MAJESTÉ JEUNE
FAr,RIC\NT d'eau DE SELTZ
« Sur tous les siphons de la fabrique, sur les bmtte-
reaux, les tètes de lettres, s'étalent ainsi et resplendissent les vieilles armes des Nesmond.
« Après le portail, c'est la cour, une large cour, aérée
et claire, qui, dans le jour, en s'ouvrant, fait de la lumière
à toute la rue. Au fond de la cour, une grande bâtisse
très ancienne, dej murailles noires, brodées, ouvragées;
des balcons de fer arrondis, des balcons de pierre h
pilastres; d'immenses fenêtres très hautes, surmontées
de frontons, de chapiteaux qui s'élèvent aux derniers
étages comme autant de petits toits ; et enfin sur le faite,
au milieu des ardoises, les lucarnes des mansardes,
fondes, coquettes, encadrées de guirlandes comme des
miroirs ; avec cela, un grand perron de pierre, rongé et
yretdi par la pluie, une vigne maigre qui s'accroche aux
murs, aussi noire, aussi tordue que la corde qui se
balance là-haut à la poulie du grenier, je ne sais quel
grand air de vétusté et de tristesse... C'est l'ancien
hfttel de Nesmond. » Mais, les mots : Caisse^ maga--
m, entrée des ateliers; les camions des chemins de
fer qui ébranlent le portail ; ot les commis qui s'avancent
»u perron, la plume à l'oreille, pour recevoir les marchan-
^868 », tout ce mouvement, toute cette agitation et tout
ce bruit, avertissent qu'on n'est plus que dans l'ofScine
d'im gros marchand (1).
C'est dans cet hôtel Gaumartin, rue Sainte-Avoye, que ^ut venir assez souvent M"' de Scudéry, dont le talent ^t les écrits étaient si fort du goût des maîtres du
(1) Voy. Contes [choisis, par Alphonse Daudet : Un réveillon ^Uns le Marais; 1 vol. in-32. Paris, Charpentier, 1881.
togis (1). Là, vinrent aussi quelques«unes des meilleureg amies de Fléchier : M"^ de la Vigne, que nous avons déjà rencontrée au Samedi^ et qui ne devait pas demeurer à une grande distance ; M"''' Des Houliëres et sa duu^ mante fille, qui avant d'aller demeurer dans le quartier Saint-Roch, rue de la Sourdière, habitèrent iongtanps tout près de Thôtel de Caumartin, rue de V Homme Ami. tf Gomme je n*eus pas le temps de vous parler cte vous, écrit Fléchier à M"^ Des Houlières, je me récom* pensai & parler de vous chez M'"^ de Caumartin. Votre éloge s'y fit, et je ne fus pas fâché qu'on remarquât que j'aimois â vous louer. Je me distinguerai toujours m peu des autres, quand j'aurai à traiter de pareils sujets. Au reste, cette dame est chai mée de vous ; elle vous trouve toute à son gré, sinon que vous lui paroisses un peu moins accessible qu'elle n'auroit souhaité pour sa satî»* faction. Elle ne regarde pas cela comme un défaut en vous, mais comme un malheur pour elle; et, au hasard de ne pas vous trouver toujours, elle a résolu de vous chercher très souvent. Les excuses que vous lui fîtes de ce que vous n'aviez pas reçu sa dernière visite lui tieBnent au cœur ; elle soupçonne qu'on vous ait dit qu'elle s'en étoit plainte, et se sait mauvais gré de ne pas vous avoir répondu assez obligeanunent sur ce point. Je suis chargé de vous faire ses protestations, et de vous assurer de l'estime qu'elle a pour vous (2). »
(1) M"« de Scudéry habitait à une légère distance de Thôtel de Caumartin, puisque sa maison se trouvait rue de Beauce.
(2) Voy. Correspondance de Fléchier avec if"»« Des HouUèm tl sa fille, p. 112.
La plus aimable, la plus spirituelle, la plus illustre risiteuse fut sans contredit M"' de Sévigné, fort liée avec A famille de Caumartin, et qui, pour se rendre de Thôtel [lamavalet à la rue Sainte-Avoye, n'avait qu'une faible iistance i parcourir (1). Nul doute qu'elle ne soit venue rëquemment à ces assemblées. Elle était vraiment une uDode de la maison ; elle y venait trop familièrement, elle .Tait avec M"*"* de Caumartin des relations trop suivies, Kmr qu'il soit possible d'admettre qu'elle n'assistait pas Tordinaire à ces agréables réunions.
Ces deux nobles femmes ne se rencontraient pas seusment dans le monde, elles se virent aussi plus d'une ois à l'église, aux sermons des célèbres prédicateui-s du emps. Un jour, elles assistent ensemble à un sermon de knirdaloue. Ecrivant ensuite à M. de Gui tant, beau-frère le M** de Caumartin (2), M"'' de Sévigné déclare qu* elle M plus entêtée que jamais de cette mâle et forte élo- [oence ; elle lui indique les différentes idées développées MUT l'austère jésuite, dans un sujet très difficile : les iispositions qu'il faut avoir pour communier, a Tout cela fat traité, dit-elle, avec une justesse, une droiture, une
(1) On sait que rhôtel Carnavalet appartient aujourd'hui à la ville de Paris, qui en a fait un musée. L'hôtel Carnavalet était titné rue Culture-Sainte-Catherine; cette rue allait de la rue ^nt-Antoinc à la rue du Parc-Royal : c'est aujourd'hui la rue te Sévigné.
|2| M. de Guitaut, l'un des amis les plus intimes de Mn*<^ de Sévigné; par sa première femme, il était marquis d'Epoisse. Sa •^conde femme fut ÉUsaheth- Antoinette de Verthamon, sœur de ^ seconde M™« de Caumartin ; il l'avait épousée en octobre 1669. *^ Sur M. et M»"« de Guitaut, voir la notice en tête des Lettres ^e i/m* de Sévigné, p. 149 et suiv.; édit. Hachette.
vérité, que les plus grands critiques n'auroient pas eu un mot à dire. M. Amauld lui-même n*auroit pas ptrié d'une autre manière (1). Tout le monde étoit enlevé, et disoit que c' étoit marcher sur des charbons ardents, sur des rasoirs, que de traiter cette matière si adroitement et avec tant d* esprit, qu'il n'y eût pas un mot à reprendre ni d'un côté ni d'autre. M""* de Caumartîn étoit là qui recevoit les compliments. Pour moi, j'étois tout ébaubie d'entendre le P. Desmares avec une robe de jésuite (2). »
Quelque temps après, nous les retrouvons encore toutes les deux au sermon d'un ami de M. de Guitaut, d'un onteur à ses débuts, l'encourageant par leur présence, et travaillant de leur mieux pour lui donner de la réputation. « Je ne sais pas ce que vous me donnerez, écrit-elle i M. de Guitaut, mais je ne quitte pas d'un pas M. Trouvé; il n'a qu'à monter en chaire pour me voir tout à l'heure au premier rang de ses dévotes. M"' de Gaumartin n'y manque point non plus, et nous faisons toujours use petite commémoration de vous et de M"" de Guitaut (î). Nous aimons fort la manière de prêcher de notre ami; il n'est pas encore fort bien achalandé, mais nous faisons
(1) Amauld d'Andilly, le savant janséniste, l'auteur du Tnàié de In fréquente communion. Après une vie de luttes incessantes, il mourut loin do son pays, à Bruxelles, en 1694. G^est lui qui lit au doux Nicole, fatigué des luttes du jansénisme et aspirant au repos, cette héroïque réponse : « Eh ! monsieur, n'avonsnous pas l'éternité pour nous reposer? »
(2) Toussaint Desmares, de l'Oratoire, prédicateur célébrai mourut en 1687. — Lettre du 5 mars 1683; Lettres de M''* ^f Sévigné, édit. Hachette, vol. Vil, p. 222.
(3) M"'» de Guitaut était sœur de M*»« de Gaumartin.
bian ce que nous pouvons pour lui donner de la réputaticm (1). »
On peut maintenant se faire une idée exacte de la société que Fléchier rencontra chez M. de Caumartin, société qui, pour le goût, pour les habitudes littéraires, ne différa en rien des réunions qu'il avait trouvées chez M"* de Scudéry, M"* de la Vigne ou M"** Des Houlières. Les Mémoires sur les Grands-Jours nous indiqueront bientôt le ton des conversations tenues chez M. de Gau-martin; et, par les causeries que nous entendrons à Qermont, dans le salon du maître des requêtes, il nous sera facile de juger de celles qui se tenaient à Paris, à rbôtel de la rue Sainte- A voye. Mais on voit déjà que Fléchier, en passant d'un cercle à un autre, n'a nullement besoin de modifier ses idées, ses manières ou la tonrnure de son esprit. En quelque endroit qu'il se Ircmve, quHl vienne au Samedi^ ou qu'il soit chez M. de Cramartin, la physionomie de l'assemblée est la même ; pour loi, il n'y a guère que le lieu de changé. Quant aux amis, il va retrouver chez Sapho ceux qu'il a vus, il y a un instant, chez l'ingénieux magistrat : c'est d'abord H"* de Sévigné, qui allait rue de Beauce, et se rendait régulièrement chez M. de Caumartin; c'est M''*' Des BeuUëres et sa fille, que nous voyons en relation aTec M"* de Caumartin; c'est enfin M"' de Scudéry,
(1) Lettre du 3 mai 1683; vol. VII, p. 232, même édition. — Simon-Michel Trouvé ou Treuvé, chanoine d'Epoisse, village de la Côte-d*Or, où M. de Guitaut avait son château. Il fut ensuite aumônier de M"® de Lesdiguières, puis vicaire à Paris, ^t pins tard chanoine de Meaux. M™© de Sévigné parle souvent de lui dans ses lettres,
qui, à sa suite, amena ses meilleui's amis, des hommes d'esprit, de talent et de savoir : Pellisson, Huet, Chapelain et Conrart, C4onrart surtout, l'un des plus fidèles protecteurs de Fléchier.
Après le salon de M"' de Scudéry, c'est là que Fléchier s*est réellement formé, au milieu de tous ces beaai esprits que nous venons de citer, dans la société d'un magistrat distingué, près d*une femme d*un rare mérite, recherchée pour le charme et l'agrément de son esprit; si hautement estimée que ce fut pour lui plaire que Fléchier écrivit ses Grands-Jours^ et que ce sera encore à si prière que le cardinal de Retz composera ces célèbres Mémoires^ « écrits avec un air de grandeur, une impétuosité de génie et une inégalité, qui sont l'image de a conduite (1) ».
A la fin de ses Mémoires^ Fléchier juge tour à tour MM. des Grands- Jours, M. de Novion, M. de GaumartiOt M. Talon, le terrible M. Nau, etc.. Il met adroitement l'éloge de M. de Caumartin, son Mécène, dans II bouche (Tun homme de considération^ avec qui il est censé s'entretenir en se promenant le long du canal* Briare. I/interlocuteur déclare qu'on n'a point remarqrf de faible en M. de (laumartin, qui avait la commission d^ sceaux. « 11 a su, ajoute-t-il, si bien mêler la civilité d'an galant homme avec la gravité d'un juge, les divertissements avec la bienséance, et la dépense avec la modestie» que ceux qu'il condamnoit même se louoient de lui, et g*
(1) Voltaire : Siècle de Louis XIV, cli. iv. — Voy. plus ha"* |- ' p. 138, lîi note do M. Sainte-Bouve.
tout le monde trouvoit à faire bonne chère et se divertir chez lui, d'une manière que les heureux trouvoient fort agréable ce que les malheureux ne pouvoient pas désapprouver.
« Il vit comme trois scènes différentes dans sa maison : au commencement, tous les conseillers des Grands-Jours y étoient fort assidus, et il se piquoit d'y tenir une table qui étoit fort propre, et qui pouvoit même quelquefois s'appeler magnifique (1) . La contestation de la présidence étant survenue, et ces messieurs, à la persuasion de quelques-uns des plus zélés, s'étant interdit la fréquentation et la familiarité qu'ils avoient avec lui, les princicipaux de la ville prirent leurs places, et témoignèrent une amitié fort tendre et fort sincère (2). La troisième fut
(1) Les bons rapports entre M. do Gaumartiu et MM. des Graads-Jours durèrent jusqu'au moment où s'éleva le conflipour la présidence, en cas de récusation de M. de Novion. « Cet pendant M. de Gaumartin vivoit avec toute Tamitié et toute la bonne intelligence qu'eu pouvoit souhaiter avec tous ces Messieurs, tenoit fort bonne table chez lui, et leur faisoit festin presque tous les jours ; lioit avec eux des parties de promenade ; recevoit d*eux et leur rendoit toutes les amitiés et toutes les marques d'estime imaginables. » {Mémoires, p. 157.)
(2) Il y a bien des détails piquants à noter dans cet incideut de la présidence. Tout s'y passa a avec beaucoup de douceur et de civilité », nous dit Fléchier; ce qui n'empêcha pas MM. des Grands-Jours, malgré toute leur considération, malgré toute leur estime pour M. de Gaumartin, de se brouiller avec lui gravement, dignement, avec mille révérences de politesse. Dans ce petit débat de préséance, l'un des conseillers, M. de Vassan,« fort attaché à M. le Président », déclara qu'on ferait bien, dans les conjectures présentes, de s'éloigner un peu de M. de Gaumartiu, <t de supprimer un peu de cette cordialité extérieure, et de dissimuler pour quelque temps la grande familiarité qu'on avoit avec lui, afin que la cour voyant qu'ils se séparoient en quelque .
celle de la noblesse qui, s*étant venue rendre à Clermont, après avoir vu qu'on ne vouloit pmnt dépeupler riovergne, et qu'on faisoit quartier à bien des gens, ne trouvoit point de maison plus commode que la sienne, ei oi Ton reçût le monde avec plus d*accueil. La politique du président à ne lui donner aucune part du secret des affaires, lui donnoit occasion de servir avec plus de hardiesse ceux qu*il pouvoit assister honnêtement. Enfin, 3 se ménagea si bien et avec tant de modération dans le différend de la présidence, qu*il fit toujours connoltre que c'étoit un différend de charge, qui ne devoit point passer jusqu'aux personnes, et s'acquit l'estime de toute l'Aavergne (1). »
façon de lui, elle jugeât la répugnance qulls'avoient à consentir à sa présidence, et n'espérât pas qu'on fit rien en considératioB de sa personne^ lorsqu'il faudroit soutenir les intérêts publics et tout leur corps. Cet avis fut suivi; et Ton résolut qu'on neli verroit plus si souvent, et qu'on ne mangeroit plus du tout eto M. le maître des requêtes... »
Fléchier ajoute : c Après quelques petites contestations, chacal prit parti; les uns allèrent à la comédie, les autres ches eoL M. de Gaumartin ayant appris leur délibération, en fut on paa surpris, et trouva quelques raisons de s'en consoler.
« Lorsqu'il fut au palais le lendemain, tous ces messieurs M firent mille caresses, lui protestèrent qu'ils ne rhonoroient pis moins qu auparavant, lui demandèrent congé de ne manger plu chez lui de quelque temps, et lui dirent mille choses fort obli' géantes. Lui, do son côté, leur témoignoit en riant que ce» excommunication politique le touchoit fort; mais qu'il se coo* soloit sur son innocence, quand il voyoit que son seul enfle étoit d'être maître des requêtes, et eux conseillers... Tous rasaa* rèrent qu'ils étoieat résolus de bien vivre éternellement i^ lui, et qu'ils ne vouloieut qu^essayer s'ils pourroient se pMS^r quelques jours de venir manger avec lui ; ce qu'ils exécutffl ponctuellement. » (Mémoires, p. 162 et 163.)
(1) Mémoires, p. 316.
Ce que nous avons dit de M. de Caumartin, de l'étendue ses lumières, de la distinction de son esprit, doit nous re comprendre avec quel habile discernement un tel re dirigea les études de ses enfants. Moréri affirme e H. de Caumartin n'épargna aucims soins, aucuns orifices, aucunes dépenses, pour leur procurer à 18 une solide et brillante éducation. « Quoiqu'il eût e nombreuse famille, il vouloit que chacun de ses [ants eût un précepteur particulier ; il trouvoit que ce (toit pas trop d'un honune tout entier, quelque vigiit qu'il fût, pour former un seul élève. Mîds quelque n qu'il apportât dans le choix qu'il faisoit des permes qu'il chargeoit de leur éducation, il s'en étoit lervë l'inspection. Il examinoit par lui-même, et avec 9 yeux connoisseurs, les progrès de ses enfants, ^it là un de ses plus agréables délassements, au lieu de ses occupations importantes, et de cette multide d'affaires dont sa place au conseil et sa grande répution le rendoient l'arbitre (1). »
Le choix le plus heureux que M. de Caumartin ait nais fait, choix qui l'honore infiniment, et qui montre ute la rectitude de son jugement, c'est sans contredit
(1) Moréri, Dictionnaire historique, vol. V, article ; Jean-Frantf-Pflti/ Lefèvre de Caumartin, celui qui fut membre de l'Acamie française, et évéque de Blois. — Moréri, né en 1643, ourut à Paris eu 1680. Son Dictionnaire historiquCy considéraement augmenté après sa mort, forme 10 vol. in-f». On y rave des renseignements précieux et abondants pour l'histoire itéraire du dix-septième siècle. — Voy. Pièces justificatives IV, ir ia famille de Caumartin, Particle que nous avons spécialelent consacré à Jean-François-Paul de Caumartin, d'abord •ëquè de Vannes, et peu après évèqutf de Blois.
celui de Fléchier, qu'il donna à sou fils aine, Louis- Urbain, en qualité de précepteur. Nous n'avons ni à rechercher ni à développer ici la méthode que le maître suivit dans l'éducation de son jeune élève. Cependant, si on était curieux de savoir quel fut le plan adopté, il suffi lait de lire le Mémoire que Fléchier écrivit sur les desseins de M. de Périgny, pour l'éducation du Dau^ phin (1). Nous ne pensons pas nous tromper; dans ce Mémoire^ Fléchier nous révèle ses théories personnelles sur l'éducation d'un gentilhomme ; et, en nous indiquant ce que M. de Périgny se proposait de faire pour le iils de Louis XIV, il nous apprend ce qu'il fit lui-même pour le fils de M. de Caumartin. M. Delacroix confirme pleinement notre opinion : « Ce n'est pas une vaine imagination que de chercher à découvrir, dans les vues attribuées à M. de Périgny, quelque chose de la pratique de Fléchier (2). » Versé dans l'étude des langues grecque et latine, familiarisé avec les ouvrages des écrivains italiens et espagnols, nullement étranger à ce qui touchait à la philosophie, à l'histoire ou à la poésie, l'ancien professeur de rhétorique dut exiger de son élève toutes ces con naissances qu'il déclarait nécessaires « à un gentilhomme (jui se veut rendre recommandable entre les personnes de (}ualité(3) ». Quant aux résultats de cette éducation, ils furent couronnés du succès le plus complet. Aidé du
(l) Sur M. de IV'rii^iiy, précepteur du Daupliiu, avaul Bossuef voy. plus haut, ]>. l'n, noto 3. Voy. encore M. A. Delacroix- Histoire de Fléchier, p. 134.
(-2) Hùtoira de Fléchier, ]). SO.
(3| Desseins de M. le président de Périgny pour Cinstnictm w M. le Dauphin. (Fh'M'hioif Œuv. compL, vol. IX, p. 339./
concours de M. et de M°° de Caumartin, Fléchier fit de son élève cet homme poli, officieux, prol)e, instruit et éclairé, qui se distingua plus tard dans le monde; qui fut estimé de Boileau, loué par Saint-Simon, malgré sa haine pour tous les gens de robe, et enfin, dans sa vieille^^, consulté par Voltaire, qui lui doit plusieurs anecdotes de son Siècle de Louis XIV,