‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 103 sur 504 · Ilist. des Var., 1. XV, pp · texte numérisé non relu

Ilist. des Var., 1. XV, pp

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soutiennent que ce moyen n’a jamais fait défaut : «Je dis qu'il nv eut jamais aucun temps où iln’y aiteu sur la terre une autorité visible et parlante à qui il faille céder !.» Les protestants sentent bien le besoin de eette autorité, puisqu'ils attribuent cette infaillibilité à leurs conciles, à leurs Eglises et à leurs synodes; mais c’est au prix d’une contradiction choquante. avec le principe même de la Réforme, le principe de l’examen particulier?. C’est dans l’Eglise seule, visible, universelle, infaillible que réside cette certitude si vainement cherchée par Rousseau, parce qu’il se refusait à la trouver ailleurs qu’en lui-même.

Après avoir ramené les protestants à leur principe, qui est la haine de l’Église catholique, l’orgueil, exaltation du sens propre (et tout cela, e’est Rousseau même, bien à l’avance, reconnaissable . pour qui s’égara près de lui), Bossuet leur montre où ce principe les conduit nécessairement, c’est-à-dire à l'indifférence des religions et au déisme d’une part, et de l’autre à l’oppression des consciences par la tyrannie du pouvoir politique et civil : double erreur dans laquelle Rousseau n’a pas manqué de tomber. Car s'il est vrai que la Réforme a été bâtie sur le fondement de l'examen partieulier et de la faillibilité de l’Église, de sorte qu'il n’y ait sur la terre aucune autorité vivante et parlante, capable de déterminer le vrai sens de l’Écriture, ni de fixer les esprits sur les dogmes du Christianisme#, quel pouvoir sera capable d'imposer sa loi aux esprits? A la faveur de ce principe, les articles de foi s’en iront les uns après les autres ; les esprits une fois émus et abandonnés à eux-mêmes ne pourront plus se donner de bornes, et l'indifférence des religions est le terme fatal où doit aboutir la Réforme #.

Les passions arment la raison; et comme on est bien aise de faire son salut sans obligation incommode, on ôte tous les

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