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consécration qui fait de la royauté une espèce de sacerdoce! ». S'il veut renforcer une insinuation délicate : « Charlemagne,
s’éerie-t-1l, revivra tout entier dans le plus grand de ses successeurs ?.» Ailleurs, il l'appelle « celui dediat qui la terre s'est lue ? » : l’orgueil du maître étant ainsi comblé, comment
n’écouterait-il pas la voix de la raison ?
Napoléon n’est pas seulement orgueilleux, il est ombrageux, jaloux de son autorité personnelle, peu disposé par conséquent à se laisser dicter sa conduite. En lui suggérant ce qu'on désirerait tant qu'il fit, il faut ménager cet amour-
propre irritable et qu'inquiète l’apparence même d’un conseil.
L'auteur se fait done humble et discret autant qu'il le croit nécessaire au succès de sa cause: il s’efface : « Je ne suis rien, déclare-t-1l, Je ne tiens à rien qu'à ma religion et à ma patrie #. » Et très volontiers il retirerait tout ce qu'il dit : « Que si on rejetoit toutes mes idées, pourvu qu’elles servissent à en faire naître de meilleures, je n’en aurois pas moins atteint mon but°. » Félicité déclare en conséquence et veut qu’on sache qu'il n’attache pas à son «opinion plus d’importance qu'elle n’en peut avoir », et que, s’il a parlé en théoricien, quelquefois avec beaucoup d’assurance et de force, il n’a prétendu que proposer des doutes, attirer l’attention sur des objets importants. « C’est à l’autorité seule, dit-il, qu’appartient en dernier ressort le Jugement de ces théories, dont application, toujours extrêmement délicate, exige une connaissance parfaite de l’ensemble et des détails de Padministration : connaissance qu’un particulier, quel qu'il soit,ne saurait se flatter de posséder6. » Ayant ainsi dès l’abord réservé tous les droits de l’autorité, comment en pourrait-il froisser le redoutable dépositaire ?
Cependant, il existe chez Napoléon, à côté de la volonté de puissance, un amour-propre qui n’accepterait jamais qu'on mot lui dicter sa conduite. Félicité de La Mennais n’en a garde. Il s'efforce d’insinuer que c’est l'Empereur qui l’inspire : « Je me suis trouvé heureux, en défendant ma foi,