Journal, 3 juin
4. « On est péniblement affecté, » dit l'abbé Casgrain, « lorsqu'on lit la réponse de Montcalm au mémoire que Vaudreuil lui avait adressé à ce sujet. On y sent partout l'homme irrité qui ne prend plus ! peine de dissimuler sa mauvaise humeur et son dédain. Ceci est d'autant plus frappant que le mémoire de Vaudreuil respire le calme, la dignité et la déférence » (I, 378). L'abbé Casgrain oublie négligemment que le mémoire de Vaudreuil, préparé à loisir, devait avoir une autre allure qu’une réponse faite sur-le-champ, à l'heure de minuit, dans le premier moment de la surprise et de l'indignation. Mais, pour y comprendre quelque chose, il eût fallu d'abord ne pas confondre les dates et ne point reporter cet échange de récriminations officielles au mois de janvier 1758, quand il est visiblement du mois de juin (Lettres et pièces militaires, p. 25-32), On remarquera d'ailleurs que la réponse de Montcalm est d’une