En anglais spruce, sapinette du Canada
e abonde, la parenté ! ; et ici comment haute direcneur.
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fait bouillir la branche quand elle est en sève, La cantine de M. de Lotbinière est seule fournie de vin. L'hôpital même en nanque!.…
Le 14, — « Les soldats ont trop d'argent. Un soldat ü: Languedoc a hier perdu au jeu cent louis. Ce pays-ci est dangereux pour la discipline. Dieu veuille encore qu’elle seule en souffre 2.
Le 15. — « Nombre des travailleurs augmenté. Si le taicnt de 1es employer augmentait en proportion avec le nombre des ouvriers, le fort serait bientôt en état. Le dessein de notre général est de ne séparer l'armée que lorsque le fort sera totalement hors d'insulte ; que, pour cet effet, on aura palissadé la partie du rempart, qui n’a pas encore l’élévation qu’il doit avoir; et qu'il y ait construit dans le fort un corps de casernes suffisant pour en loger la garnison. Les troupes se portent avec ardeur à tous ces travaux. Il y a à la chute un moulin à scie qui, sous la direction de M. de L,., n’a jamais pu être mis en état de faire des planches. On avait même décidé de l’abandonner. M. de la P.3 s’est chargé du moulin et l’a mis en état Ge faire 150 planches par vingtquatre heures. Il avait coûté au Roit écus pour ne pas aller : 500 fr., et un de nos officiers ont fait ce que cette grosse somme et le Vauban du Canada n'avaient pu faire. Malheureusement, il est de l'intérêt de ce Vauban que les ouvrages traînent en longueur. Il faut bien que la cantine ait du débit. Le vin y est à six livres le pot. Je marque ces variations de prix. C’est le thermomèrre des concussions de ce pays.
Le 16, — « Nous sommes maintenant sans chandelle, Depuis quinze jours les officiers se couchent à tâtons. C’est un inconvénient; mais un plus grand c’est que la boulangerie et l'hôpital vont en manquer. Pour y suppléer, on fait fondre du lard dans des lampes de fer blanc, et l’on s’en sert au lieu d'huile. J'admire avec quelle constance et quelle industrie on prend ici tous les moyens de prodiguer l’argent du Roi. La chandelle, qui vient de France avec beaucoup de difficultés, est ici prodigieusement chère; l'huile, qui se fait de poisson dans le pays et dont, à cause de la guerre, il y a fort peu de débit, est presque pour rien. Aussi, dans tous les postes, brûle-t-on de la chandelle et n’y envoie-t-on point d'huile,
1. Sur les friponneries qui se commettaient dans ces convois, cf. Lévis à Vaudreuil, ? août 1756.
2. Cf. Montcalm au ministre, 12 juin 1756. — Le même système d'abus avait amené les mêmes inconvénients dans l'armée anglaise, « Les soldats travaillent pour le service de Sa Majesté à un prix exorbitant.. Outre leur ration et leur solde, ils avaient encore un shilling par jour pour travailler aux fortifications de Louisbourg, et l'on a continué depuis lors. Trop d'argent et trop de rhum font tort nécessairement à la discipline d’une armée, Nous en avons à chaque instant la preuve évidente » (Wolfe à Lord George Sachville, 24 mai 1758).
3. Ce doit être M. de la Pause, que Montcalm appelle « un homme divin » et dont Lévis ne faisait pas moins d'éloge (Gaffarel, ubi supra, p. 337).
4. En blanc dans le manuscrit, Ces blancs à propos de chiffres sont fréquents et montrent le soin de l'auteur à ne vouloir donner que des renseignements précis. :
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quoique notre général en ait demandé souvent, Encore une colonie comme celle-ci et le Roi de la nue ruinerait celui de la terre...
Le 19, — « L'agio so fait ici comme dans la rue Quincampoix. Les billets de M, de L, sont en discrédit, Un homme qui a de l'argent ou de l'or agiote pour des billets de la colonie à 12 +, de profit. Ensuite, il change ces derniers contre des Lob***, quelquefois au quart, au tiers, même à la moitié de la valeur de profit, Il envoie à Montréal ces L***, pour lesquels le trésorier donne des billets de la colonie, sans autre retenue que les quatre deniers pour livre, Ges billets de la colonie reviennent au camp, et l’agio recommence, C'est une navette qui donne de gros profits, M, de L*** n'est pas difficile pour reprendre ses billets, I a même, dit-on, dos agents de change chargés de les retirer, »
Voilà ce qui se passait, au vu et su du gouverneur, comme la plus régulière des opérations. Mais, à tout propos, on retrouve les mêmes concussions en marge des règlements, Les approvisionnements, avonsnous dit, se faisaient par convois, sous la direction de M, de Bleury. Voici un aperçu des bénéfices que procurait cette administration :
Le 25, — « Enfin, aujourd’hui, ce Bleury tant désiré est arrivé, Son convoi est de 54 bateaux. Il apporte 24 barriques de vin, C'est un bon métier que celui que fait cet amiral du lac Champlain. Il a 18 deniers par livre qu’il apporte pour le Roi, et chaque bateau est chargé de six milliers. Ajoutez ce qu'il apporte pour son compte, en vin, eau-de-vie et volaille, qui se vendent un prix excessif. »
Un dernier trait édifiera le lecteur sur ces dilapidations accessoires, autour desquelles l'abbé Casgrain fail volontiers le silence, ou dont il ne parle qu'en termes très généraux, parce qu'elles ne rentrent point dans le dossier de « Bigot et son groupe. »
« M. le marquis de Montcalm a donné ordre au détachement qui faisait ici des fourrages pour les chevaux de M. de Lotbinière de retourner à Carillon. Ces fourrages sont une besogne des plus inutiles, vu qu'il eût fallu renvoyer à Montréal ces chevaux de M. de L***, qui ne feront rien de tout l'hiver et qui ne lui sont pas moins payés six livres par jour chacun. Il s’agit maintenant de faire couper le bois pour la provision des deux forts. À Saint-Frédéric, pour 100 hommes de garnison et l’attirail nécessaire à une garnison, on compte 1,500 cordes de bois de consommation. Il y a des forts où le Roi donne six livres par corde de bois au commandant, qui se charge de le faire couper et voiturer. C’est ainsi qu'il en coûte tant au Roi pour chauffer ses troupes au milieu deg bois, »
1. Saint-Frédérie, le 26 octobn ique une phrase de Lévis, dans sa lettre du 30 à Vaudreuil ne partirait ni soldats ni miliciens qu'ils n'eussen! es en corde au fort; je compte que cet objet nous f sq teront aucun tort aux travaux
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On comprend maintenant l'indignation de l'état-major français devant ce gaspillage et comment Montcalm écrivait que les officiers de la colonie, occupés du gain, « volaient comme des mandarins. » Ce n'était pas toujours un vol à proprement parler, puisque le cas prévu était admis par le règlement. Mais c'était une cause de démoralisation profonde pour les officiers canadiens et leurs hommes, qui de là glissaient dans le vol pur et simple ; et, dans tous les cas, c'était un effroyable grief contre l'administration. Les Canadiens ne se lassent pas de rappeler avec indignation les prodigalités de M"° de Pompadour pendant son règne illégitime, Nous n'avons aucune envie de défendre M"° de Pompadour comme institution d'État. Mais, en définitive, elle n'a pas coûté deux millions par an à la France, tandis que nous verrons les pilleries des Canadiens lui coûter bien davantlage*.
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le Bleur Nous avons dû laisser de côté, pour nous horner à ce triste sujet, alion d: F les observations et réflexions que Bougainville multiplie sur les sau-
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vages. Ïl est toutefois une remarque générale que nous ne pouvons supprimer ici.
« Je ne crois pas, » écrivait-il le 20 octobre, « que ce soit une bonne
politique, dans le cas d'une défensive telle que celle sur laquelle nous sommes aujourd'hui, d'envoyer à la fois à l’armée aussi grande quantité
ere de sauvages que celle que M. de V. nous avait envoyée à la fin du mois dernier. Ils s’ameutent, délibèrent entre eux et délibèrent lentement,
:ess0ires, veulent aller faire coup tous ensemble et du même côté, parce qu’ils ou dont aiment les gros bataillons. Entre la résolution prise et l'exécution, il se
rentrent passe un temps considérable. Tantôt une nation arrête la marche, tan-
ui faisait ourner à qu'il eût ront rien jour chasion des
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tôt une autre, Il faut que tous aient le temps de s’enivrer, et cependant la consommation qu'ils font est énorme. Ils partent enfin, et, dès qu’ils ont frappé, n’eussent-ils fait qu'une chevelure ou un prisonnier, ils reviennent et repartent pour leur village. Alors, pendant un intervalle considérable, l’armée reste sans sauvages, Chaque particulier s’en trouve bien; mais les opérations de la guerre en souffrent, car, enlin, ils sont un mal nécessaire ?, Il vaudrait mieux n'avoir à la fois qu’un nombre
#6 3 QU l'attirail 1. «Il y à un moyen, » dit Désandrouins, « de faire des économies sans Eonsom= mettre aucun impôt dans le pays...; on n'apporte pas le moindre soin à préve- + bois au nir les abus... » (p. 130). Nous ne connaissons qu'en partie le journal de Désannsi qu'il drouins; mais l'abbé Gabriel, qui l’a eu dans les mains et qui du reste nous Dis!, » donne plus d'un passage édifiant, en conclut que, « depuis l'intendant jusqu'aux
plus petits employés civils, tous, à peu d’exceptions près, étaient des voleurs » (p. 124). Pour les agents militaires, nous venons de voir qu'ils valaient autant; et Désandrouins confirme amplement la déposition de Bougainville, Quant au
S ni milie compte peuple, nous en reparlerons plus loin. travaux 2. Le 1? octobre, des sauvages anglais vinrent, en effet, lever la chevelure
d'un soldat de Béarn et d'un domestique jusque .sur le chemin qui reliait les
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réglé de ces maringouins, qui fussent ensuite relevés per d’autres, de manière qu'il y en eût toujours. En général, il me semble qu’on ne tire pas des sauvages tout le parti qu'on en pourrait tirer. Avec moins de complaisance servile pour tous leurs caprices, moins de respect pour les sottises qu'ils font, plus d’indifférence extérieure pour les services qu'on attend d'eux, on les accoutumerait aux égards vis-à-vis des Francais, à l'obéissance, je dirai même à une espèce de subordination. Enfin, s'ils croyaient qu'on püt se passer d'eux, ils chercheraient à se faire valoir par des services réels. Des compagnies de volontaires qui, à force de courir les bois, auraient appris à les connaître et à se passer de guides, seraient un merveilleux aiguillon pour piquer d'honneur ces barbares. Car l’amour-propre est de tous les mondes! et l’orgueil est la seule richesse de tout sauvage. »
Ce passage, il nous semble, donne la clé du sentiment des officiers français à l'égard des cruautés commises par les Peaux-Rouges. L'abbé Casgrain reproche à Montcalm et à Bougainville de critiquer la patience de Vaudreuil pour les méfaits des Indiens et d’en avoir cependant toléré de pareils sous leur direction ?, [1 n’appartenait pas aux chefs de l’armée française, nouvellement débarqués au Canada, de changer tout d’un coup la conduite adoptée vis-à-vis des sauvages. Mais, lorsque l’inhumanité se faisait jour sur une grande échelle, comme après la prise de Chouaguen et du fort Georges, ils ne pouvaient s'empêcher de blâmer énergiquement un système qui leur liait les mains pour la défense des victimes. Au demeurant, l'attitude des sauvages après la bataille de Garillon et, comme on le verra plus loin, leur désespoir de n’y avoir point assisté justifient, ce semble, les conjectures de Bougainville sur la plus sage façon d'exploiter leur amour-propre ?.
La fin du mois d'octobre amena la dislocation des troupes et leur retour sur les bords du S'-Laurent pour leurs quartiers d'hiver. Montcalm se mit en route, le 26, avec Bougainville, sur les bateaux de M. de Bleury, — Lévis restant à Carillon jusqu'au mois de novembre pour activer les derniers départs. Dans la circonstance, l’incurie du gouverneur général vint donner lieu à de nouvelles réflexions moroses. En arrivant au fort Saint-Jean, Montcalm avait trouvé ure lettre de
deux camps de MM. de Saint-Martin et de Contrecœur. On ne put leur couper la retraite : « Nous n'avions point alors de sauvages dans ces deux camps, et c'est poursuivre des cerfs sans chiens ni chevaux. »
1. L'auteur avait d'abord écrit « du Nouveau-Monde comme du nôtre. »
3. Voir aussi la conduite d'Ambherst à l'égard des sauvages anglais lors de la prise du fort Lévis, en 1760 (Gerald Hart, p, 145-6).
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Vaudreuil changeant l’ordre des quartiers que lui-même avait destinés pour les troupes.
« Il prétend qu’en suivant ses premiers arrangements les troupes n'auraient pu subsister dans les quartiers où il les envoyait. Si cela est, cette incertitude montre un grand défaut dans le gouvernement intérieur, Si le g. g. [gouverneur général] connaissait sa colonie, la force de chaque paroisse, le rèle des habitations, ce que chaque côte recueille de denrées, ze année portant l’autre, il serait en état de prendre de borné heure un parti stable sur les quartiers des troupes; et les commandements pour les miliciens s'en feraient aussi avec plus d'ordre et de justice. Mais il faut venir en Canada pour y voir exactement des choses de l’autre monde. Quand je réfléchis sur la façon dont est gouverné ce pays, pour lequel le Roi fait des dépenses énormes, je me rappelle celle dont Jupiter gouverne le monde, décrite dans le banquet de Lucien. »
Montcalm aurait voulu que les bataillons qui avaient été le plus mal l'hiver précédent et ceux qui, dans cette campagne, avaient le plus souffert eussent les meilleurs quartiers d’hivernage.
« Un esprit de justice avait dicté cet ordre. On le change, et il y a dans ce changement une intention marquée de contrecarrer le général français et de mécontenter les troupes. Il faudrait être aveugle pour ne pas s’en apercevoir, et que l’on nous traite ici comme les Lacédémoniens traitaient les Ilotes 1, »
La guerre s’accentuait décidément entre les grands chefs, que leurs officiers, de part et d’autre, ne pouvaient manquer de soutenir par esprit de corps. ’
Il ne restait plus qu’à profiter des derniers navires regagnant la France pour envoyer à la Cour les nouvelles de la campagne finie et les demandes pour les expéditions prochaines. Le 7 novembre, Bougainville s'embarqua, par une gaie matinée d’hiver?, sur une goélette
1. 28 octobre. — Cf. Montcalm à Lévis, 29 octobre 1756. On voit que le Journal de Bougainville, loin d'être un tissu de calomnits hzineuses, est au contraire l'explication nécessaire des documents publiés ailleurs.
2. C'est ici que l'abbé Casgrain donne dans quelques exagérations pour trop imiter le style de Macaulay. Ne voulant pas admettre que l'on critique les Canadiens autrement que sous le coup d’une hypocondrie spéciale, il ouvre par une mise en scène lugubre le chapitre qui porte comme argument Bougainville et sa correspondance : « On était au mois de novembre. La descente de Montréal. était à cette saison aussi périhle qu'ennuyeuse.…. La route par eau sous un ciel bas, humide et froid, n’était guère plus agréable. Tout dans la nature, à cette heure désolée de l'automne, portait à la tristesse et à l'ennui... C’est dans cet état d'esprit qu'il (Bougainville) descendit un soir dans l'ile à la Bague, non loin des Trois-Rivières... Il y passa une partie de la nuit à rédiger son
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chargée de pelleteries qui descendait à Québec. On s'arrêta le soir aux Trois-Rivières; et, pour tuer le temps pendant une heure avant de s'endormir, Bougainville commença une assez longue lettre où il résumait à son frère ses impressions d'exil.
« Voici la cinquième fois que je vous écris depuis mon arrivée en Amérique, mon cher frère, Je ne sais pas si vous aurez reçu mes lettres. Je n'en ai reçu qu’une seule de vous, datée du 6 juin, de Séchelles!, et en même temps une do Mme Hérault, une de M. Hérault et de M, de Marville, Six mois s'étaient passés depuis mon départ de France, six mois que l’inquiétude m'avait rendus insupportables. La crise malheureuse dans laquelle j'avais laissé notre adorable maman, le mauvais état de sa santé ne me permettaient pas d'espérer de bonnes nouvelles. Cependant, j'étais désespéré de n'en pas recevoir, et l'incertitude me paraissait le plus cruel des maux. J'étais au camp de Carillon quand vos lettres sont arrivées, Pour juger du plaisir que j'ai ressenti quand on m'a annoncé des lettres de France, il faut, mon cher frère, se mettre à la place d’un malheureux expatrié que 1,500 lieues séparent de tout ce qui lui est cher, que l'inquiétude dévore et dont l'âme est sensible et tendre. La lettre de ma chère maman m'a pénétré de reconnaissance et de douleur... Ah! mon cher frère, quand j'ai demandé à venir dans cet autre monde, je ne pouvais pas m'attendre à ces événements cruels qui ont suivi l'engagement qui m'a lié. Je ne me flatte pas que ma présence eût pu être d'aucune utilité; mais enfin je me serais satisfait en partageant des peines qui m’eussent déchiré l'âme... Je vous prie, mon cher frère, de lui parler de moi quelquefois et de lui bien dire tout ce que je sens mieux que je ne saurais l’exprimer. »
Bougainville entre ensuite dans de courtes réflexions sur la cam-
Journal et à écrire à son frère une longue lettre (7 novembre) où il donnait libre cours à son humeur » (1, 165-166). La longue lettre en question se compose en effet de 9 pages, dont 6 ont été écrites te surlendemain à Québec; le Journal, si longuement aussi rédigé, se compose de trois courtes phrases : « Le 7. M. le Mit de Montcalm m'a donné ordre d'aller à Québec porter ses dépèches aux derniers vaisseaux qui vont partir, Je me suis embarqué à trois heures du matin sur une goélette qui descend à Québec chargée de pelleteries, Le vent étant sud-ouest, nous sommes descendus jusqu'au-dessous des Trois-Rivières, où nous avons mouillé à sept heures du soir. » Or, au Canada, le vent du sudouest, comme le savent tous les météorologistes, comme Bougainville le dit ailleurs lui-même, et comme il le prouve en notant la direction du vent avec l'état de l'atmosphère, du 3 décembre 1756 au ?9 janvier suivant, amène toujours un ciel clair et brillant, Il ne reste alors d'exact dans ce tableau que le réel état de souffrance du jeune officier et sa lassitude chronique de l'exil, qu'il éprouvait avec la plupart de ses camarades.
1. Maison de campagne du contrôleur généra! près de Compiègne. Ce que le duc de Luynes rapporte d'elle, dans ses Mémoires (t. XIV, 10 et 12 juillet 1755), confirme l’honnête simplicité de la famille, et rappelle la réponse de Nicolas Bacon à la Reine Élisabeth.
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Ce que le illet 1755), de Nicolas
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pagne qui vient de s'achever et sur les dégoûts que l’on s'attache à donner aux troupes françaises au Canada.
« Tout ce que je puis vous dire, c’est qu'en quittant ce pays nous chanterons de bon cœur l’/n eæilu Israël, »
Après quoi, le mathématicien reparait pour demander s’il ne pourait obtenir à l’Académie des sciences la place d’adjoint, que la nomination de M. de Parcieux à celle d’associé vient de laisser vacante. Il aurait fort souhaité d’avoir en Europe la compagnie de dragons que son ami Hérault doit quitter prochainement pour entrer aux grenadiers de France. Et, quoique en Amérique, il ne désespère pas, avec l'appui de Montcalm, d'obtenir cette faveur qui hâterait sa sortie de la terre d'Égypte!. En attendant, il se propose de travailler l’importante question des limites, l'éternel règlement des frontières de la colonie, et de préparer cet hiver un mémoire qu'il enverra dès le printemps. Le surlendemain, arrivé à Québec, où il fait son entrée sur une charrette, il termine sa lettre par de longues recommandations et commissions, où il n’oublie pas les dernières pièces de théâtre et quelques jolis cadeaux de femme pour sa jeune cousine, M"° de Vienne. Puis il remet ses dépêches au courrier, le capitaine Pellegrin, de l'Abénakise. Mais ici, contretemps nouveau. à lni fall, s’armer de patience, car les dépêches de Vaudreuil étaient en retard.
« Autrefois, on n'osait pas faire rester les vaisseaux au delà des der= niers jours d'octobre; et l’on « plusieurs exemples que des vaisseaux partis en nombre ont été pris dans les glaces ou jetés à la côte par des coups de vent violents qui ne sont que trop communs dans cette saison ?, »
Enfin, le 43, les dépêches de Vaudreuil arrivent; et, après quelques
1. Seulement, et pour cette unique fois, Bougainville désire que M"* Hérault ne soit pas avertie de la négociation : « M. Hérault m’a écrit qu'au mois de juin il était le troisième à entrer aux grenadiers de France, En ce cas, la promotion que cette campagne aura fait faire, le cours ordinaire de la mortalité, peuvent le faire colonel cet hiver, Si j'étais en Europe, je demanderais sa compagnie de dragons et peut-être l'obtiendrais-je. J'en écris à mon oncle, et vous verrez ce que Monsieur de Montcalm a écrit à ce sujet au bas de ma lettre. Je n'en parlerai pas à M"° Hérault. »
2. Journal, du 10 au 13. — Cette habitude de Vaudreuil, de toujours retarder ses courriers jusqu'au dernier moment, fut cause qu'en 1760 ils tombèrent aux mains de l'escadre anglaise (Bernier à Belle-Isle, dans Dussieux, p. 336),
3. Ces dépêches contenaient un article sur lequel Vaudreuil insistait eurieusement à propos des vivres, La récolte avait été mauvaise. On était déjà réduit à mêler de l’avoine avec la farine dans le pain. Or, le gouverneur « déclare que, si on ne lui envoie pas des vivres en abondance, non seulement il est inutile de faire passer des secours d'hommes, mais qu'il renverra deux des bataillons