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2. Cf. Kingsford, II, 305, — « Tel est le train de la colonie, Les sauvages viennent faire coup et s'en retournent. Les miliciens font de même : les officiers des troupes de la marine aussi, D'ici à quinze jours, ils viendront tous demander à partir, sous le prétexte de mauvaise santé, d'affaires, de traite, de négoce, de lettres de change. Ils auront fait trois semaines ou un mois de campagne. En vérité, cela est fort long » (Bougainville, Journal, 26 juillet).
3. Les expéditions contre les Renards, de leur vrai nom les Outagamis, avaient eu lieu surtout de 1730 à 1735. Peut-être s'agit-il ici de celle de 1734-1735, sous les ordres du commandant de Noyelles.
4, : On croit, en ce pays-ci, s'être immortalisé quand on a fait 200 lieues pour assassiner une femme! » (Désandrouins, p. 278). Nous nous permettrons de rappeler que ce journal de Désandrouins confirme sur tous les points, et presque dans les mêmes termes, celui de Bougainville, sauf sur le massacre du fort Guillaume-Henry. « Si ces deux hommes de cœur et d'honneur portent le même jugement sur les Canadiens, » nous écrivait à ce propos, quelques mois avant sa mort, l'éditeur de Désandrouins, l'abbé Gabriel, « c'est que ce jugement était alors l'expression de la vérité. » — On y peut joindre comme nouvelle confirmation les nombreuses lettres de Doreil à Belle-Isle publiées par Dussieux. Doreil était un des caractères les plus intègres et consciencieux de l'armée.
guerre. Tout est Turenne ou Folard. Grand malheur pour ce pays; il périra victime de ses préjugés, de sa confiance aveugle, de la stupidité ou de la friponnerie de ses chefs.
« Cet oracle est plus sûr que celui de Calchas. »
Oracle ou non, il est de fait que les dissentiments dont le Canada était à la fois le théâtre ei l'objet nuisaient énormément à sa défense. Pour conjurer cette mésintviligence de fâcheux augure, Bougainville, à moitié remis de sa blessure, fut envoyé quinze jours plus tard à Montréal négocier, au nom de Montcalm, un accommodement avec Vaudreuil. Prenant parti pour les sauvages, le gouverneur avait adressé au géneral une mercuriale topique sur sa rudesse envers les nations auxquelles la colonie devait son salut et qui, dans leurs plaintes contre lui, déclaraient qu’elles ne retourneraient plus en guerre de son côté Lant qu'il y commanderait. Mais. notait Bou- À | gainville avec un sa pticisme digne de l’antique, « il en est des sau-
vages et des interprètes comme des oracles du paganisme, auxquels
leurs prêtres faisaient dire ce qu’ils jugeaient à propos. On a dit à
fl quelques sauvages du Sault-S'-Louis de se plaindre du général fran- . çais : ils s'en sont plainis ou, du moins, l'interprète a, dans le Con- | | seil, rendu des paroles de plainte. » Et, cependant, chose inouïe, ces \ sauvages si mécontents venaient d'opérer à l’armée de Montcalm deux ou trois expéditions de suite, sans retourner à leur natte dans l’inb 1! tervalle. « Les faits sont de toute langue; mais leur langage ne | | s'entend pas, on le suppose Lel que l’on vect! » Le général comptait | sur Bougainville pour en offrir une traduction fidèle. L’envoyé rem- Dhs plit consciencieusement sa mission « d'étouffer, s’il était possible, ce SUR levain de discorde. » « Les apparences, » écrit-il au retour, « sont que mon voyage n’a pas été infructueux. Je souhaite que les faits y
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répondent. » Mais le moyen de lutter contre un pareil courant! Ce fut à à la suite de cette ambassade, où Montcalm avait « fait encore les is avances?, » qu'il réunit les officiers pour leur interdire « les propos ‘4 indécents sur le compte de M. de Vaudreuil et de la colonie. » Mais, 1
È comme en ouvrant la séance on avait trouvé justement « sur la table une chanson des plus mordicantes contre le gouverneur général et L: tout ce qui est colon’, » personne ne s’élonnera que le pauvre Mont- ‘Mi calm en fût de nouveau pour ses frais de bon vouloir et de précaution
bi: inutile !