Ibid., pp
vieilles masures et d’un hôtel tout neuf et contigu devait
poürvoir à ce besoim!. L’hôtel, destiné aux ordinands, fut
acheté moyennant une rente viagère de 2.500 francs versée à son propriétaire ?.
Déjà pourtant l’horizon commençait à s’assombrir : le règlement de l’Université impériale, qui parut le 17 mars 1808, n’autorisait à enseigner que les maîtres auxquels elle aurait conféré ses grades. Jean-Marie aperçut si clairement le danger, qu'il retarda l'installation dans le nouveau local.
Il se laissa bientôt rassurer : une lettre de Mgr de Broglie, en date du 28 septembre 1808, et que l’on colportait sous le manteau, rapportait une conversation de Fontanes qui commentait le règlement de manière à tranquilliser les esprits #. Le 2 décembre de la même année, M. Duclaux, directeur de Saint-Sulpice, calmait encore ses inquiétudes renaissantes en lui affirmant, sur la foi de M. Emery, « que les petits séminaires ne faisant pas partie de l’Université n'étaient pas soumis à la juridiction du grand maitre? ». Ainsi le personnel aurait été dispensé du diplôme qu’exigeait le règlement. « Observez cependant, ajoutait M. Duclaux, qu’il faut que votre maison soit un véritable petit séminaire, agréé comme tel par l’évêque diocésain, et qu'il n’y ait dans cette maison que des élèves qui se destinent à l’état ecclésiastique. Si vous admettez dans ce séminaire des jeunes gens qui ne veulent pas être ecclésiastiques, dès lors vous éprouverez des difficultés. Les maitres de pension, les collèges et les lycées ne manqueront pas de se plaindret. » Et le sage M. Emery, afin d'éviter les difficultés, conseillait d'écrire au grand maître dont les explications officielles protégeraient ceux qui les auraient reçues contre les entreprises des rivaux qui voudraient leur nuire 7.
Jean-Marie s’empressa de mettre à profit ce dernier conseil. Il fit donc parvenir, par l’intermédiaire de M. Bruté, un petit mémoire à l’évêque de Rennes, Mgr Enoch, afin qu'il
1. Lettres inédites de J.-M. et F. de La Mennais, publiés par H. DE Courcy et LA GOURNERIE, pp. 19-20.
. 1bid., p. 22.
. Ibid., p. 23.
. RoPARTZ, pp. 78-79.
. Ibid., pp. 80-81.
. Ibid., p. 80.
. Ibid., p. 81.
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püt lui-même éclairer le grand maitre‘. Il y réclamait énergiquement le statu quo, et, à son défaut, tout au moins le titre de petit séminaire. Les explications fournies par M. Duclaux lui faisaient considérer ce titre comme l’infaillible palladium contre l’ingérence universitaire. Il refusait surtout l'honneur dangereux de voir son établissement devenir collège de la ville de Saint-Malo, et promettait au besoin, quoique à regret, une déclaration des parents qui affirmeraient que leurs enfants se destinaient à l’état ecclésiastique. « Ce qui est essentiel, ajoutait-il, c’est que nous puissions donner la première éducation à ceux qui doivent devenir prêtres, et leur inspirer, dès leur plus tendre enfance, l'esprit dont ils doivent être animés pendant toute leur vie. Sans cela, tout serait perdu, et il faut tout sacrifier, plutôt que d'y renoncer ?. » |
Ces préoccupations disposaient les deux frères à s’inquiéter des décrets impériaux sur la formation du clergé. L'Institut des Frères de l’Instruction chrétienne sortira plus tard du vif sentiment qu’il faut, dans les circonstances présentes, assurer le recrutement des prêtres en les préparant dès l’enfance. Mais d’abord il contribue à la genèse des Réflexions :
« Dans quel moment, écrit Jean-Marie, fut-il plus nécessaire de nous unir intimement, et de nous serrer, én quelque sorte, les uns contre les autres ? Notre mère, la sainte Eglise, n'est-elle pas attaquée de toute part ? et si ses ennemis mettent en commun leurs talents, leurs moyens, leur haine, leur audace, pourquoi ne pas opposer le concert de nos efforts à leurs efforts, et ne pas nous exciter mutuellement à combattre et à vaincre? » Déjà, en novembre 1807, il rappelait l’œuvre de saint François-Xavier et son projet d’aller conquérir la Chine à l’idée chrétienne, pour revenir ensuite, avec elle, convertir les peuples du Nord. La Chine, déiste, ou jugée telle, semblait mûre pour la conversion, dès lors que la polémique du dix-huitième siècle contre les protestants et les philosophes aboutissait à rendre sensible la nécessité de l'Eglise. Ah ! si le saint pouvait renaitre! «Si Dieu suscitait au milieu de nous un François-Xavier, que de miracles n’opérerait:il pas encore! N’en doutons pas, mon ami; à sa parole humble et