T. A JEUNESSE
ment VII, il restait encore cinquante mille ducats à payer, et, pour ne ie dire qu'en passant, Philippe Strozzi, lorsque le nouveau pape Paul III lui fit réclamer les joyaux du trésor de l'église, eut grand'peine a s'entendre avec les chambres papales au sujet des payements qui lui étaient dus; encore lui fallut-il faire de grands sacrifices 1 .
Outre une dot considérable en argent, Catherine reçut le trousseau le plus" magnifique. « Quant au trousseau, dit le contrat de mariage, le Saint-Père fournira sa parente d'iiabits, de parures et de pierres précieuses, dont il sera fait un inventaire. » Les Florentins qui vivaient à cette époque ont célébré la beauté des broderies d'or des ornements, des vêtements, les tissus de velours de soie au point d'or et les splendides harnachements pour les montures de gala. On y ajouta une quantité d'objets précieux , comme on en fabriquait alors avec un goût si grand , et dont il nous reste encore tant de précieux spécimens dans les collections de la plupart des palais royaux en Europe. On lui donna des joyaux magnifiques, parmi lesquels les plus belles et plus grandes perles qu'on eut jamais vues, et dont plus
1 F. Stro/.zi «'t Vcttori, 31 ocjohrr 153V , 2 janvier 1535 . « Sono (auto atrarco, rlie io mi riaolvo (picato resto tli vità pin preato povero, die ricco con tante peraeenzioni. »
tard elle fit présent, réunies en un collier, à la Reine d'Ecosse, sa belle-fille. Il y avait dans la galerie dite d'Orléans, au Palais-Royal de Paris, avant les bouleversements de la première révolution, un portrait de Marie Stuart, comme jeune épouse de François II ; on la voyait représentée avec sa riche chevelure bouclée, un haut-col de dentelles et des perles magnifiques au cou et à la poitrine : c'étaient les perles de Catherine. Mais l'objet d'art le plus précieux que la fiancée apporta dans sa nouvelle patrie, à l'occasion de son mariage, fut une petite cassette de cristal de roche montée en or, œuvre de l'artiste le plus célèbre des temps modernes dans l'art de tailler les pierres, Valerio Vicentino. La remarque de George Vasari, que Vicentino aurait dépassé ses prédécesseurs de l'antiquité, dans cet art exquis, si la nature lui eût accordé le don de l'exactitude dans le dessin, comme elle lui avait donné l'habileté, la délicatesse, la sûreté et la persévérance dans l'art de graver, trouve sa pleine justification dans l'œuvre de cette petite cassette, pour laquelle le Pape donna à l'artiste deux mille écus d'or. D'après le genre de composition, il paraît que cet objet fut d'abord exécuté dans un but sacré, sans doute pour conserver les saintes hosties. Vingt images gravées nous représentent la vie du Sauveur, depuis l'Adoration des bergers jus-