‹ La jeunesse de Catherine de MédicisChapitre 16 sur 52 · SA MÈRE · texte numérisé non relu

SA MÈRE

Le mariage de Laurent et de Madeleine, conclu sous des auspices si brillants, était cependant destiné ii une fin aussi triste qu'inopinée.

Le Duc d'Urbin n'avait pas encore vingt-sept ans, et toutes les affaires d'Etat reposaient en ses mains. Comme Capitaine général de la République, il avait la surveillance sur toute l'armée, et la conduite des affaires civiles était déjà traditionnelle dans sa famille, quoique les anciennes formes républicaines subsistassent encore. On déployait dans la maison de Médicis une pompe inconnue autrefois. Tout cela devait peu à peu habituer le peuple au faste du pouvoir, (pie le Pape et son cousin le Cardinal de Médicis

pensaient d'autant plus assuré désormais à leur famille que la jeune Duchesse allait être mère. Cette dernière, par son affabilité et sa grâce, était chaque jour plus aimée. Elle se portait bien, était gaie et se trouvait heureuse à Florence : pour plaire à son entourage, elle portait le costume florentin , qui lui seyait à merveille '. Mais dès les premières journées de son séjour, la longue et dangereuse maladie de Madonna Alt'onsina attrista sa maison. Deux mois et demi ne s'étaient pas écoulés que Laurent lui-même gisait sur un lit de douleur. Son mal commença par une fièvre intermittente" : les détails sur sa maladie, tels qu'ils nous sont donnés par les contemporains, ne laissent aucun doute sur son origine, qu'on attribua à sa vie déréglée. Son état empirait de jour en jour : le mal paraissait-il diminuer, il reparaissait de nouveau avec plus de violence. Les symptômes étaient inquiétants, d'autant plus qu'à la faiblesse corporelle se joignait le dégoût de tout travail.

1 Goro Gheri à Gianngliazzi, 30 octobre, 24 décembre 1518: « La Duchessa sta bene et di bona v'oglia, la quale s'è cOminciata a vestir alla fiorèritina et riesce tnollo bene. »

- Goio Glicii au Cardinal Bibbiena, mi-novembre : « La Ex4 del Dura i\i\o <li la ha havulo un poco <!i terzanella et è pjccola cosa, et presto speriamo rlie ^;i risolverà in bene cl cosi piaccia a Dio. ..

Vers la mi -décembre, les médecins conseillèrent un changement d'air. Le matin du 21, le malade se Ht transporter en litière à la villa Sassetti, près la route de Bologne, sur la colline des Montughi, la pins belle de ces collines qui, toutes couvertes de résidences, entourent Florence du coté du nord. La famille Sassetti, dont la primitive habitation était comprise dans la plus ancienne enceinte de la ville, appartenait aux plus zélés de la faction des Médicis : aussi devait-elle la plus grande part de ses richesses à la laveur de Côme l'Ancien. Elle en avait d'ailleurs fait un noble usage, témoin l'érection d'une chapelle h la sainte Trinité, peinte ensuite par le Ghirlandajo, et la magnifique villa de Montughi. Il n'est point de villa près de Florence d'où l'on jouisse d'un plus délicieux et plus vaste aspect de la ville et de ses agréables environs. Demeurée intacte pendant les désordres de ] 529, elle appartient aujourd'hui aux Capponi. La pureté de l'air, la beauté du lieu, furent d'une heureuse influence sur l'état du malade. (. Son Excellence , écrivait Gheri , ce matin , est arrivée à Montughi. Je crois qu'avec le beau temps elle s'y trouvera très-bien, tant le lieu est beau et le séjour charmant. Elle va du reste bien aujourd'hui. » Et le lendemain : « Son Excellence le Duc est bien encore. Ce matin, il est allé par toute la maison. Il paroît

que chaque jour nous amènera du mieux1. » L'amélioration sembla devoir persister, et au milieu de janvier suivant on était à même d'espérer qu'avant peu le Duc pourrait revenir à Florence.

Vain espoir! Ce n'était qu'une trêve, et la maladie devait reparaître plus violente que jamais. Déjà, au commencement de 1519, le malade se plaignit de ce que son état l'empêchait de soigner les intérêts du

1 G. Gheri à Benedetto Buondelmonti, 17 décembre : « Credo che S. E. fra tl 1 1<- o tre giorni in lettiga son' andrà a Montughi dai Sassetti a stare 0 o 8 giorni per niutare un poco d'aria e che i nicdici consentono e lo consigliano. E le stanze sono molto buone e laudate dai nicdici. » Et le 21 : « La Ere. del Duca questa matlina di buon ora andù a Mont' Oghi... Credo quando sarà buon tempo lo piglierà uiaggiore (piacere) per essere bel lnojjo e piacevole stanza, e S. E. sta bene. » Niocolô Macbiavelli rappelle la fortune des Sassetli appuyée sur la faveur des Medicis et sur les rapports qu'ils avaient avec eux. « dai clic nioltc eccessive ricchezze in moite fauiiglie di Firenze nacquero : corne avvenne in quella dei Tornabuoni, d< i Benci, dei Portinari c dei Sassetli. » Storie florentine, J, vin. Pour ce qui est de Sassetti, voyez la préface du volume IV, partie It, de VÂrchîvio storico ilaliano, pages xvm-cix, et les Lettere édite ed inédite di Filippo Sassetti, recueillies par Ettorc Marcucci ; Florence, 1855: Le possesseur actuel de l'antique villa Sassetti, sur la route de Bologne, est un homme aussi distingué par sa naissance (pie par son intelligence et son cœur : le marquis Gino Capponi, aussi grand lettre que grand citoyen. Voyez aussi les DocuuicrJi di storia italiana, vol. I. p. 71, recueillis par Molini.

Roi comme il l'aurait désire. Pendant qu'on en prévoyait l'issue, que Goro Gheri préparait le Cardinal de Médicis et l'Envoyé de Rome, Messer Benoit Buondelmonti , à recevoir les plus mauv „es nouvelles, et que Laurent était transporté, avec çrand'peine, à Florence, de la villa où il avait cherché un air plus pur, Madeleine, sa femme, accoucha d'une fiile, le 13 avril 1519. Cette fille était la future Reine de France, Catherine de Médicis.

«Mercredi matin, le 13 avril, à onze heures, écrit Goro Gheri au Cardinal-légat à la Cour française ', la Duchesse, avec l'aide de Dieu, a donné la vie à un enfant du sexe féminin. Son Excellence le Duc voulut qu'on lui portât aussitôt la petite fille. Madonna Alfonsina la lui présenta, et tous deux en ont ressenti une aussi grande joie que si c'eût été un fils. Madame la Duchesse se porte bien, et ses couches, par la grâce de Dieu, ont été heureuses. »

Dès le berceau, l'enfant parut destinée à toutes les vicissitudes qui remplirent sa vie : fortune et malheur, faveur et disgrâce. Au commencement tout sembla bien : l'état même du père s'était amélioré. « Le Duc se porte beaucoup mieux » , dit le

1 G. Gheri al Cardinal Bibbieiïa, lô avril lôl'J. Et le mémo a Messer. I. Gianfigliazzi.

bulletin expédié le même jour à Rome ; « la Duchesse se trouve bien, ainsi que le nouveau-né, qui est un bel enfant. » Le 16 avril eut lieu le baptême. Le Roi François avait fait la promesse d'être parrain si la Duchesse avait un fils. On choisit d'autres témoins. «Aujourd'hui, à la vingt-deuxième heure, écrit Gheri à Renoit Ruondehnonti, l'enfant fut baptisée. On lui donna les noms de Catherine, Marie, Romola. » Catherine était le nom de la Duchesse; on ajouta le nom de Marie, parce que l'enfant fut baptisée le samedi, jour de la Madone; enfin c'était une coutume à Florence de joindre le nom de Romola aux autres. L'intendant de l'hôpital de Santa-Maria Nuova, le prieur de Saint- Laurent, labbesse du couvent des Murâtes et celle <l Annalena, tinrent \\\ bambin a sur les fonts. Deux prêtres et deux laïques étaient présents. On ne fait point mention de la présence des parents les plus proches, bien que Madonna Alfonsina fût dans la maison ' .

1 G. Gheri à Benedetto Buondelmonti , 16 avril. M. Rcumont cite la lettre de Gheri témoignant que le nom de Romola fut donne à Catherine, comme il fut aussi plus tard donne à Isahelle, l'infortunée sœur du Duc Côme Ier, baptisée le 7 septembre 1542. Mais M. Trollope, dans son intéressant ouvrage sur la jeunesse de Catherine de Medieis, a rapporte1 le texte de l'acte de baptême dans les termes suivants, et on n'y remarque point que ce nom de Romola ait été ajoute a ceux de Catherine et de Marie. « Extrait fait par Rieha <Yi\>.\ journal marqué (r

Nous voyons d'après ce rapport que la bourgeoisie de la République, chancelante, faisait encore valoir ses droits dans la maison qui devenait princi ère. Des ecclésiastiques, appartenant à de grands instituts, sont les témoins du baptême. Le « Spedalingo » de Santa-Maria Nuova était le président de cet hôpital de la ville, qui, fondé par Folco Poitinari, le père de la Béatrice de Dante, prit, dans le cours des temps, une extension toujours plus considérable. Saint- Laurent était la paroisse de la maison de Médicis, qui y avait son caveau sépulcral, à deux pas de sa célèbre bibliothèque. Presque entièrement reconstruite du temps de Jean d'Averardo et de Côme

existant à Santa-Maria Nuova : « Questo di aprile, 1519, il nostro Reverendo Padre Monsignor Lionardo Buonafede, al présente spedalingo di Santa-Maria Nuova et abbate délia Badia Tedaldi, a richiesta dell' Illushissinio Duca d'L'rbino, Lorenzo di Piero di Lorenzo de Medici, battezzô una fanciulla femmina nata dell' 1 11 . Duca sopradetto e di Madré Maddalena di Bologna in Francia allevata sua donna, insieme con gli infrascritti compari, cioè il B° D° Francesco d'Arezzo, générale dei Seiviti, Blesser Francesco Campana, Priore di San-Lorenzo, Sorella Speranza de' Signorini, Badessa délie Murate, Cliiara degli Albizzi, Priora d'Annalena, Paolo d'Orlando de Medici e Gio. Bat. de Nobili, alla quale si pose nome Caterina, Maria, cui Dio presti lungbezza, » etc. Voyez (lie Gîrlhood of Catherine de' Medici, by T. Adolphus Trollope, pages 18 et 345. London, Chapman ami Hill; Piccadilly, 1856.

l'Ancien, toujours protégée par les Médicis, la Basilique Laurentienne, à laquelle Léon X, qui y avait été chanoine, accorda des privilèges particuliers à une chapelle pontificale, demeura jusque dans ces derniers temps sous le patronage des Grands-ducs de Toscane '. Le cloître des Murate, qui ne fut pas fondé par les Médicis, mais qui a eu sans cesse à connaître les bienfaits de leur protection, sera encore souvent nommé dans le cours de cette histoire. Le cloître des Dominicaines d'Annalena était la fondation d'une veuve inconsolable, Annalena de Malatesti, qui s'y retira après que son époux, Baldaccio d'Anghiari, comte d'Anguillara , au milieu du quinzième siècle, eut été traîtreusement assassiné dans le palais de la République. Deux prêtres et deux nonnes tinrent sur les fonts de baptême celle qui un jour devait être Reine de France. Et dans le choix des noms on n'avait point négligé la coutume du pays : — Roinulus était le patron de Fiesole, et le peuple florentin, «< cite discese da Fiesole ab antico'1, » aujourd'hui encore, à l'époque de la fête de son patron , monte vers les hauteurs de sa ville étrusco-romaine, où ce nom réveille en lui les souvenirs des traditions anciennes.

1 Voyez Cianfogni, Memorie storiche delt Ambrosiana Real Basilic a di S. Lorenzo. Florence, 1S(»V, vol. 1.

2 Danto, Inferno, xv, fi?.

Ces auspices heureux devaient être éphémères. Le jour même cpii suivit la cérémonie, on disait : « La Duchesse est bien, la lambina aussi; la première a cependant eu un léger accès de fièvre. Les femmes assurent que c'est chose ordinaire et plutôt favorable à la santé de la malade. » Le 18 avril, l'évèque de Fano écrivait aussi : « Tous s'accordent à dire que le Duc reprend des forces. Mais Son Excellence est aujourd'hui fort inquiète et troublée par la nouvelle que la Duchesse subit l'épreuve d'une forte fièvre, accident que ses femmes avaient tenu eaché. Elles ont ainsi commis le plus grand tort; moi-même j'ai écrit que la Duchesse se portait bien, chacun le croyait, ni elle ni personne n'avouant ee qui en était. La fièvre a été violente pendant la journée, mais elle a diminué vers le soir. Les médecins sont inquiets mais non sans espérance, et ils ont ordonné des remèdes pour demain matin. Remarquez-vous comme le sort nous traite mal cette année ! » Les jours suivants se passèrent entre la crainte et l'espérance. Le 22 , le Duc fut rassuré, car les médecins pensaient la Duchesse hors de danger; mais, le 25, survint une forte fièvre jointe à de l'oppression , et le 26 , vers le soir, la malade dut recevoir l'extrème-onction. Elle vécut cependant jusqu'au lendemain, 28 avril. « Dieu lui accorde la paix et le salut de son âme! Que Sa Sainteté et le

Cardinal de Médicis, auxquels on adresse chaque jour de douloureuses nouvelles sur l'état de nos maîtres, acceptent avec autant de patience que de résignation la perte de notre excellente Duchesse '. »

1 Voyez les lettres de Goro Gheri pour ces diverses citations. La suivante fut envoyée, au nom du Duc d'Urbin, au Cardinal Bibbiena :

h Rme Domine tant}"' pcrobservme. Per lettere del Veseovo di Fano la S. V. Revma bavrà inteso corne la Ducbessa mia dilettissima consorte dipoi el parto délia fanciulla femmina che feçe, per non essere del parto bene purgata et evacuata, è stata indisposta parecchi giorni et si sono usati et facti tutti quelli remedi che possibili erano per farla purgare et évacuai e, et in effecto la mala sorte nostra ha voluto che nulla cosa o remedio le habbi giovato, in modo che la poveretta questo di ha reso l'anima a Dio et è passata di questa présente vita et me ha lassato in tanto travaglio et affanno per aver perso tanto diletta et da me amata compagna, che certamente conosco haver havuto di questa cosa tal bastonata ail' animo et contento mio clie non so quando o di che io mi possa piu contentare. Pure pensando che la morte è cosa naturale et che tutti havramo ad %-e questo passo in quel modo et a quel tempo che piace allô Omnipotente Dio, perô in tanto dispiacere di haver perso si cara compagnia me rimetto a quello che piace alla divina Maestà, et de ogni cosa che succède la voglio ringraziare et restar patiente. Piacerà alla S. V. R. far tutto intendere alla Maestà Xma, alla Regina et alla Ex" di Madama, et condolersi in nome mio di tanta perdita che io ho fatto et cosî di Lor M^ et Exa che hanno pcrsa uua devotissima servitrice et aile loro M'"' et Ex" vi piacerà linmilmente raccomandarmi. Io mi slo pure nel lecto con un poco di

Le jour suivant, le corps fut transporté à Saint- Laurent. Les Chanoines de la basilique, les Dominicains de Saint-Marc et les Augustin s de San-Gallo, que les Médicis avaient comblés de bienfaits et qui leur devaient en quelque sorte leur existence l, accompagnèrent les dépouilles, ainsi que les parents

febbre, con cataire, cbn mollificatione délie braccia et cou moite alire cattive dispositioni, et per mia disgratia m'è sopra venuto un colpo di questa sorte di perdere la mia dilectissima consorte. Pensi V. S. Rma corne io possa stare di bona voglia. Pure Dominus dédit, Dominus abstulit, fuit voiuntas Domini. »

Au texte de cette lettre de Laurent, l'Evêque de Fano, Goro Gheri, ajoute :

« Per la littera délia Ex" del Duca la S. V. R. intenderà lo sfbrtnnato caso délia sua dolcissima consorte délia quai cosa S. Exa se ne niolto accuorata et ne ha preso tanto dispiacere quanto pin scrivere non potrei. Et perché io so che la S. V. R. ama S. Ex1 eome bon padre, perô me ne dolgo seco, et maxime perché dubito che aggiunto al maie di S. Exa questo tanto dispiacere et fàstidio che piglia délia morte di sua consorte tanto beuigna et da S. Exa tanto amata, che non segua qualche grau disordine di che Dio ne guardi. Io non entro in altro con la S. V. R. perché sono tanto afïlicto che l'animo non me lo patisce. Perô se scrivo cosi brève, la prego me admetta la scusa, et a lei bumibnente me raccomando. "

1 Le couvent de Saint-Marc fut reconstruit par Gosnie l'Ancien, et San-Gallo par Laurent, son neveu. Ce dernier fut détruit l'année 1529, avant le siège de la ville

kk LA JEUNESSE DE CATHERINE DE MEDICIS.

et une quantité de citoyens en habits de deuil. La Duchesse d'Urbin fut déposée dans la sacristie où reposent Giovanni d'Averardo et Piccarda Bueri, son épouse, et c'est là que se trouve une caisse d'airain et de porphyre, chef-d'œuvre de la main d'Andréa del Verocchio, qui renferme les restes mortels des fils et des deux petits-fils de Corne L'aîné.

On attendit de Rome des ordres précis pour la cérémonie des funérailles l.

1 Extrait du Registre des morts de Saint -Laurent : » Addi xxviiii d'aprile 1519 la lllma Duchessa de Bologna Franzese Donna de! Siguor Duca d'Urbino Lorenzo de' Medici passô di questa vita d'aprile 1519 e fn riposta in San-Lorenzo. In quor. fidem. Ego Jacobns Francisa de Pasqninis civis et not' publ8 Florentinus neenon caneellarins dom. ufficialium grascie civ. Flor. en. fidem faciens , etc. (Carte strozzîane , n° 920, nell' Arcb. Mediceo.)

DE L ETAT DE FLORENCE APRES LA MORT DE LAURENT, DUC d'lRBIN.

A peine Madeleine fut-elle morte qu'il se déclara un mal menaçant dans la santé du Duc, et dès la fin d'avril, à liome, on était préparé à toute extrémité. Le 3 mai 1519, le Cardinal de Médicis reçut cet avis : « C'est à peu près la dixième heure du jour, et le Duc se meurt et le confesseur recommande son âme à Dieu! Voyez, seigneur révérendissime , quelles nouvelles, et que de courage elles attendent de vous ! Il v a encore de la vie, mais à peine un reste d'espoir. Dieu veuille le conserver ! Hâtez votre vomie. »

Laurent mourut le 4 mai au matin. Cinq semaines plus tard naquit celui qui, d'abord presque inaperçu, devait, dix-huit ans après, entrer en pos-

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