‹ La jeunesse de Bougainville et la Guerre de sept ans [microforme]Chapitre 93 sur 113 · TS · texte numérisé non relu

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Comme l'avait deviné Montcalm, Wolfe, après avoir mis les Français en émoi, rentra le soir même dans ses cantonnements. Et Montcalm d'écrire à dix heures du soir : « Il est certain, mon cher Bougainville, que je me perds sur la manœuvre de l’ennemi. » Le lendemain matin!, la nuit ayant porté conseil, Vaudreuil dicte cette lettre à l'adresse de Bougainville :

« Voici, Monsieur, réponse à vos deux lettres, l’une de dix heures et demie du soir et l’autre de quatre heures et demie du matin. Après avoir conféré avec M. le Mis de Montcalm, j’approuve fort de laisser dans les mêmes postes de la communication, depuis l’anse des Mers jusqu'au Cap Rouge, les mêmes officiers qui les connaissent et en voici le détail :

« Anse des Mers et du Foulon, M. de Vergor, qui a remplacé M. de S'-Martin, avec 100 hommes ?.

posant d'augmenter de 50 hommes le poste du Foulon (qui comporte aussi celui des Mers), Vaudreuil aurait donné l'ordre formel de le surveiller à part, comme le point le plus vulnérable, Il espère montrer ainsi que Vaudreuil, seul, a vu clair dans la défense de Québec et que Bougainville, aveuglé par sa haine contre le gouverneur canadien, a négligé l'axiome de Montluc :

« Si le fol un conseil te donne, N'en fais refus pour sa personne, »

Bien entendu, l'historien évite, à propos de l’anse du Foulon, de prononcer dans cette analyse le nom de Vergor, pour donner lieu de penser que ni Vaudreuil ni Montcalm ne soupçonnaient à ce poste la présence d'un pareil officier. Il dit même, nous l'avons vu, que Vergor n’en prit possession que trois ou quatre jours après.

1. 6 septembre, onze heures. — L'abbé Casgrain passe complètement sous silence les pièces qui suivent,

2. On voit que Bougainville est tombé d'accord avec Vaudreuil et Montcalm sur le chiffre de garde pour ce poste. Et, puisque l'état-major admettait ses raisons, l'abbé Casgrain n’a pas à les réclamer. Montcalm, en juillet, avait déclaré ce chiffre très suffisant et Parkman l'approuve (IH, 276; cf. Garneau, II, 329; Casgrain, 11, 209). Encore fallait-il que les 100 hommes s’y trouvassent et ceci regardait Vergor. « Malheureusement, » dit la Relation canadienne du siège de Québec, « la garde de la première anse n'était que de 60 hommes et celle de la seconde de 30. » A quoi la note rectificative adjointe et conçue dans le sens français de Bougainville répond sèchement « il n'y avait que 60 hommes en tout aux deux anses. » — D'après l’auteur, toujours un peu suspect, des Mémoires sur le Canada, Vergor aurait permis aux Canadiens de son poste d'aller travailler à leur récolte, à la condition qu'ils travaillassent ensuite sur ses terres (Casgrain, p. 231). Le fait est possible. Il faut se rappeler, néanmoins, que l’une des grandes préoccupations du quartier général, en cela conformes aux ordres de la Cour, était de permettre aux miliciens de s'occuper de leurs récoltes dès que les exigences du service l'autoriseraient. De plus, la veille même, 11 septembre, Thiballier écrivait de la Pointe-aux-Trembles à Bougainville : « Plusieurs Canadiens de mon piquet, du camp de M. de Repentigay, se trouvent sans équipage. Ils me demandent d’aller chercher de quoi

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« Batterie de Samos, 30 hommes,

« St-Michel, M. Duglas [Douglas], 50 hommes,

« Sillery, M. de Remini [Remigny]!, 100 hommes.

« Cap Rouge, M. de Beaubassin, 250 hommes.

« Il est question maintenant de vous faire un corps léger qui puisse se porter partout sans dégarnir vos postes, »

Suit le détail de ce corps dans lequel devaient rentrer les hommes de Repentigny laissés « à demeure » aux ordres de Bougainville, pourvu qu’il les acceptât. Le total des postes, de l’anse des Mers au Cap Rouge, serait alors de 500 hommes; le corps ambulant devait en compter 4,085. Restaient S'-Augustin, la Pointe-aux-Trembles et Jacques Cartier, défendus par 570. Mais « je ne compte pas sur ces 570 hommes. Vous ne sauries les retirer de ces postes et vous ne sauries avoir trop d'attention sur ceux de S'-Augustin et la Pointeaux-Trembles, sur lesquels vous ne sauriez trop veiller. »

Cette fois, l'indication du gouverneur général est formelle. Là est le vrai péril, Tous les autres postes, y compris le Foulon, sont de simples vigies que l’on peut dégarnir au besoin.

Pour le régiment de Guyenne, le cas n’est pas moins clair?, Mais nous devons encore citer tout au long.

« Si vous vous croyez assez fort avec ces dispositions, comme cela vous parait, nous relirerons le régiment de Guyenne pour le faire rentrer dans son camp. Ce corps s’écraserait et aurait bien de la peine à pouvoir se prêter à vos courses. J'attendrai cependant la réponse à cette lettre pour tout disposer de suite. Suivant cet arrangement à faire rentrer Guyenne qui ne ferait plus d’autre service avec l'armée que de se tenir en mesure pour secourir l’anse des Mers, la ville et la Canardière et de fournir le soir un bivac avec la villes...

P..S, — « Si cet arrangement vous convient, pour accélérer envoyez un ordre à Guyenne de rentrer dans son camp, en observant de ne le faire qu'en détail par petits pelotons de 30 ou 50, pour que cela n'ait pas l'air d'un mouvement aux yeux de l'ennemi, qui, sans doute, observe autant que nous, et envoyez en même temps un ordre à Repentigny... de marcher avec ses 250 hommes...

changer. Si vous trouvez à propos que j'en envoie quelques-uns pour porter les leurs et ceux de leurs camarades, j'attends sur cela vos ordres. » On sait que le gouverneur voulait mettre des hommes de Repentigny dans le poste de Vergor.

1. Ce commandant signe très lisiblement « Remigny » et non « Rumigny, » comme l'appelle l'abbé Casgrain.

2. L'abbé Ferland (IE, 577) attribue à Montcalm, « qui ne pensait pas qu'il y eût danger de ce côté, » le rappel du bataillon de Guyenne. On va voir que le vrai coupable est Vaudreuil.

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