I. L. de Buzonnière qui nous les a communiquées, comme
[ nous avait communiqué la curieuse correspondance de
léchier avec M"* Des Houlières. Ces lettres sont parfaite-
nent conservées, et sont toutes autographes. Nous avons
Ut» dans notre ouvrage de la Correspondance de Fléchier avec
U^ Des Houlières et sa fille^ page 100, que M. de Buzonnière
avait eu cette précieuse collection de manuscrits, de son
oncle, M. de la Place de Montevray, premier président de la
Cour, à Orléans, collection que celui-ci tenait d*un petit-
Jwwu de Fauteur y alors officier de dragons. Ce petit-neveu
serait-il le fils de celui qui, en 1705, obtenait une lieutenance
<fc iragor^^ et à qui l'abbé Robert devait fournir ce qu'il
faflaitpour son petit équipage?
A Nismes, ce 5 mai 1703.
Vous avez trop de bonté et de reconnoissance, Monteur; c'est le mérite de Monsieur votre frère qui lui a procuré la grâce que le roi lui a faite (2) . Ce choix a été
(1) Fléchier sut s^occuper de ses nombreux parents, de ses ïieveux et nièces, mais sans oublier ce qu'il devait aux pauvres. " ^ Il juillet 1705, il écrit à M°»«» Giberti, mère du docteur Giberti et belle-sœur de Marguerite Fléchier qui avait épousé ^«parrf Baculard : « J'ai six neveux à entretenir dans les innées, dans la marine , dans les collèges, à grands frais. Je ^is à ma dignité, je dois principalement aux pauvres. » (Citée I»rM. A. Delacroix, Histoire de Fléchier, p. 482.)
S) Je vois que, le 20 février 1703, Fléchier écrivait à Tabbé Ro- ^^rtpour lui dire qu'il désirait avoir son frère pour prévôt de * cathédrale : « J'en ai écrit fortement, lui dit-il, au P. de 1* Chaise, et lui ai représenté que le mérite du sujet, la longueur de ses services, la connoissance qu'il a des affaires du •diocèse, le bon ordre de mon chapitre et ma propre consolation
ici généralement approuvé. C'est à moi à vous remerckr des soins que vous voulez bien prendre de mes neveax, de les voir quelquefois, et de me faire part des progrès qu'ils font dans la piété et dans les études (1). Je consois que le philosophe prend quelque goût aux sciences, qu'il s'y affectionne, et qu'il a le courage et l'ambition de vouloir paroltre par les thèses et actes publics. Mais, outre qu'il n'est pas peut-être aussi capable qu'il le pense, il ne convient ni à lui ni à moi de faire les dépenses qu'il faut pour cela (2). 11 n'a qu'à bien étudier, comme s'il devoit soutenir tous les mois des thèses. A la fin du cours, nous verrons s'il sera assez fort pour eslre exposé à la dispute publique. J'ai déjà payé ici 1400 livres à M. Auvilier, que vous aviez reçues de M. Galdi, et j'approuve fort votre économie en un temps où les désordres de nos diocèses nous exposent à de gi'andes aumôoes indispensables... J'apprends que mon neveu le rhétoricîen est mol et paresseux, et qu'il n'estudie pas bien (3). Je vous prie de lui témoigner que je ne suis pas content de lui, que je lui retrancherai ses menus plaisirs, et que je ne l'aimerai plus. Je sms avec beaucoup d'attachement et
mo faisoiont cspéror ot souhaitor qun le roi voulût bien lui faire cotte grâce. » (Œuv. compl. de Fléchier,\o\. X, p. 133.) — La lettre du 5 mai 1703 doit se rapporter au passage précédent — Le prévôt ou doyen était le chef du chaj)itre.
(1) A cette époque, l'abbé Robert était à Paris, pour diverses affaires. (Voy. M. A. Delacroix, Histoire de Flâchier, p. 487.) — On voit par là que les neveux de Fléchier étaient élevés à Paris-
(2) Le bon oncle d/'sifrne sans doute ici les frais d'impressioa causés par ces actes publics.
(3) Le rliétoricien mol et paresseux doit être Alexis Flécliipr, celui qui, en 1704, allait demauderà suivre la carrière des armes.
de rêconrioissance, Monsieur, votre très humble et très (Aéissant serviteur (1).
Esprit, év. de NismeSy Et au bas de la lettre : M. l'âb. Robert.
A Montpellier, ce 13 janvier 1704.
J'ai été bien aise, Monsieur, de recevoir votre dernière lettre, tant parce que j'ai connu que vous étiez guéri de vos incommodités, que parce que j'ai appris par elle des nouvelles de mes neveux, dont je n'en avois pas su depuis assez longtemps. Vous me consolez de m'assurer qu'ils profitent l'jin et l'autre dans les études, et plus encore dans la piété.
L'aisné (2) m'écrivît, il y a quelque temps, qu'outre les dépenses qu'ils falsoient dans le collège, on vouloit encore leur donner, comme philosophes, un inspecteur çt un répétiteur commun, outre le particulier qu'ils ont déjà : ce çii grossiroit encore la pension assez considérablement. Je lui ai su bon gré de sa petite économie, et j'ai bien jugé, comme lui, qu'il falloit un peu ménager l'argent; mais î^près tout, j'ai considéré, moi qui paye, que ce n'est pas nnesi grande affaire que 50 livres pour chacun par an; V'étant dans une pension de collège, il y auroit quelque
(laédite). M. A. Delacroix a publié un court fragment de ^^^ lettre. (Histoire de Fléchier, p. 4«9.) — Tontes ces lettres ^ût entre les mains de M. L. de Buzonnière, à Orléans. i^) Balthazar, sans doute; le philosophe dont Fléchicr parle ^^lisldlettre qui précède.
honte de ne pas faire comme les autres pensionnaires; que M. le proviseur les ayant reçus si honnêtement et â agréablement en ma considération, je désirois, quoi qofil m'en coûtât, qu'il fût satisfait d'eux et de moi. Je voas prie, Monsieur, de raccommoder cela, de ne pas regarder à une petite épargne et de dire de ma part à mes neveox qu'ils soient en repos là-dessus, et qu'ils connoissent par ce que je fais pour eux, que je ne veux rien oublier, ni rien épargner pour leur éducation, afin qu'ils me rendent un jour en science et en vertu ce que je dépense pour eux en argent.
Je souhaite, sur toutes choses, qu'ils se fassent aimer et de leurs compagnons et de leurs mattres, et qu'ils se soumettent à toutes les règles et usages du collège, prières du matin et du soir, visites des supérieurs, solitude des chambres. 11 ne convient pas à des gens sages comme eux de se distinguer, de se singulariser, de se soustraire. J attends que vous aurez la bonté de leur donner ces petits avis, qu'ils les suivront, et que vous me croireï aussi parfaitement que je le suis. Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur (1).
Esprit, év. de Nismes.
VA au bas de la lettre : M. l'ab. Robert.
(1) Gfitte lottro a c^to publi(^e ontiorement par M. l'abbé Del»* croix, p. 187; mais elle montre si bien la nature généreu**» douce et forte, au besoin, de l'évêque de Nîmes, que ûous avons pensé qu'on la lirait avec plaisir.
A Nismes, ce 6 juin 1704.
oeveu, Monsieur, me rend compte de tous les soins is avez eu la bonté d'avoir pour lui durant le cours naladie. Je lui sais bon gré de la reconnoissance 1 a, et je la partage avec lui. Je lui réponds sur !S propositions qu'il me fait au sujet de ses études, suis satisfait, et pour lesquelles je le remets à vos mseils, et à ceux de M"" de Caumartin (1).
avions cru ici la tranquillité rétablie dans la e, par la soumission d'un des principaux chefs atiques (2), mais les autres chefs s étant séparés et sa propre troupe s* étant mutinée, nous avons vu
rompue. Mais il semble qu'aujourd'hui tout se mode. On a à négocier avec des scélérats qui se inspirés de Dieu dans leurs crimes mêmes, et sur \ on ne peut compter, parce qu'ils ne se condui-
par la religion, ni par la raison, mais par des 3S folles et extravagantes. Nous saurons dans peu nous en tenir. Je suis, avec un sincère attachet une véritable reconnoissance. Monsieur, votre ttble et très obéissant serviteur (3) .
Esprit, év. de Nismes.
as : M. l'ab. Robert.
i seconde M™« de Caumartin, Madeleine de Vcrthamon. lus loin, vol. II, le chapitre consacra à M. de Caumartin.) B 17 mai 1704, entre Cavalier, « l'un des principaux chefs aliquos », et lo maréchal de Yillars, avait eu lieu, à Nîmes, itrevue pour arriver à un arrangement qui se fit. (Voy. A. 'oix, Hiitoire de Fléchier, p. 586 et suiv.) ^ttrc inédite.
A Nismes, ce ï loùt 1704.
J'ai reçu vos deux dernières lettres. Monsieur, an sujet de mes neveux. L*ainé apparemment esta la fm desoD cours, et a pris le degré de maître es arts (1). Puisqœ vous jugez, vous et M"' de Caumartin, que le séminairede Saint-Magloire lui convient pour son avancement i b piété et pour le progrès de ses études théologiques, ^ que d'ailleurs le R. P. Fouquet, qui en est le supéri^i veut bien avoir la bonté de l'y recevoir et d'en prefldn même quelques petits soins en ma considération, je tous prie de vouloir bien le lui présenter et l'y établir. J'auni soin de lui recommander la sagesse et la docilité, et de remercier ses directeurs. Pour le cadet. Monsieur, voob verrez s'il profite dans son collège (2). L'offre que le R. P. Supérieur nous a faite de le recevoir, quoiqaoa n'ait pas accoutumé de recevoir les philosophes, est trop obligeante. Il n'est pas juste, et je ne dois pas le prétendre, qu'on passe pour moi par-dessus les règles ordinaires. - Vous arrangerez cela, s'il vous plaît, avec M"" de Caumartin.
J'ai rcru la procuration pour les chapelles, et payé SOO livres à MM. Auvilier, reçues de M. Galdi. Nos fanaticiucs sont aussi obstinés que jamais. Dieu veuille
(1) « Cfradiié dos anciennes universités, qui pouvait, à lasnita d'ôpreuvos soiitenucïs avec succès, enseigner les humanités et la philosophie. Le mot arts était synonyme de lettres dans l'organisation primitive des universités. » (M. Ghérucl, Dictionndn^ historique de^ institutions de la France, article : Maitbe es ABras-, p. 716.)
(2) Ce cadet doit être le futur lieutenant de» dragons.
les convertir ou, du moins, les adoucir! Je suis très parfaitement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur (1).
Esprit, ev. de Nismes.
A Nismes, ce 23 novembre 1704.
f ai reçu vos deux lettres du 10 et du 13 de ce mois.
Monsieur; la première regarde mes neveux, la bonne
disposition de l'aîné pour la piété et pour les études, ce
qui me fait un grand plaisir; et le dégoût qu'a pris le
i cadet pour l'état ecclésiastique auquel il sembloit s*être
destiné, ce qui me fait quelque peine. Je ne doute pas que
^ous ne lui ayez représenté tous les inconvénients de ce
changement. Après quoi, s'il persiste, comme je vois qu'il
f^t par la déclaration qu'il m'en écrit, je ne crois pas
qu'il faille s'opposer à son dessein. Il me mande qu'il a
'r consulté ses supérieurs, ses directeurs, ses amis, Dieu sur
toutes choses, dont il pense connoîtl-e la volonté. Occupé
de cette résolution militaire, il n'est point en état de
^ profiter de ses études, et je ne crois pas à propos de le
{ laisser plus longtemps dans cette vocation forcée après la
> fin de son quartier, le 26 décembre. Je vous prie de voir
^vec lui ce qu'il prétend, ce qu'on lui a promis, et ce
qu'il espère de moi, et de lui faire entendre qu'il n'a point
^ebieo, et que le mien n'est pas d'une nature à favoriser
(Il ilnédite). Lettre sans adresse; mais le sujet traité indique ^'^'elle était destinée à Tabbé Robert.
son ambition. Après cela, vous aurez la bonté de me marquer le détail et votre sentiment.
Votre seconde lettre me fait part d'une élégie de M. Nadal, sur la mort du jeune marquis d'Etampes, toi à la bataille d*Hoschtet (1). Je Ta! lue avec tristesse et avec plaisir ; les sentiments tendres, les expressions noUeSi les images de guerre, les objets de douleur et de pitié f ,
sont très bien dispensés. On y déplore le malheur da wuquis, et Ton y reconnoit le bon cœur de l'auteur, h ne puis entrer dans un plus grand détail. Je remeicii M. Nadal, et suis parfaitement, Monsieur, votre trèi humble et très obéissant serviteur (2).
EsPRrr, év. de Ni$me$^
Voici la notice que Gibcrti, dans son Hittoire de l^^ de PerneSy a consacrée à deux neveux de Flécbier, le pUbsophe et le rhétoricien, dont il a été question dans les leltresi Tabbé Robert. Giberti ne nous dit pas ce que devinrent to
(1) L'abbé Nadal, « pot^te médiocre et prosateur ampoule' naquit on lOOi, à Poitiers, où il mourut en 1740.11 avait» précepteur dans la maison du marquis d'Etampes, capitaine * gardes de Monsieur, frère du roi. Eu 170G, il fut élu membre* rAcadéniio des Inscriptions et Belles-Lettres. Uélégie dont p»* Fiecliior dut être composée à l'occasion de la mort de l'^n^ élève de l'autour. (Voy. Titon du Tillet, Parnasse français ;^^ Nouvelle biographie générale, article Nadal. — La bataille d™*^ chstcdt fut livrée, le 3 août 170i, par Mal borough contre ^ maréchaux «le ïallard et Marsin. Voltaire, daus le 5^*^ Louis XIV, ch. XIX, a tracé l'émouvant tableau de la défaite 4** nos troupes essuyèrent à cette époque.
(2) Lettre inédite.
leveux que Fléchier entretenait, en 1705, dans les arms la marine, dans les collèges.
ilthazar-Aniotne de Fléchier, fils à feu noble Phi- B Fléchier, comte palatin, et à feu D. Elisabeth de et neveu de l'éloquent évêque de Nismes, est icre de l'Église de la même ville, depuis environ 07 (1). Il fut fait vicaire général du diocèse, en »ar son Chapitre, à la mort de Mgr César-Jean de jière, son évêque. Il est docteur de Sorbonne, et ^rite distingué par sa science et par son éloquence, li avons l'obligation d'avoir donné au public les posthumes de M. de Nismes, son oncle (2). »
?xis de Fléchier, autre neveu de l'illustre évêque les de ce nom, qui étoit major dans le régiment l-général des dragons, et chevalier de Tordre ; militaire de Saint-Louis, honneur qu'il s'est proir ses services, avec brevet de lieutenant colonel, le mois de juin de l'an 1745 ; et en 1746, le roi lui & le commandement de la ville et fort de Lorient, i mer de Bretagne (3). »
u dix-septième siècle, comme aujourd'hui, les fonctions hidiacres n'étaient pas les mêmes dans tous les diocèses. • uu officier ecclésiastique, qui est le vicaire de Tarcheou de Tévêque, et qui va visiter les cures du diocèse ^t archidiacre. » (Nouveau dictionnaire françois, par Rit;îvol. in-K Rouen, 4719.) amusent de la hihl. de Garpentras, p. 319. ^ème manuscrit, p. 320.
En 1708, Fléchier marie une de ses nièces, CharlaUt de Baculard, fille de Marguerite Fléchier, avec ua M. Picbony. Le 1" avril 1708, le prélat écrit à celui-ci :
J'ai été fort aise, Monsieur, d'apprendre par ymmôme la satisfaction que vous avez de votre mariage avec ma nièce de Baculard. Je vous l'ai remise avec plaisir, persuadé qu'elle ne sauroit qu'être heureuse avec
vous (1).
Deux autres de ses nièces, sœurs de Charlotte de Baealard, se firent religieuses. En 1702, Fléchier écrit :
J'ai été bien aise d'apprendre, mes chèms nièces, que vous êtes consacrées à Dieu, que vous l'avez fait avec dévotion et de bonne grâce, et que vous avez donné toutes les marques d'une bonne et sincère vocation. Reconnoissez bien la grâce que le Seigneur vous a faite, rendez-lui en de continuelles actions de grâces, et goùteibien le plaisir et le bonheur qu'il y a d'être à lui, et de le senir loin des inquiétudes et des dangers du monde, dans la compagnie de tant de saintes fdles dont les vertus et les bons exemples sont des leçons vivantes de religion et de piété (2).
Le 3 février 1702, il écrit de Nîmes :
On ne peut être plus ponctuel que vous Têtes, Monsieur. J'ai le Mercure^ par vos soins, une heure aprèsqu"
(1) Lottro inédite, citée par M Delacroix, Jlisloire de Flêf^^* ]). iSO.
(2) Œuvr. compl. de Fléchier, vol. X, p. H4.
é, et il ne tient pas à votre diligence que ma ne soit promptement et pleinement satisfaite, ivez fait d'abord un grand plaisir de m' annoncer du P. Colonia, avec M. le Prévost de Cabanes, ilvador et vous. J'ai cru que vous alliez partir, lemain pour le plus tard je verrois aborder ici )elie et si aimable compagnie (1). Mais je vois L attendre jusqu'à l'automne. Vous pourriez bien • ce temps, et venir passer quelques jours de carec nous.
is bien souhaité que vous eussiez un peu aidé é de Nobilé pour la cérémonie de la profession de mes nièces; mais j'ai appréhendé que vos le vous le permissent pas. J'envoye M. Bégault rchevêque (2), et suis de tout mon cœur, Montre très humble et très obéissant serviteur.
îr perdit de bonne heure sa mère, Marguerite , sœur du P. Hercule Audiffret dont nous avons :e 75 et suiv. Il était alors à Draguignan, professeur le au collège des Doctrinaires. Fléchier écrit à sa ûSj religieuse de Sainte-Glaire, à Béziers, à Tocca-
ettre est sans adresse; mais ce passage prouve que la à laquelle Fléchier écrivait do Nîmes n'était pas fort Nous pensous qu'il écrit ici à M. Benoît, auditeur de vigQon. Dans la correspondance imprimée, bon nombre lui sont adressées.
bbé Bépjault était secrétaire de Fléchier, membre de lie du Gard, et orateur do mérite. (Voy. M. Delacroix, Fléchier, p. 43G et 44i; Biographie universelle de Michaud, (au/(; Goujet, Bibl. françolsc.) — M, r Archevêque doit r VArchevéque d'Avignon. — Gette lettre est inédite ?anie de la collection de M. de Valfons.
5:on de la mort d«? >i i'ts AMonj? mtèrt^ dont il loue laterh et /es Ufnuxùctft df f^imet. Leilrt datée de Draguignan, k 14 août IG53. /Eurm e^mptaa 4e Fiédkier, vol. X, p. «7.)
DaL^ !a cûrr«<ponianoe iaprimée de Tévéque de Mmes, nous n'avons rien trouvé sar !a mort de son père.
Son frère PAiUppe mourat vers !70l. Fléchier écrit i k Sopérieure des Crsolines ùe S^nr.mîères :
J'ai ress^nd comme je devoîs b mort d'un frère que j'aim>I<. e: qui a\vh {>:**jr m«?î. non seulement toote ramiû*}, mais encore toute b dèrèreDce que je pouTOB s->uhai:vr. Il a\oi; ce b probité et de la vertu, et k rais«?n m'unissoli auunt à îui que le sang et la natore. Le besoin qu'en a\Oâi encore une nombreuse et jeoiK famille, me faisolt désirer que Dieu voulût prolonger ses jours 1 . H éioi: revenu plusieurs fois des portes de k mort par une espèce de miracle, il meurt assez prompte ment. Il faut se s«>;:ine;u^ à b volonté du Seigneur et se confier à sa pr:'\liea:e. Nos douleurs, quoique justes, uoi\enî toujours è;re moiérves; chaque chrétien sa\ oir tirer du fonds i?e sa religion les consolations (p lui sont propres, et un évè-que d«>ii savoir se dire à loi' m»' me ce que sn iiiliilstere reiîCîire de dire aux autres « -ans ce< tiisio-^ «x'Oàsions ou il faut relever le cœur rf le ramener à Dieu, qui mortifie et \i\iiîc quand il W i pia.i» — . . •
♦ :aio:il ou^vr^? av. c ."."«iv \\y., uc jvu plus baul, les ietlre*^ •2^ Unr.' lîartv Jo N.2.:<. le o avril 1701. Œurr. c^''
9n trouve d'autres lettres sur le môme sujet dans la rrespondance imprimée : lettre du 16 avril 1701, à M. Bell, auditeur de Rote, à Avignon (vol. X, p. 103); lettre
12 mai 1701 , au P. Vignes, religieux doctrinaire. Nous ne savons Tépoque précise de la mort de la sœur
Fléchier, abbesse du couvent de Sainte-Claire, à Béziers; pendant, il en est fait mention dans les lettres de l'évêque ï Nîmes. Celui-ci écrit à un chanoine de Nîmes, M. Novi :
Je vous remercie, Monsieur, de la part que vous avez rise à ma douleur dans la perte que j'ai faite de ma œur. Quoique sa piété et sa persévérance jusqu'à la fin, lans les observances d'une règle austère, me donnent tontes les espérances que je puis souhaiter de son salut, je perds une consolation que j'avois, et je me plains moi- Daème plus qu'elle (1)...
(1) Lettre datée de Narbonne, le 22 novembre, sans indication d'année; vol. X, p. 365. — Dans une lettre eu date du 29 octobre 1700. (Voy. cette lettre, p. 314.) Fléchier écrit à M. de Nobilé : « M. Novi, le chanoine, vient de mourir,,. » Go passage ûous prouve que la mort de la sœur Agnès n'est pas postérieure au 29 octobre 1700. D'autre part, M. Delacroix, Histoire ^ Fléchier, p. 468, cite une lettre de la sœur Agnès à mademoiselle iiBaculard de Fléchier, à la date du l»*" janvier 1692 : ce qui çronve que la sœur Agnès vivait encore à cette époque. Elle «erait donc morte entre 1692 et 1700. — Ducreux, vol. X, p. 279, donne une lettre de Fléchier à la sœur Agnès, datée du \H jan- ^«^1708; mais cette date est évidemment fausse. « Je vois dans le cours de cette nouvelle année, lui dit-il, un jour heureux qui ïûettra le sceau à votre vocation, et consommera votre sacrifice. ^ousne vivrez plus que pour Dieu, et vous ne compterez plus que MT les années éternelles. » Il est manifeste que la sœur Agnès ^ ^ Croii, religieuse de Sainte-Glaire, à Béziers, en 1653, û'avaii pas attendu l'année 1708 pour faire ses vœux.
L\iatre sœur de Fléchier, Marguerite^ mariée à Giupù Baculard, mourut dans le mois d*avril 1705. A roecasi de la mort de sa sœur, il écrit au docteur Giberli :
J'y suis d'autant plus sensible que c'étoit Tunique sœ qui me restoit (1)...
il écrivait à M. Baculard, son beau-frère :
J'ai été sensiblement touché. Monsieur, de la mort i ma sœur, comme vous l'avez été sans doute de vol épouse. Il faut nous affliger ensemble de notre pert et nous consoler ensemble par la soumission que no devons aux ordres de Dieu, qui a compté nos jours, qui nous appelle à lui quand il lui plaît (2)...
Le beau-frère de Flécliier, Gaspard Baculard, mourntp de temps après sa femme, vers le mois de décembre l'Oi
Je vous plains, ma chère nièce, écrit Fléchier à Cha lotte de Baculard, et je vous loue de rendre vos devoi à M. votre père, dans l'extrémité où il est. Je vousenvc vingt louis d'or (3)...
(1) Datée de Ximos, le 20 avril 1705; iaédito, et cii«'<* 1 M. A. Delacroix, Hist. de Fléchier. p. AS\,
(2) Lettre inédite, citée j)ar M. Delacroix, ibid., p. 4S4.
(3) A mademoiselle Charlotte de Baculard; de Nîmes. ^ rembre 1705. Bibl. d'Avignon; lettre inédite, citée par M. *^ croix, ibid., p. 483.
Charlotte répondit :
Mon cher oncle, je vous remercie de la bonté que ^ou5 avez eue de m'envoyer votre présent, qui m'est renu fort à propos... Vous aurez sans doute appris la nort de mon bon père; je vous supplie de vouloir bien DQ*ea servir, et à mes sœurs aussi (1 ) . . .
Nous ne trouvons rien nulle part sur l'époque où mourureut les autres parents de Fléchier : Antoine- Balthazar Fléchier, qui fut archidiacre de Nîmes en 1707, et vicaire général en 1736; il/ex/s Fléchier, lieutenant-colonel en 1745; Charlotie Baculard, mariée avec un M. Pichony en 1708. On ne trouve à ce sujet aucun renseignement, ni dans la notice de Ménard sur Fléchier, ni dans le Dictionnaire de M. Barjavel, ni dans Giberti, Histoire de Perncs.
Nous avons dit plus haut, p. 274, qu'un petit-neveu de Fléchier est mort en Italie vers 1842.
laêdite, citée encore par M. Delacroix, ibid., p. 483, mais Wtts indicatiou d'année.
n LETTRES INÉDITES DE l'hOMME D*ÂFFAIRES DE LA FAMILLE DE FLÉGHIER. (Voy. p. 22.)
; deux lettres sont fort curieuses. Elles nous apprenque Fléchier était à Paris avec son frère Philippe, ce cadet dont nous parle Ménard, avec lequel il avait été é autrefois à Farascofi, et mis en pension chez l'avocat et, pour suivre de là les cours du collège des Pères de clrine chrétienne (i). De plus, nous y voyons que le qui était resté à Pernes, Michel sans doute, adminisnssez mal le bien des absents. C'est de cette négligence 5 siew' Perrouquet, un homme d'affaires probablement, lint avec une certaine vivacité. On ne comprend pas nrs ce qu'il veut dire; mais, en plus d'un endroit, il ne [ue ni de verve ni d'esprit, scription de la lettre :
feunier^ médecin chirurgien dans la rue Dauphine^ à CEscu de France^ pour M. Fléchier (2) ,
à Paris.
De Pernes, ce 29 août 1674.
Monsieur,
t je n'étois persuadé que vous avez infiniment de ^rit, je ne sais ce que je serois obligé d'en croire : ou
• Voy. Méuard, Notice sur Fléchier) M. Delacroix, p. 7.
^ I>étail à noter ; ces deux lettres que nous possédons en
si c'est Tair de Paris, ou que je manque d*uDe chose doDt je vous accuse, en ne m*expliquant pas assez bien dans les miennes. C'est assurément ce que je connois être plus certain.
Partant, je vous dirai pour l*empiiint fait de M. de Benoit . T, que bien loin de faire une liquidation de votre part avec monsieur vostre frère, il toucheia à lui de la faire avec nous, et que si vous vouliez, vous lui feriez paver la moitié de la pension et du capital. Mais, comme vous et moy savons que Targeut, pour la plus grande partie, a été emprunté pour vous, la raison veut que vous supportiez entièrement la pension. Mais aussi, parce que nous n aurions pas emprunté une si grosse somme, si vostre frère vous eust payé, il est juste que lui supporte de la dite pension pour la somme qu'il vous doit jusques qu'il vous ait payé ; et c'est comme si vjdus aviez emprunté seul les •200 escus, et que vous lui en eussiez en après passé garantie. Jugez s'il y a grande lic|uidation à faire! Eufm,
oriuMiial. porlont !•• s»\-»au tlo la famille do Fii'chior : (TargenL chnnjé d'un nrbr*: •/.• ^ino/tU\ yur/nnnitr iTun chef de tjneide, à Irot^ ^t'jife> d'or. Ce«û prouverait qu»^ dès ItiTi, date «les «leux iettn*^; la famille «le Fl»*chiiT ot-ciipait mi ramr assez distingué daus Itî Comtat. iyailleur>. à «v'tle ejM)t[in'. FK'-liier était déjà un per?^f^' Hfif/e, jjuiMju'il et. lit depuis JtWW lvot»'iir du Dauphin. — ^ M.FUrliifsr tluut il ••>t qut'slinri iei. rre>L pa< le futur évèque "'' Nîmes, puisfjue iN'rrnii.pict pari»' il»* 3/. l'nUhê daus sa letiro. ^^^ Mij»pose que cMfe It'tfn* ••tait adressée à Philippe, qui épou^i* dans la suite Eli^nbeth d-^ Nobilé.
ili Ou trouve, dans la Corre<p'>wianee de Flérhier, vol. ^^' bon nombre de bMtres ailresséc's à M. H'Mioit, auditeur de Rf^^^^ il s'aiiit iei éviiliMumr'ut mu «le lui. ou de quelqu'un de sa famd*<^- Ij! Dictvmnmre hio'jrnph.'ine du département de VauclusP ^^ donne aucun renseignenn'ut sur cette famille de Jienoit.
vous n'en aurez aucune peine, et je mettray les choses en estât que lui en souffrira plus que vous.
Au reste, vous devez connoistre Thumeur du personnage. Il me le faut conduire comme un horologe ; et j'en tire assurément de l'humeur, qui est tout ce qu'il peut s'en tirer. Et, sans vanité, si je n'avois pas assez de flegme pour souffrir ses petits défauts, nous serions mal ensemble, et vous seriez obligé d'avoir beaucoup de peine, ou de mettre en désordre votre maison. Car, quelle peine croyez-vous qu'il m'a donnée pour l'obliger ^ dresser le collet pour cet emprunt que je ne pouvois faire sans luy, puisque vous n'aviez pas de fonds de terre ! vous ne le sauriez croire. Il a une certaine vanité, qu'il veut passer pour avoir de Targent en bourse. Et, en effet, quand je payai M. de Saint -Jean, il me pria de lui bailler 40 ^scus, et luy porta avec moy au dit sieur de Saint-Jean comme s'il m'eust payé. De sorte que je passe avec luy le niieux que je peux pour l'amour de monsieur votre frère (1) et vous, et pour maintenir les affaires de vostre maison dans le bon estât qu'elles sont.
Pour le pré, si vous le gardez, je vous conseille de le vendre, car vous y gagneriez 50 escus ; et en le gardant, il ne vous rendra pas la pension des 350 escus. Car, ou du mayen ou du roïbre (2), je n'en ai retiré que 7 livres
il) Il désigne ici Fléchier. — Le passage où Perrouqucl parle ^^^^ntUat des affaires de la maison, prouverait que la famille de tlfichier avait uno certaine aisance.
',-) Le mayen est le foin coupé au mois de mai, le plus ahoii- 'lani et le plus beau. Le roïbre, c'est le regain, c'est-à-dire la seconde coupe, en octobre.
30 sols du mayen, et 6 livres 30 sols du roïbre, et encore à crédit, à Saint-Michel.
Je vous mande 150 livres, dont j'en ai retiré enviroa nouante une de M"*** de la Costière, et le l'esté de M. Règue ou des hoirs (1) de Bernard. On ne peut rien retirer des débiteurs. M. le chevalier de Saint-Jean m'a prié fort insr tamment d'attendre sa sœur jusques à la Toussaint, et me manda, dimanche dernier du 26 courant, huit pistoles(2). J'ay bien quelques écus patars (3), mais leur change est si gros, qu'il faut attendre quelque peu. Et cependant, quand j'auray d'argent gros à mon propre, je prendray de patars, et mettray le bel argent, et ne vous coustera pas tant; car, comme vous savez, il y a différence, quand vous voulez d'un changeur de belle monnoie, ou que luy en baillez à luy. Pour conclusion, je fais tout ce que je puis, et mieux que pour moy. Monsieur, car je n'ay pas la patience d'être si ménager.
Pour mes lettres, pourvu que je les aye entre ici et le mois de décembre, je suis content, s'il ne falloit que 20 livres pour la confirmation de celles de mon oncle, faites-le-moy savoir, et je vous feray venir bien viste les dites 20 livres, et encore 21, s'il est besoin, pour celles contre Courbet ; ils ont cousté 54 livres. Si vous ne pouvez
faire confirmer les autres, je vous en manderay une copie (le celles dudit (lourbet, ou de celles de M. Limojon, qi^* sont semblables.
(1) Hoirs, J initier s.
(î) (f Pistole, piôco d'or qui n'est pas battue au coin de Fraace, et qui vaut onzi» livres ot (juolquos sous. » (Dictionn. dcRicbelcl-
(.S) « Patard, espèce do mounoie qui vaut un sou. t (Diction^de Richclet.)
Je vous remercie de vos nouvelles. Au désir, à la forte
persuasion du' sieur Denis Sohon, je vous fais savoir la
mort de vostre filleul. Je n'ay rien de nouveau de ce pays
à vous faire participant. Mes saluts, s'il vous plaist, à
M. l'abbé, vostre frère, et à M. de Ventabren (1), s'il y
est encore, et croyez que je suis plus que personne votre
Perrouquet.
M, Fléchier^ à la rue Neiive-Saint-Louis (2), auprès du Palais^ à [enseigne de la Paix^
à Paris.
De Pernes, ce 21 décembre 1674.
Monsieur,
k ne doute pas que vous n'ayez sujet de vous plaindre de moy et du long retardement que je fais à vous mander d'argent. Mais je crois que vous excuserez ce retardement et recevrez avec patience et sans inquiétude le peu d'argent ^ue je vous envoyé, quand je vous assureray que je n'ay
il) Un membre de la famille de Quiqueran de Beaujeu Veu- ^^î»ren. (Voir M. Barjavel, Dictionnaire historique an département ^<'^aucl^se, article : Quiqueran.)
''*! <^ette rue aboutissait au pont Saint-Michel et au quai des Orfèvres. On commenra à Touvrir sous le règne de Henri IV^ pour faciliter la communication avec le Pont-Neuf. On l'appela "abord la rue Neuve, ensuite la rue Neuve-Saint-F^ouis. (Jaillot, "Pc/ierc/iex sur la ville de Paris, quartier de la Gitt3, p. 75). — Du ^-^août au 21 décembre i67i, les deux lettres n'ont pas la même adresse.
pu recouvrer un seul denier de vos débiteurs, m'ayant tous manqué de parole. Car M. le Chevalier de Saiot-Jean, après m'avoir fait attendre de jour à autre mon payement de la partie restante de la dette de sa sœur, je me sui* trouvé frustré de cette partie, après avoir attendu jusquesi la veille et dilayé (1) de vous envoyer la mesme somme que je vous mande, croyant de vous en faire tenir davantage.
Votre fière n'a pu me donner un soûl, parce qu'il a en. des affaires, et n'a pu vendre seulement un quintal de foin. M. Fayar m'a toujoui*s promis et n'a rien tenu. L^ rentier de la maison a été malade, et n'a pu payer. Ite sorte, que je me suis trouvé dans une confusion, à ne m'eii déguiser, fort grande. Tout le recours que j'ay eu, c'est à une partie des rentes qu'on m'a payées. Avec quelques escus que j'avois de reste de vos deniers, et les miens que j'ay pu, je vous ay fait 100 livres. Je ne vous dis pas ceci afin que vous m'ayez obligation, ny par reproche, mais seulement pour vous représenter la misère où une per-
sonne est réduite présentement. Je feray tout mon possible pour en recouvrer davantage, et vous en mander le plus tôt que je pourray. Car, j'ay plus de passion de vous satisfaire que vous ne sauriez vous figurer ; mais avec zèle, sans dissimulation, ains de tout mon cœur, et avec sincérité; de (|uoy je vous conjure pour la dernièi'C foi^ (|uo je vous (liray semblable chose d'estre persuadé. Vostre frère doit finir l'affaire de M. de Cheillus(2)dans
(1 ) Diffrn''; oxprcssiiMi voillio An tomps mi'me do Ilichelel, 1'^^' vl) 8iir la famille de Chet/liLs, voir Dictiounairc hùto/ique ""
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s festes. Il aura d'argent, et m'a promis de me le bailler. ! vous avois parlé de vostre maison de Carpentras ; mais ms n'avons pas esté d'accord. Car je voulois d'argent niptant, et on n'en vouloit donner qu'une partie. Je udrois porter vostre frère à me céder un capital de > escus pour reste de ce qu'il vous doit. Je ne sais si vous trouverez bon ; et je rendrois en après ce capital. \ostre pré vous rendra cette année 18 escus. Il est vray l'il faut rabattre environ 30 sous pour l'arrosage, aie 17 écus et demy. De sorte que vous perdez le change a ne partie, car vous devez avoir deux tiers en grosse >iin()ie, et un tiers en patars de vostre frère, et les ites des prés ne sont que moitié un, moitié autre, année prochaine, nous ven'ons ce qu'il rendra. Monsieur l'abbé, vostre frère, escrivit dernièrement le lettre fort désobligeante à vostre frère, suite de la ienne (1). Vous me permettrez bien de vous dire que je ►us disoîs que si vous trouviez que cette lettre ne fust « à propos, de ne la bailler point. Car, cela est fâcheux, iJe raoy qui n'ay autre passion que pour l'avancement e votre famille, et pour conseiTer l'union et concorde, et intelligence entre vous autres, sois si malheureux que l'y semer le désordre. Car il croit que j'ay escrit à monsieur vostre frère quelque chose de luy fort désobligeant, le crois que vous avez vu mon intention, et qu'au bout du compte je ne pense pas qu'il n'y auroit pas eu grand
^^'partement de Vauclusc. — Giberti, Histoire de Pernes, manuscrit de Carpentras.
'^) Perrouquet s'iHait plaint, jjIus haut, de P humeur du per.^on^ ^9', ei avait dit qu'il était oblige de le conduire comme un horo*
mal, quand vous auriei avant concerné (1) ensemble et résolu si vous eussiez jugé à propos qu'il se fust marié, et comment, afm que vous n'eussiez pas eu sujet de le blasmer. Voilà toute mon intention et la sienne. Ce n^est pas l'envie qu'il a de se marier, qui m'obligemt à lui escrire cette lettre, car il n'en a du tout point, conmie vous savez. Ce que j'en faisois, c'estoit pour voir ses affaires en esUt, si vous autres le trouviez bon. Monsieur vostre frère luy escrit fort indifféremment sur cela, et luy reproche qu'il n'a pas pris ses mesures, quand il a marié vostre sœur (2) et beaucoup d'autres choses très indifféremment. Je fioiSt car... (quelques mots illisibles).
Perrodquet.
(1) Il veut dire concerté, mot qui, à cette époque, avait un sens actif.
(2) Marguerite Fléchicr, mariée à Gaspard Baculard.
EXTRAIT d'un PASSAGE DES DISCOURS ACADÉMIQUES ET ORATOIRES DE RICHESOURCE. (Voy. p. 28.)
Voici un passage bien réjouissant; c'est le sublime du limatias et de la vanité, et qui nous fait connaître à fond lui que d' Alembert appelle avec raison un misérable rhéteur.
Comme ces conférences, dit-il, sont publiques pour tous îux qui s'y peuvent trouver, et puisque Ton y parle sur >utes sortes de sujets, ou suivant les maximes de la phi- >sophie, en suivant les préceptes de la rhétorique. Ton ^ peut douter qu'elles ne soient très propres pour îxercer toutes les personnes qui ont de l'esprit et qui se ?l^ent aux belles choses,
I. Ceux qui ne se conduisent que par les simples Insères de l'imagination, y admirent ce qu'ils ne sauroient exprimer, et ce qu'ils ne comprennent pas parfaitement.
ïl- Ceux qui n'ont pas encore acquis toutes les connois-
^Qces dont ils se sentent capables, y apprennent facile-
^^% par la vive voix, ce qu'ils ne pourroient apprendre
H^c très difficilement par leur méditation et leur lecture.
^''- Ceux qui sont déjà pai^venus jusqu'aux plus belles
connoissances, y peuvent acquérir la hardiesse et la facilité de parler en public (ou dans les chaires, ou dans le barreau, ou dans les autres assemblées) qu'ils n'ont pas acquise dans, les collèges, où ils ne déclament, le plus souvent, que les pièces qu'ils n'ont pas composées, ni dans quelques autres assemblées, oix ils écoutent toujours et où ils ne parlent jamais.
IV. Les plus parfaits dans toutes sortes de connoissances honnêtes y peuvent exercer toutes les habitudes de l'esprit, et même, par leur propre usage, ils peuvent encore les rendre beaucoup plus parfaites.
V. Les plus avancés en âge s'y peuvent rafraîchir la mémoire des choses qu'ils ont apprises en leur temps; ils peuvent aussi renouveler les idées de toutes les belles choses qu'ils ont conçues dans les agréables moments de la jeunesse.
VL Les véritables logiciens qui se délectent dans le plus parfait usage de l'esprit, qui consiste dans le parfait raisonnement, y découvrent la vivacité de l'imagination dans les promptes réparties, la présence du jugement dans le juste discernement des pensées, et la force de la démonstration dans les réponses convaincantes.
Vil. Les plus habiles dialecticiens y voient la multitude des pensées sur un même sujet, et la diversité des raisons qui sont propres pour les matières problématiques et pour les questions oratoires.
VIII. Les orateurs les plus achevés et les plus éloquents y remarquent l'admirable mélange des raisonnements p^ la délicatesse des transitions, et l'agréable ornement des pensées par la diversité des figures.
. Ceux qui se plaisent à Thistoire, y aperçoivent tout le l'antiquité a de plus beau et tout ce que les prots les plus éloignées ont de plus rare et de plus