Annales de Phil. chrét., octobre 1910, pp
divine, et dont les effets sont. appelés Providence par les hommes qui croient en Dieu.
À cette racine commune des deux sociétés, se trouve le principe de la société civile. Aussi la religion est-elle inséparable de la politique: le Christianisme les a indissolublement unies l’une à l’autre, assurant par cette union la commune et réciproque conservation de l’homme et de Dieu dans la société, en même temps qu'il unissait l’ordre social et la liberté. Ainsi s'expliquent les rapports étroits que l’histoire nous révèle entre les différents degrés de dissolution ou de développement de la constitution religieuse et de la constitution politique. Elles ne sont pas des inventions de philosophes ni de législateurs, mais des produits de la nature, seule législatrice des sociétés constituées. C’est pour avoir méconnu cette vérité élémentaire et essentielle que les réformateurs ignorants de la société religieuse, en bouleversant la constitution religieuse, fruit de la nature et du temps, ont provoqué de graves désordres politiques, comme les philosophes, en voulant réformer la constitution politique, ont bouleversé la religion constituée, et, par une conséquence naturelle, la société tout entière. On ne remonte pas le courant qui entraine la société civile, c’est-à-dire politique et religieuse, par un perfectionnement sans terme assignable, et d’un mouvement ininterrompu, toujours vers de nouveaux progrès dans la Spi- ritualité. Mouvement dont la cause est Dieu, et dont la fin, qui comporte la complète destruction de tous les éléments terrestres, appartient à un autre temps, à un autre ordre, à . une autre vie, puisque cette fin est encore Dieu !.
L'étude de Bonald achève et clôt une période de formation intellectuelle chez Félicité. Il y trouve, avec une rare puissance, réalisée la synthèse de tout ce qui, jusqu’à cette heure, a Su marquersa forte empreinte sur son âme etsur son génie. Cette impitoyable logique, ces démonstrations rigoureuses, et si passionnées au fond — car la passion, chez Bonald, comme chez lui se fait argumentation — cette haine de la raison individuelle et ce merveilleux effort pour la cour-