XII PREFACE
sources de l'histoire locale, aux registres mêmes de la ville natale du réformateur, qu'il est nécessaire de recourir, si l'on veut reconstituer, avec quelque certitude et quelque vérité, la famille et le milieu.
Citons en premier lieu les Registres aux délibérations de la ville de Noyon, collection très précieuse de procès- verbaux rédigés au jour le jour, où tous ces événements contemporains sont consignés, et où se reflètent avec une absolue fidélité les moindres circonstances de la vie intérieure de la cité. Nous en avons notamment usé pour l'étude du mouvement protestant qui suivit le départ de Calvin. Ces registres jusqu'ici restés inexplorés ont fourni un nombre considérable de renseignements. Ils constituent d'ailleurs une source très sûre, ayant la valeur d'un document authentique. On s'en est servi pour la première partie et surtout pour la troisième.
Il faut citer ensuite les Registres aux comptes, les rôles des tailles, le Livre des bourgeois, qui tous ont fourni un certain nombre de mentions.
Les Registres capitulaires de Noyon, dans lesquels les indications relatives a la famille Cauvin se trouvaient en si grand nombre, sont aujourd'hui perdus. Il en subsiste heureusement dans les manuscrits du chanoine Sézille, à la Bibliothèque nationale (Fonds fr. 12032) une analyse aussi complète que possible. C'est dans cet inventaire, rédigé au xviif siècle avec tout le soin et l'exactitude nécessaires aux travaux de ce genre, qu'ont été puisées la plupart des conclusions capitulaires auxquelles il sera fait allusion.
La collection Dont Grenier, également à la Bibliothèque nationale (volume J63, en particulier) rapporte aussi le texte de quelques-unes de ces pièces. On a mis encore à profit les Manuscrits de Reaucousin (Fonds fr. 8802 à 8811), collection considérable de notes et de recherches sur Noyon, recueillies
t^RÉFACE Xlll
surtout au point de vue ecclésiastique, par Tavocat Beaucousin, qui vécut à Paris au siècle dernier.
L'ouvrage du chanoine Jacques Le Vasseur^, malgré sa noéthode peu critique, sa forme prolixe et son plan si confus, renferme aussi nombre d'intéressantes mentions, notamment en ce qui concerne la généalogie de la famille Gauvin. Les textes cités y sont corrects et fidèles. Mais beaucoup de ses assertions demandent à être rectifiées. C'est un ennemi farouche de tout ce qui touche de près ou de loin à Calvin. Rien de curieux comme les pages enflammées, où, dans un pathos indescriptible, il met le réformateur en parallèle avec saint Éloi. Il tire de cette comparaison les rapprochements les plus inattendus et les plus étranges. Il faut se rappeler que l'annaliste a été l'un des plus fougueux ligueurs du pays, et la violence de son style n'aura plus rien qui doive étonner. Les chapitres qui concernent Calvin, s'ils n'ont pas toujours la valeur de documents historiques, offrent du moins un curieux tableau du changement que la réaction amenée par la Ligue avait produit dans Noyon. C'est à ce point de vue une source intéressante à consulter. Quant au grand mouvement protestant qui remplit pendant plus de trente ans l'histoire de la ville. Le Vasseur paraît à peine l'avoir soupçonné. Il n'a guère connu que l'événement de 4547.
De nombreuses enquêtes ont été faites à Noyon, surtout au cours du xvii® siècle, sur le compte de Calvin. On peut citer, par exemple, celle que le ministre Rivet ^ témoigne, dans son livre intitulé Jesuita vapulans, avoir vue entre les mains de
^ Annales de Véglise cathédrale de "Noyon^ jadis dite de Vermand, avec une description et notice sommaire de l'une et l'autre, pour avant œuvre. Le tout parsemé des plus rares recherches, tant des vies des Evesques qu'autres monuments du diocèse et autres lieux circonvoisins, par M. Jacques Le Vasseur, D"" en théologie, chanoine et doyen de ladite église. Paris, Robert Sara, 1633, 2 vol. in-4o.
^Pasteur, puis professeur à Leyde et à Breda, mort en 1651.