‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 119 sur 504 · Annales de Phil. chrét., octobre 1910, pp · texte numérisé non relu

Annales de Phil. chrét., octobre 1910, pp

non de la force ou d’un contrat: un danger commun réunit les familles, un homme fort en paroles et en action les guide; les plus habiles et les plus courageux le soutiennent, les autres. lui viennent en aide par tous les moyens: voilà le pouvoir, les ministres et les sujets, toute la constitution de la société publique. Peu à peu le groupement se complique et s'étend, mais toujours suivant la même loi, exprimant un ordre nécessaire, inviolable; et la société publique ainsi

constituée et développée, se compose alors de trois sociétés :

société de famille, société municipale et société monarchique. Par un progrès analogue, la société religieuse publique ou constituée se produit. Il faut que Dieu soit en relation avec le corps social, c’est-à-dire avec tous les hommes, puisque la raison divine est la source et la cause première de tout état de société. Les lois religieuses expriment l’ordre selon lequel s’instituent les rapports entre Dieu et l’homme. Mais, de ces rapports même, résulte un ordre selon lequel s’instituent les rapports des hommes entre eux : et les lois morales sont expression de cet ordre. L'ensemble de ces lois religieuses et morales forme la religion. Comme la société intellectuelle de Dieu avec le corps social se manifeste extérieurement en actes dictés par un sentiment, et qui constituent le culte public, — la religion publique, première loi fondamentale des sociétés civiles, résulte de l’union de la religion

et du culte public. La société religieuse ainsi formée a,

comme la société politique, sa constitution : Dieu, pouvoir —

prêtres, ministres — fidèles, sujets. Elle passe par trois états comme la société politique : religion naturelle, religion judaïque, religion chrétienne, qui est Tachèvement de la religion naturelle, comme la société publique est l'achèvement de la famille {. Aussi, les deux constitutions sont-elles parfaïtement semblables : unité du pouvoir général dirigeant une force générale qui s’exerce par des agents,le sacerdoce et la noblesse, nécessairement distingués des autres, puisque les distinctions sociales expriment les services rendus à la société. La fin est la même : c’est la conservation de l’homme social ; les moyens sont les mêmes : ils se résument en un amour général, quiest ici Dieu, et là, le monarque; la source est la même: une seule volonté générale conservatrice, qui est la volonté

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