septembre
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étudier sommairement le fond du lac et la position du fort Georges *. Quant aux sauvages, ils étaient en mésintelligence, et la discorde se glissait « dans le camp d'Agramant. » Les Iroquois furent obligés de se démettre du commandement, On rentra le 49 à Carillon, après avoir commis sur les prisonniers faits au cours de la marche des cruautés horribles qui répandaient du noir dans l'âme. 11 n’en résulta pas grand effet, sinon d'inspirer aux Anglais, démoralisés par la prise de Chouaguen, une sage méfiance et le désir de se renfermer obstinément dans leurs lignes ?.
« M. de V. propose de faire un détachement de 2,000 hommes pour engager l'ennemi à un combat à la Canadienne. Je ne sais pas quel hamecon peut faire sortir de leur fort des gens déterminés à s’y tenir renfermés, pour les attirer dans le bois à un combat canadien. Notre général me paraît prendre un parti bien plus sage : celui de ne point s'exposer ou à un échec considérable ou à l'inconvénient d’une entreprise qui, faite avec éclat et n’aboutissant à rien, vaudrait une défaite aux yeux des sauvages, amis et ennemis ; de ne point interrompre par là, pendant un mois, le fort de Carillon; de le hâter, au contraire, de facon que ses travaux ne soient plus la principale occupation d’une armée, la campagne prochaine, et en même temps d'augmenter le va-et-vient pour les convois, en sorte que ce poste soit assez garni de munitions de guerre et de bouche pour que l’objet des vivres ne fasse pas manquer une offensive que les circonstances rendraient praticable
1. «A dix heures, j'ai été avec MM. Mercier et Désandrouins et une escorte sur le sommet d'une montagne voisine de notre camp, d'où nous avons vu tout le fond du lac Saint-Sacrement et la position du fort Georges. D'après cette découverte, nous pouvons croire qu'il est presque impossible aux ennemis de nous empêcher de traverser le lac, quand même ils établiraient des postes dans les îles qui y sont semées; mais nous avons vi le fort et le camp retranché dans un trop grand éloignement pour pouvoir donner à cet égard aucune notion certaine » (Journal). — On voit que Delambre a confondu cette reconnaissance ou « découverte » avec l'expédition de Rigaud, six mois plus tard, où furent brûlés les magasins et la marine des Anglais autour du fort, sans que Bougainville en fit partie. D'autre part, l'abbé Casgrain, suivant son habitude de lire à peine ses documents, brouille les deux journées du 18 et du 19 septembre, au hasard de son inspiration. On en peut juger en comparant avec son récit l'horaire vrai de l'expédition. Le 18, « arrêtés vers les deux heures du malin, à quatre lieues environ du fort Georges. Conseil tenu à l'aube du jour. » A dix heures, reconnaissance du fort, comme il est dit plus haut. « Les Iroquois paraissent vouloir passer encore ici la nuit et conséquemment la journée de demain. Mécontentement et murmure. » Annonce d’une piste sur la côte nord. Envoi de deux canots à l'entrée de la nuit. 1ls reviennent à onze heures. Embarquement général et traversée du lac. — Le 19, une heure avant le jour, poursuite de la piste imaginaire à travers bois, etc. — A midi, Bougainville, Désandrouins et Le Mercier se rembarquent pour Carillon, où ils arrivent à sept heures du soir.