CHAPITRE VI
I. Malebranche, ou le don divin. — II. Robert des Saudrais et Bonald. — III. La philosophie de Bonald : la critique. — IV. La méthode et la doctrine. — V. Les applications.
Depuis le retour de Paris, où l’on s’est mis au courant de l'actualité, le vent qui souffle de Saint-Malo à la Chenaie et aux Corbières est tout entier au dix-septième siècle. L’oncle des Saudrais a repris son Pascal, il en est tout enthousiasmé : « Quel homme ! » — « Avec Montaigne, Pascal et La Bruyère, disait Trublet, on devient penseur, auteur. » En effet, Trublet est devenu auteur. « Qu'il y a de différence d’un livre à « un autre », disait ce Pascal !. »
Félicité ne lit pas pour devenir auteur : et s’il s’est remis aux Pensées, c’est comme on retrouve un ami, comme on reprend un livre de chevet que, désormais, on n’abandonnera plus. Mais cet ami, dont le dernier conseil est de sentir Dieu, d'en éprouver la présence intime et salutaire en son cœur, s'il entretient l’inquiétude religieuse et le désir ardent, passionné du divin, n’en procure pas à tous l’ineffable réalité. L’admirable et consolante parole du Maître : « Tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais pas trouvé », cette parole si tendre et si vraie souffre cependant exception. Sauf en de trop rares instants où l’illusion l’emporte, Félicité pour-