‹ La jeunesse de Fléchier (volume 2)Chapitre 16 sur 63 · FLÉGHIER ET SA FAMILLE · texte numérisé non relu

FLÉGHIER ET SA FAMILLE

bier naquit le 10 juin, 1632; il fut baptisé le 19 du

mois, et reçut les prénoms à! Esprit-Valentin. Le nom

^ lui fut donné de sa marraine Espriie Dambrua,

id'mère maternelle; et celui de Valenlinjàe son par-

alentin Fourniller.

père, Pierre- Michel Fléchier, s'était marié en 1629,

l épousé Marguerite Audiffret, fille de Pancrace Audif-

larchand de Carpenlras, et iï Espriie Dambrun.

remariage naquirent quatre autres enfants : Michel et

P«iqui se marièrent tous deux; et deux filles, dont

Marguerite, se maria avec Gaspard Baculàrd, premier

consul de Pernos, on 1683 (I); et l'autre, Agnh^ appelée. plus tard Sœur Agnès de la CroiXj fut religieuse de Sunte- Claire, àBéziers, et ensuite abbesse de son monastère. La sœur Agnès a laissé une longue relation sur la règle des religieuses Récollettesj insérée dans les Œuvrei amplèU» ii Fléchierj vol. IX. p. 400, édit. Ducreux.

if tcA^/ Fléchier mourut sans enfants.

Philippe Fléchier fut premier consul de Pernes en 1696; il eut plusieurs enfants, parmi lesquels sept garçons, nous dit Ménard. Il épousa Elisabeth de Kobilé^ dont la famille était établie à Pernes (â). De ce mariage sont issus ifl* toine-Balthazar Fléchier, docteur de Sorbonne, archidiacre de Nîmes en 1707; Alexis Fléchier, chevalier de Sainl- Louis, lieutenant-colonel en 1745, nommé au commandement de Lorient en 1746. Deux autres fils de Philippe Fléchier furent chanoines de Nîmes, du temps que Gibertî écrivait son Histoire de Pernes. (Voy. M. Barjavel, DicU»'' naire biographique de Vaucluse, vol. I. p. 489, note f.) .

Sous la Restauration, il y avait encore à Avignon na M. de fléchier, conseiller de préfecture, qui, en 1830, «^ retira en Italie, où il mourut vers 1842. Dans ces dernières années, vivait encore à Florence une demoiselle de Fléchier: c'était, croyons-nous, la fille du précédent. Elle avait quitl^ la France depuis 1830, avec son père.

En I5C5, paraît-il, la famille de Fléchier obtint des litres de noblesse du cardinal Georges d'Armagnac, co-légal d'Angnon. En IC9G, Innocent Xll confirme le titre deCmle^^ les autres prérogatives honorables à Philippe Fléchier, frère i^

{{} Le mol consul signifiait échevin on Provence et en 1^*"* guecloc. Les cûusuU ou échevins remplissaient les fonctions qu'ei<'rcent les maires aujourd'hui.

{2} Sur la famille de Nobilé, voy. un peu plus loin.

irèque de Nîmes. Giberti, auteur d'une histoire manuscrite Pernes, nous parle de Philippe (feFléchier, Comte palatin. s armes de la famille, nous dit Ducreux, p. XIX, sont : L'argent, chargé d'un arbre de sinople, surmonté d'un 5f de gueule, à trois étoiles d'or ». Plus tard, quand il

devenu évèque, Pléchier n'eut pas d'autres armoiries. Ii^oy. Histoire de la ville de Pemes, par Jean-Julien Giberti, i^teur en médecine, 2 vol. in-folio, manusc. rel. parche- Q, bibliothèque de Carpentras. Nous avons pu tirer queles renseignements utiles de cette Histoire qui fourmille erreurs. Ce Giberti^ né à Pemes, le 9 janvier 1671, mourut

19 septembre 1754. Sa mère, Aldonce Baculard, était sur de Gaspard Baculard que Marguerite Fléchier épousa : était donc neveu par alliance de la sœur de Fléchier. A e titre, les renseignements que Giberti nous donne sur a famille de Fléchier, ont une valeur réelle. La biblioii^ue d'Avignon, Musée Calvetj possède un recueil d'enriron soixante lettres de Fléchier et de quelques membres ie sa famille. Ce recueil paraît avoir été formé par le îocteur Giberti, ou, du moins, provient de sa bibliothèque, somme Tindique l'épigraphe placée sur la couverture intéfieupe : Ex liàris GibeHi. M. l'abbé Delacroix en a publié ^ fragments dans son Histoire de Fléchier^ p. 483. Pinceurs lettres sont adressées, en 1705, à M. Giberti, l'auteur i^Wistoire de Pemes, et à M*"* Giberti. — Ménard : Notice ^ Fléchier. — Ducreux : Discours sur la personne et les '^ritide M. Fléchier; volume I" des Œuvres complètes de Fléchier. — M. l'abbé Delacroix : Histoire de Fléchier, chapitre p^, pass/w. — Dictionnaire historique du département âeVaucluse,par M. Barjavel, 2 volumes in-8% Carpentras, ^i^4l. Voû" dans ce dictionnaire les articles : Baculard, Fié- ^*^'«', Giberti.

C*est sans doulc à roccasion d'Alexis Flécbier, devm plus tard lieulenant-colonel, que Tévëque de Ntmes écrivaï, en 1704, à son autre neveu, Balihazar :

« Je ne m'étois pas attendu, mon cher neveu, à la résolution que votre frère a prise de changer de professioD, et de passer de l'état ecclésiastique, où j'avois toujours cm qu'il s'étoit destiné, à celui de la guerre, où vous me marquez qu'il s'est entièrement déterminé... Ce n'est pas mon intention de le contraindre ni de le retenir sans vocation dans une profession involontaire, quoique sainte. S*il ne se sent iK)int appelé, il ne feroit pas honneur i l'Eglise, il n'y feroit pas son salut. Le service du roi n'a rien de contraire à celui de Dieu. On peut être homme de bien et se sauver dans tous les états, et les principes de piété qu'on lui a inspirés, comme à un ecclésiastique, pourront lui servir quoiqu'il soit homme de guerre.** Cependant je ne labandoimerai pas. Qu'il me mande sa résolution, ses vues, ses besoins, ses espérances. Vous avez pris la meilleure part; servez-lui de frère, d'ami, de guide, et croyez-moi, mon cher neveu, votre onde bien affectionné (1). w

Le 23 novembre 1704, Fléchicr (écrivait directement à son neveu Alexis; sa lettre est empreinte de la môme sagesse et de la môme modération :

Votre frère vous aura montré la lettre où je le cliargeois

(I) Lettre datiMî de Nimos, le 25 octobre 1704. (Œuv, comblât Flf'diitr, vol. X, p. ITT.i

le \ous représenter les difficultés et les inconvénients de ;e changeaient, tant pour la facilité du salut, que pour le repos et pour la commodité de la vie. La crainte que j'avois qu'il n'entrât dans cette espèce de vocation imprévue quelque légèreté d'esprit, quelque vaine espérance, ou quelque considération mondaine, me faisoit quelque peine. Depuis que vous m'avez vous-même mandé que vous avez consulté Dieu, et que vos supérieurs, vos directeurs et vos amis ont approuvé votre dessein, je ne puis en juger autrement ; c'est à vous, à vous bien examiner encore : pour moi, j'aime mieux vous voir bon et pieux guerrier que mauvais ecclésiastique. On peut servir Dieu en servant le roi, et ces deux maîtres ne sont pas incompatibles. Vous savez les dangers qu'il y a dans cette profession, et pour la personne et pour la conscience. Songez aussi que vous n'avez pas de bien pour vous soutenir et vous avancer, comme peut-être vous le pensez, dans cette condition, et que le mien est d'une na- ^e à pouvoir servir à votre nécessité, et non pas à votre ^bition, si elle n'est pas raisonnable (1).

U 1" février i705, il écrit à son neveu Balthazar Fléchier, îul fui archidiacre de Nîmes en 1707 :

Je suis bien aise de voir par vos lettres le plaisir que vous avez d'être dans le séminaire (2), et d'y recueillir les

'^) Œ«i7. compl. de Fléchier, vol. X, p. 181 .

'*iLo séminaire Saiat-Magloire, à Paris. Voyez un peu plus ^"^". l». 28i, la lettre de Fiéciiier à labbé Robert, du 2 août 1704. """^iirle séminaire Saiut-Magloire, dirigé alors par les Ora- ^^'fit-ns, Yoy. plus haut, p. 88 et suiv.

instructions et les exemples qu'on vous y donne. Pnfr quez-y toutes les règles qui y sont prescrites; apprena-y la loi de Dieu et la doctrine saine qu*on y enseigne; affermissez-vous dans le bien, et rendez votre vocation certaine par vos bonnes œuvres ; éclairez la piété par la science, et purifiez la science par la piété... Votre frère m'a écrit que son affaire étoit conclue, qu'on lui donnoit une lieutenance de dragons dans un vieux corps, et qu'il espéroit profiter de la bonté et de la protection de M. de Chamillart (i)... M. l'abbé Robert (2) lui fournira ce qu'il faut pour son petit équipage.

Il me semble qu'il seroit temps que vous prissiez les petits Ordres, et même le premier Ordre sacré, quand il conviendra. Mandez-moi si c'est votre dessein» et croyezmoi, mon cher neveu, tout à vous (3).

Voici maintenant une série de lettres inédites pour la plupart, par lesquelles on pourra juger de la bonté, de la générosité, et de la modestie de Fléchier. Comme l'illustre évéque de Nîmes ne rougissait pas de rappeler à l'un de ses neveux qnU avait peu de bien, il va leur déclarer à tous qu'ils doivent se soumettre à toutes les règles et usay^

(Il Hdirhci i\v Cliamillart, nv on IJ^I. mort à Paris en 1721. .^urcossivemont iiitondaDt do Normandie, maître des requêtes, coutrôleur gfn«'TaI: il rtait s»^civtairo d'Etat au ministère delà gucrro depuis 1701, dont il ^'arda la direction jusqu'en t709.

r^) Lalibo Hoi)ort. «loin il va rtre question dans les lettres qui suivent, était viraire général do Fléchier. Dans la Cormponddticc imprimée do Flécliior, vol. X, se trouvent quelque* lettres adressées à Tablié Robert.

(3i Datée de Montpellier, le [^^ février 1705. (Œuv. coinpli^ Fléchier, vol. X, p. 19*2.)

k collège (1). Nous devons ces lettres à l'obligeance de

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