‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 109 sur 504 · BLarze, t. [, Inirod., pp · texte numérisé non relu

BLarze, t. [, Inirod., pp

2. MALEBRANCHE, Méditations chrétiennes (OEuvr. éd. Charpentier, 3 vol. n-18, Paris, 1877), t. Il, 2° Méd., p. 17.

qui parle souvent plus haut que Dieu même; j'ai un corps

qui me parait faire plus de la moitié de mon être, et qui

m'accable de préjugés, de ces sentiments obscurs et confus qu'inspirent les sens, l'imagination, les passions !.… Seigneur, qui me délivrera de ce corps qui m’aveugle, de ce corps qui m'entraine, et qui me rend esclave du dernier des êtres ?? » Mais, dès que l’homme écoute le Verbe éternel, la Raïson

universelle des esprits, ce même Verbe qui, fait chair, est

l’auteur et le consommateur de notre foi, il voit l’univers s’éclairer, et l’ordre de la nature et l’ordre de la grâce développent à ses yeux leurs splendeurs. « Tout disparait ou change de face lorsque je pense à l'éternité. » Étude sublime qui s'achève en adoration et en hymne : « O Verbe éternel ! votre substance intelligible est infinie, nul esprit fini ne la peut comprendre; mais tout esprit peut et doit s’en nourrir. Car j'ai appris que vous êtes seul la nourriture, la vie, la raison de toutes les intelligences 3. »

Félicité de La Mennais, en huit vers que nous ne possédons malheureusement pas, avait résumé ce magnifique système, et ce contraste, si vivant pour lui, entre la raison abstraite et l'amour. Peut-être, lui répondait son oncle, Malebranche

qui n'avait jamais pu lire dix vers sans dégoût « se füt-il réconcilié avec la poésie, si La Fontaine lui eût fait lire, en

beaux vers, de sa métaphysique mêlée avec quelque louange de l’auteur, comme il savait l’assaisonner. Ce sont tes huit vers, mon cher Féli, qui m'ont mis sur la voie. Quoi! après avoir étudié deux mois ce sublime écrivain, tu finis par résumer ainsi sa métaphysique ? C’est descendre du ciel sur la terre; ce serait tomber de haut, si ce n’était se relever avec grâce sur les ailes de l'amour, en dépit de la triste raison qui ne sait qu'être seule, semblable à ces vieilles filles qu'on n’approcha jamais, tant elles avaient d’agréments et de charmes. Eh bien ! qui le croirait ? Elle a des illusions, et ce sont elles qu'on trouve çà et là dans Malebranche.

Autre genre de séduction où il n’y en aura pas beaucoup à se laisser prendre, malgré la poésie de l’enchanteur'. » — De

quelle mordante et triviale invective Félicité avait-il done

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