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premières noces du malheureux Coulon de Jumonwville, l'abbé se demande s'il ne faudrait pas lire Barante!, quand il lui suffit d'ouvrir le Dictionnaire généalogique des familles canadiennes pour s'assurer que M"° de Jumonville épousa le capitaine, dans Béarn, Bachoie de Barrante? Ou encore que, publiant la lettre par laquelle le Ch°' de Lévis prie le général Ligonier d'intervenir en sa faveur près du roi d'Angleterre pour qu'on lui accorde l'autorisation de servir en Allemagne après la capitulation du Canada, l'éditeur fasse suivre gravement d’un point d'interrogation le nom du général anglais?? De quoi se met-il en peine? De savoir qui est Ligonier ? La première histoire d'Angleterre le lui apprendra. De savoir s’il est bien le destinataire de la lettre? Mais il publie sa réponse autographe dans un autre volume et raconte tout du long cette petite négociation dans son histoire * !
1. Lévis, Lettres, p. 359 et 466. — Le nom de Barante étant, nous ne savons pourquoi, écrit constamment Baraute ou Barole dans les documents, — sauf dans le Journal de Malartic (6 octobre 1757), — on voit où conduit le système de l'éditeur (si tant est qu'il ait un système) d'adopter pour les noms d'officiers français l'orthographe la plus généralement suivie (Lettres de La cour, p. 160). Plusieurs noms aussi commençant par un K sont d'origine bretonne et devraient être vérifiés et rétablis : — exemple : « de Kerimel » au lieu « de Kimel » (1bid.), — en tenant compte d'une particularité locale. Le préfixe Ker (« ville » ou « maison, » comme dans Villeblanche, Maisonneuve) s'écrivait en abrégé par un K barré légèrement d’une certaine façon sur le dernier jambage. On ne s’étonnera pas de retrouver cette abréviation bretonne au Canada, alors que la diphtongue ow, fréquente dans les noms sauvages, est constamment remplacée par l’abréviatif grec 8. Quant aux noms français, il les faudrait rectifier par douzaines, entre autres ceux de Galiffet, d'Hannoncelles, de Calan, de Solminihac, etc.
2. Nous devons avouer que l'éditeur anglais de la correspondance de Wolfe, dans la collection Sackville, n’a pas été moins prodigue de points d'interrogation sans cause, Exemple : « Carlin was lieutenant of Shirley's or Peppencle’s(?). » Lisez « Pepperell's. » — Il ne s'aperçoit pas non plus que Wolfe parle indifféremment de la baie de Gabarus sous le nom de « Gabarus bay » ou de « bay of Gaberouse (?). » On trouve encore mal à propos « mylord Loundoun (?) » pour « Loudon, » « Gaspie (?) » pour Gaspé, « the Mickmacks (?), Abenaquis (?), » etc. (Report of the royal Comm. on Hist. Mss., 9th, 1884, p. 74 et suiv.). L'abbé Casgrain, qui a tout lu, ne paraît pas avoir eu connaissance de cette correspondance, M. Kingsford, au surplus, dénature également les noms avec un parfait sans-gêne ; mais son histoire n’a pas la portée d’une édition de textes officielle.
3. Lévis, Lettres, p. 395; Lettres et pièces militaires, p. 270; Montcalm et Lévis, II, p. 414. L'annotation de ces textes est absolument insignifiante. Dans les trois premiers volumes, par exemple, sur un total de plus de 1,000 pages, il n’y a que quatre notes offrant une ombre d'explication biographique ou autre, et une dizaine pour les 1,000 pages suivantes, Pourtant, un érudit canadien devait trouver matière à des éclaircissements du plus piquant