‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 104 sur 504 · Conf. avec Claude, pp. 381-382 (éd. in-8, 1845, t. XV · texte numérisé non relu

Conf. avec Claude, pp. 381-382 (éd. in-8, 1845, t. XV

2. Réfl. sur un écrit de M. Claude (éd. in-8, 1845, t. XV), pp. 414-415. Cf. Essai sur l’Indifférence, t. I, chap. vi, p. 151.

3. Sixième avertissement aux protestants sur la doctrine de M. Jurieu, $ II.

4. Ibid., $ III. Voyez à ce sujet: RÉBELLIAU, Bossuet historien du protestantisme, 1 vol. in-8, Paris, Hachette, 1891, livr. IT, chap. v, $$ VII, VIII et IX. M. Rébelliau a éclairé d’un jour définitif les hésitations et le désarroi de la Réforme si vigoureusement attaquée par Bossuet, et la nécessité dans laquelle elle s’est trouvée d’adopter définitivement le parti de l’indifférence.

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mystères, on éteint les feux éternels, et on ne songe qu’à se mettre au large!. Armé de ces trois règles : Il ne °raut connaître nulle dbtonité que celle de P Écriture — l’Écriture pour obliger doit être claire — où l’Ecriture paraît enseigner des Hhoges inintelligibles et auxquelles la raison ne peut attendre, il faut la tourner au sens dont'la raison peut s’accommoder, quoiqu’on semble faire violence au texte — les Indifférents conduiront les réformés, en vertu de leurs communs principes, jusqu’au déisme et jusqu’ à l’athéisme ?.

En vain voudrait-on s'arrêter sur cette pente en distinguant dans la religion les points fondamentaux des autres. Comment le peuple, lés ignorants et les simples pourront-ils faire cette

- distinction? ? Invoquera- -t-on avec Jurieu l'évidence de goût et

de sentiment? En vérité, c’est se moquer que de prétendre faire sentir la Trinité et l’Incarnation #. Comptera-t-on les voix ? C’est le dernier degré de l’extravagance ; car, sur ce fondement, la Réforme aurait dû être rejetée dès sa naissance?. Il faut done revenir à la voie d'autorité, et Jurieu lui-même le re: connaît. Mais il se trompe dans l'application de cette règle. Car il restreint à trois ou quatre les vérités que Jésus-Christ s’est obligé à conserver dans son Eglise, comme si une partie de la révélation était inutile et que Jésus-Christ ne s’en souciàt plus 6!

La Réforme, contrainte de se servir contre ses propres principes de la voie d’autorité,ne sait donc pas comment il faut s’en servir 7. Ce qui divise le parti protestant en deux camps qui se poussent chacun aux dernières absurdités ; les Tolérants veulent conserver la liberté de leurs sentiments et demeurer affranchis de toute sorte d'autorité capable de les contraindre : voilà le camp de Rousseau, le véritable esprit de la Réforme, et sa principale séduction. Mais alors on les pousse jusqu’à l’Indifférence des religions. D’autre part, les Intolérants sentent, malgré les maximes de la Réforme, le besoin d’une au-

. Sixième avertissement, etc., $ XV.

. Ibid., $ XVII.

Ibid., $ XXXIV et XXXV.

Ibid., $ LI.

. Ibid., $ XXXIX.

Ibid., $ LXV.

. Ibid., $ LXVI.

. CF. la citation des Lettres de la Montagne ; Essai sur l'Indifférence, . I, chap. vis, p. 184, note (à partir de la 8° édition).

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torité contraignante; et comme ils ne peuvent la trouver dans l’intérieur de leur église, ils sont forcés de recourir à l’autorité des princes! : témoin encore la religion civile de Rousseau. Des deux côtés on en vient à l’indifférence? : en rejetant l'autorité et Pinfaillibilité de l'Eglise, la Réforme a posé le fondément de l’indifférence des religions . « Ne pas étre catholique, c’est nécessairement être indifférent. »

La dernière ressource des indifférents est de déprécier les dogmes spéculatifs et abstraits, comme ils les appellent, et de vanter la doctrine des mœurs. Rousseau, qui vécut à la fois toutes les erreurs protestantes, n’a-t-il pas déclaré que la véritable religion se réduit-à la « bonne morale » ? Tout consiste à bien vivre, disent nos indifférents ; sur ce point l’Ecriture est claire et le Christianisme uniforme. Mais la doctrine n’in- Îlue-t-elle done pas sur les mœurs ? On ne parle que de bien vivre, comme si bien croire n’en était pas le fondement ! Si l’on se met à raisonner sur la doctrine des mœurs, avec ce principe qu’il faut réduire Écriture à la droite raison, où n'ira-t-on pas? que sera-ce que le bon sens dans les mœurs sinon ce qu'a été le bon raisonnement dans la croyance, C’està-dire ce qu'il plaira à chacun6? Les Confessions de Rousseau ne sont-elles pas une illustration remarquable de l’argumentation de Bossuet ? |

Tel est en définitive l’état présent de la Réforme, la pente sur laquelle sont entrainées ses Églises qui ont pour fondement qu'il n’y a rien de vivant ni de parlant sur la terre, à quoi l’on doive s’assujettir en matière de rehgion7. Ne pas reconnaitre l'Eglise infaillible, c'est s’exposer à changer sans fin sans pouvoir trouver d’autre repos que celui de l'indifférence des religions, et la tyrannie du pouvoir civil, sa -compagne inséparable 8.

Le mal est déjà profond. Si le venin de toute nouveauté est le refus de déférer à l’autorité, si le rationalisme est l’essence

1. C'est précisément ce que fera Félicité de La Mennais. Cf. Essai sur l'Indifférence, t. 1, chap. vir, pp. 177 et sŒ.

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