‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 132 sur 504 · RoPARTZ, p · texte numérisé non relu

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hométisme » de la Bibliothèque Orientale par D'HERBELOT, sont, à cette époque, soigneusement analysés par Félicité de LaMennais,etles manuscrits de ces analyses nous ont tous été conservés !. Mais la lecture ne pouvait suffire à leur besoin d’activité. Le mieux s’accentuant, j'imagine done qu'une lettre de Mgr de Pressigny ne fut pas sans contribuer à leur faire reprendre la plume. Il les félicitait de l'amélioration qu’ils avaient éprouvée, et surtout de l’espoir d’une guérison parfaite qu’on leur avait promise. Mais, ajoutait-il, il faut se soumettre à la volonté de Dieu, et «recevoir même les maux dont il permet que nous soyons affligés, parce que, si nous les supportons avec patiencé et en nous conformant à sa sainte volonté, ils deviennent pour nous des biens dans l’ordre spirituel ». Si la parfaite guérison se fait attendre ou ne vient pas, faudra-t-il se

1. Zend-Avesla, ouvrage de Zoroastre, etc., traduil en français sur l'ori- * ginal Zend, avec des remarques, etc. par M. ANQUETIL DUPERRON, Paris, 1771. Le manuscrit original des notes prises par Félicité de La Mennais sur cet ouvrage (29 p. in-8) a figuré dans le catalogue Charavay, n° 416, avril 1911, p.20, n° 69919. Il est devenu la propriété de MM. Pearson et C:'° libraires, Londres. Les manuscrits suivants qui ont figuré sous le même numéro dans le même catalogue, et qui ont été achetés également par M. Pearson, sont contemporains de celui-ci :

— Jnstitutes of Hindu Law ; or, the ordinances of Menu, according to the gloss of Calcuta. Comprising the Indian system of duties, religious and civil. Verbally translated from the original sanscrit, with a preface of sir W. Jones. — The Works of W. Jones, London, 1799, vol. III. — 3{ pages de notes manuscrites de la main de Félicité de La Mennais.

— Le Chou-King, un des livres sacrés des Chinois, qui renferme les fondements de leur ancienne histoire, les principes de leur gouvernement et de leur morale ; ouvrage recueilli par Confucius ; traduit et enrichi de notes par feu le P. Gaubil, missionnaire à la Chine ; revu et corrigé sur le texte chinois, etc., par M. DE GuiGnes, Paris, 1770, 1 vol. in-4. — 42 pages de notes manuscrites de la main de F. de La Mennais.

— Mahomélisme, extrait de la Bibliothèque orientale d’'Herbelot, Paris, 1781. — Notes manuscrites de la main de F. de La Mennais.

Le lecteur remarquera que toutes ces notes concordent parfaitement avec les indications fournies par le Torrent d'idées de 1807. M. Pearson a bien voulu me communiquer tous ces manuscrits que j'ai pu étudier.

Il faut rattacher à ces lectures celle-ci, qui en a peut-être été le point de départ :

Zoroasire, Confucius el Mahomet, considérés comme sectaires, Législateurs et Moralistes, avec le tableau de leurs dogmes, de leurs lois et de leur morale, par M. DE Pasrorer, 1 vol. in-8.— 2 pages denotes manuscrites de la main de F. de La Mennais (pp. 25-26) à la suite de notes autographes et manuscrites sur l'Histoire des Variations de BosSuET.

Ce manuscrit qui a passé dans le même catalogue Charavay que les précédents a été aussi acquis par M. Pearson, libraire à Londres, qui m'en a donné communication.

croire inutile ? « J'espère que Dieu permettra que vous puissiez rendre à son Église d’autres services, lors même que vous ne pourriez ni précher, ni confesser, ni enseigner. » Et le vieil évêque recommandait aux deux frères « les études ecclésiastiques dans le cabinet ». « ee -vous, leur disait-1l, moyen de vous rendre utile’.

Se rendre utile! n’était-ce ae le moyen de vaincre ces hésitations intérieures, ces incessantes reprises d’un amourpropre en révolte contre la confiance en Dieu, contre la paix ravissante de l’âme abandonnée sans réserve aux volontés du Souverain Maitre ? Oui, c’est en plaidant pour l’Église qu'on deviendra véritablement chrétien. Est-il un plus bel horizon ?

La lettre était écrite le 18 septembre 1808. Vers. cette époque, Félieité de La Mennais s’est retiré de nouveau à la Chenaie, plein d'espoir dans l’œuvre dont il va tenter l’entreprise. La trace de cette allégresse et de cet élan est sensible dans le billet inédit suivant, adressé de la Chenaie le 25 octobre 1808, par Félicité, à Jean-Marie alors à Dinan. Leur sœur Marie qui, en avril 1804, avait épousé Ange Blaize venait, à 9 heures et demie du soir, de mettre au monde une fille, Louise-Marie?, son premier enfant :

Le messager de joie et de bonheur a frappé à la porte à minuit, heure des grandes aventures. Aussitôt grande rumeur dans la maison, et puis grande allégresse. J'embrasse des deux bras le père, la mère et l’entant. Voilà comme il faut accoucher, Bignolais n’eût pas fait mieux. Vers quatre heures je ferai partir Alexis pour m'amener ton cheval ou un autre cheval, mais toujours un cheval. Je n’ai pu garder celui du commissionnaire qui était pressé de repartir avec ta soutane.

J'écris de mon lit. Les yeux me bluettent et la main me tremble d'émotion, je crois, plus que de sommeil. Bon soir, Messieurs, bon soir, Madame, bon soir ma nièce. À bientôt 5.

A cette époque sans doute, le plan des Réflexions sur l'état de l'Église en France au -X VILLE siècle et sur sa situation actuelle était déjà tracé; Félicité, s’il ne les avait commencées, dut bientôt après les écrire.

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