‹ La jeunesse de Bougainville et la Guerre de sept ans [microforme]Chapitre 35 sur 113 · Seulement, la phrase s'applique à Montcalm · texte numérisé non relu

Seulement, la phrase s'applique à Montcalm

3. « Bougainville, » dit-il ailleurs, « que je vois on ne saurait moins, perd ; ce sont ses affaires, ainsi que de la Rochebeaucourt; ce dernier a moins de ressources que le premier » (A Lévis, 16 décembre 1757).

ve, l'Abénaivres toutes souffrance !,

pour cette dureté l'hiinville, peu avail et les He siècle, »

Malheureude violents 6e, sous la Du moins, t, dans ces néralement as de ton- , qu’on lui trait autre r en s’enls, OU avec mable que xiste donc ugainville

uw ministre, s Canadiens > plus nom-

jusqu’à ce ablement (!) partagés »

riponneries u souvenir lques jours hble ; aussi l'égoïsme »

u'il reconême temps

bins, perd ; à moins de

de GE is joueur contre le jeu qui se pratiquait au Canada, que de désaccord entre la tolérance d’une certaine exploitation des fonctions administratives et l’indignation qu'excitent les concussions scandaleuses où les administre teurs canadiens étaient finalement tombés".

Du reste, peudant out cet hiver, Bougainville poursuivit ses travaux avec autant de passion qu'il en apportait au plaisir, entassant notes sur notes pour les faire passer directement au ministre, à l'insu des bureaux; et, par un heureux hasard que nous avons indiqué déjà, le ministre de la Marine allait être précisément le beau-frère de Me Hérault.

« J'ai passé mon temps à lire, à méditer, à écrire, Cet ennui qui m'obsédait a tourné au profit de mon âme. Vous verrez un mémoire que j'envoie à Mme Hérault pour le ministre. Ge n’est que le germe d'idées qui demandent à être développées et d’autres mémoires de détail, Mais tout ce qu’il contient est vrai pour les faits. A l'égard des réflexions dépendantes de la politique, c'est à des gens plus éclairés que moi à décider si j’en ai suivi les principes. J'ai aussi travaillé sur la matière des limites, matière embrouillée, obscure, hérissée de difficultés. Je compte finir au retour de la campagne un mémoire commencé sur cet objet... Mon portefeuille est plein d'observations sur les mœurs des sauvages, leur langue, la qualité du pa;s, enfin de tout ce qu’il faudrait pour composer un journal qui pourrait être intéressant. Je ne néglige aucune occasion de m'instruire. Puissé-je revenir plus agréable à ceux que j'aime ?, »

1. 11 reste cependant, au point de vue de la surveillance, une nuance que Vaudreuil ne comprenait pas entre le jeu et la concussion : « Quand Vaudreuil apprenait les accusations que portait contre lui Montcalm parce qu'il n'extirpait pas ces abus, il répondait : « Que n'arrête-t-il lui-même le jeu effroyable auquel « se livrent les officiers de son armée » (Casgrain, Il, 16)? Pourtant, une chose est de surveiller des actes administratifs dont le contrôle appartient nécessairement aux représentants du pouvoir, autre chose est d'intervenir dans la vie privée des gens pour leur interdire des actes qui ne relèvent que de la morale. D'ailleurs, Montcalm, tout en essayant de refréner le jeu (Casgrain, 1, 335), avait expliqué au ministre l'impossibilité d'y réussir, à cause du médiocre appui de Vaudreuil, qui n'était pas aussi contraire à cette distraction qu'on veut bien le dire (Gaffarel sur Malartic, p. 160; Montcalm à Bourlamaque, 28 février et 3 mars 1758). C'est pourquoi l'abbé Casgrain, après avoir déclaré que « la vie rangée, honorable et vertueuse {du gouverneur] était une éclatante protestation contre les scandales de l’intendance » (1, 183), finit par donner tort aux deux chefs, qu’il met injustement sur le même rang : « Au lieu de se concerter pour agir avec vigueur, ils fléchissaient de crainte de perdre une popularité qu’ils commençaient à se disputer » (1, 187).

2. Bougainville à son frère, 3 juillet 1757. — « Soyez tranquille, Madame, sur Bougainville. A la fin de la campagne, j'écrirai une lettre particulière aux deux ministres et vous en aurez copie par-äevers vous. Vous verrez, par le mémoire qu’il vous envoie, qu’il s'occupe utilement: Les idées de son mémoire

ET" en

Le 26 janvier, Vaudreuil, qui avait passé à Québec une partie des fêtes de l'hiver, se remit en route pour regagner Montréal, mais il tomba gravement malade aux Trois-Rivières. Pendant un instant on se demanda comment, en cas de mort, se règlerait sa succession officielle. Montcalm et Bougainville le rejoignirent le 4° février et le trouvèrent heureusement en voie de se rétablir, Ce jour-là même, un courrier de Carillon vint annoncer que, dix jours auparavant, le 241 janvier, une escarmouche avait eu lieu contre les coureurs anglais dans les environs du fort. On leur avait tué, disait-on, quarante morts et fait huit prisonniers. Aussitôt l’arrivée de ceux-ci à Montréal, Bougainville fut chargé de les interroger et dressa d'après leur réponse le plan des forts Georges et Lydius!,

En même temps que l'annonce de cette escarmouche, le gouverneur recevait dans sa chambre de malade une assez curieuse députation.

3 février. — « M, le Mis de Vaudreuil a reçu des représentations de la part des Abenakis de Saint-François et de Bekancourt, que les Jésuites voulaient transplanter de leurs villages sur les bords de la Belle-Rivière. Le prétexte de ces zélés missionnaires était de les éloigner du commerce des Français et de l'usage de l’eau-de-vie; et leur objet, de profiter des

sont bien conçues et les faits exacts. Il en a un quasi fait sur l’objet des limites; il ne pourra guère l'envoyer qu'à la fin de la campagne. Il faut composer, faire des duplicata. On a beaucoup de scribes, mais il y a certaines choses qu'on ne peut pas faire écrire par tout le monde » (Montcalm à Me Hérault, 11 juillet 1757). — L'abbé Casgrain, qui est obligé pourtant à la fin d'emprunter quelques extraits aux mémoires détachés de Bougainville, néglige d'ailleurs complètement de rappeler son ardeur au travail pour ne laisser voir que sa passion du jeu et ses frasques de jeune homme.

1. C’est à propos de cette escarmouche que l'abbé Casgrain reproche à Parkman d'écrire l’histoire en romancier et de dénigrer systématiquement Vaudreuil. Parkman se moque, en effet, du gouverneur, qui, dans sa lettre au ministre, compte 40 morts, comme le bruit en avait d'abord couru. « Mais Bougainville dit 42 morts, » riposte l'abbé Casgrain, « et Montcalm répète le même “biffre dans ses lettres. Ce serait alors Bougainville et Montcalm qui auraient exagéré la perte des Anglais » (1, 192). La chose n'a pas grande importance, comme la plupart des polémiques de l'abbé; mais on conviendra que, de 40 à 42, l'exagération est bien moindre que de 16 (le vrai chiffre) à 40. On doit observer, en outre, que Bougainville écrivait au moment même de la première nouvelle, toujours exagérée en cas pareil, tandis que Vaudreuil écrivait deux mois après, toutes informations prises. Du reste, il se peut que les rapports de Carillon aient rontinué jusqu'au bout d'indiquer le chiffre dont Parkman se plaint ou que les Anglais aient aussi bien diminué leur perte. Mais, pour ces questions de chiffres et de menus détails, d'après les rapports militaires, les historiens ne sauraient trop se pénétrer de l'excellente remarque du général Thiébault dans ses Mémoires, t. II, p. 289,

partie des fal, mais il instant on ession offivrier et le | même, un aravant, le urs anglais ante morts tréal, Bou ur réponse

le gouver- 1se députa-

htations de es Jésuites le-Rivière.

commerce rofiter des

les limites; poser, faire es qu'on ne {, 11 juillet 2 quelques mplètement n du jeu et

che à Park- Vaudreuil. 1 ministre, ougainville me “biffre nt exagéré comme la 12, l'exagéserver, en nouvelle, 1ois après, le Carillon plaint ou questions historiens Thiébault

PER" RAA

terres que ces sauvages ont défrichées, ainsi qu'ils l'ont déjà fait à l'égard des Hurons, qu’ils ont transplantés de la Vieille à la Jeune-Lorette. Les Abenakis n’ont point voulu consentir à cette transmigration. Les voilà donc Jansénistes, et les Jésuites leur refusent les sacrements et même l'entrée de l'église. « A la bonne heure, » disent les sauvages à leur missionnaire : « Tu es le père de la prière; la prière, les sacre- « ments et l’église appartiennent; mais c'est nous qui avons bâti ta « maison ; elle est à nous et nous allons t'en fermer la porte. » Jérôme, chef de village, a aussi présenté un mémoire à M. de Vaudreuil, conçu en ces termes : « Jérôme, chef de village des Abenakis, représente à « toi, mon père, que les robes noires veulent nous faire quitter notre « natte et transporter ailleurs le feu de notre conseil. Cetta terre que « nous habitons est à nous. Ce qu’elle produit est le fruit de nos peines. « Fais-la fouiller, et tu trouveras dans son sein les ossements de nos « pères ; il faut donc que les ossements de nos pères se lèvent de ses « entrailles et nous suivent dans cette contrée étrangère. » Les Jésuites ont enfin renoncé, du moins pour le présent, à leur entreprise. »

C'est assurément ce passage, joint à un fragment d’une lettre de Bougainville à son frère, l’année suivante, qui aura donné lieu de le taxer de jansénisme!. Bougainville pourtant, comme s’il eût prévu l'accusation, raille ici d'avance l’idée de prendre pour janséniste quiconque est en désaccord avec les Jésuites. Nous sommes de ceux qui, pour connaitre de près ces religieux, regrettons qu'on ne s'inquiète pas davantage de leur rendre justice ; et nous pensons, avec un de leurs historiens?, que, si l'Ordre a certainement commis des fautes, au moins faudrait-il pour le juger se défaire de ses préventions, chose toujours difficile et presque héroïque en l'espèce. Mais il faut également reconnaitre qu'au xvrrir siècle peu de gens avaient le goût

1. « Je deviens dévot. Je suis très bien avec tous les prûtres et Jésuites de ce continent. Je suis de leurs parties de campagne et je parle théologie tout comme un autre. Il est vrai que, de temps en temps, il me faut entendre quelques invectives contre jansénius; mais alors je tousse, je crache et je proteste en secret contre ces propos. Ce pays est bien l’esclave de la Constitution. On n'y voit pas un janséniste; l’on se défie même des gens qui savent ce que c'est » (21 avril 1758). L'abbé Casgrain se récrie aussitôt que la conduite de Bougainville manquat de franchise et de dignité (I, 15). Nous regrettons, pour l'éducation de ce critique sévère, que ce fût la seule conduite que Bougainville eût à tenir en la circonstance ; et que précisément le silence soit recommandé par les journaux religieux comme la seule attitude respectueuse qui convienne aux catholiques du monde entier dont les idées ne s'accordent point en ce moment avec les vues politiques du Saint-Siège. Si xx jeune capitaine de dragons avait osé tenir tête au clergé sur le terrain théologique, on eût blâmé son outrecuidance, I garde le silence; on l'accuse d'hypocrisie (c£. Casgrain, I, 215).

Page 1