui est tout indépendante de la question des matériaux. Quand Bougainville, cependant, ajoute, le 29 octobre suivant, que Saint-Jean « serait très susceptible d'être brûlé par un parti d'hiver. Il est de pieux fort secs, et il y a autour un parc de canots d’écorce, » on peut croire qu'il a raison, puisque, dès le mois de mars, Désandrouins est envoyé remettre ce fort en état, sans changer d'ailleurs la nature des matériaux (Journal, 18 et 26 mars). Saint-Frédéric était en pierre, Carillon aurait pu être en pierre, et Montcalm fit revêtir de pierre Niagara. — Voici pour les communications : « Le chemin de Saint-Jean à la prairie, qui est de six lieues, est détestable..… M. de V. avait envoyé, pour diriger les travaux du chemin, un sculpteur de Montréal. Je doute que Phidias eût bien fait un chemin, Mais, comme le sculpteur est retourné à son premier mélier, ces travaux ont cessé » (30 oct.).

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