‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 139 sur 504 · Ibid., pp · texte numérisé non relu

Ibid., pp

6, Jbid., p. 40.

tacles en province, tout hâtait la corruption générale des mœurs. À l’intérieur, tous les corps, noblesse, magistrature, armée, gouvernement, s’abandonnant au mouvement général, se croient abus, et s’effraient d'eux-mêmes; à l'extérieur, la France humilie son génie au pied de ses rivales, l'Angleterre et l'Allemagne; dans la société, chez les plus grands personnages, la frivolité règne sans partage: on ne songe plus

qu’au plaisir, et comme on demande le bonheur aux sens qui

ne peuvent le procurer, une sombre mélancolie va multiplier les suicides. Tels sont, après ses moyens de propagande, les funestes effets de la philosophie *

Ils s'expliquent par ses opinions : absurde chaos d'idées incohérentes, la philosophie, comme autrefois la Réforme, ne

s’accorde que pour détruire. Et comme la haine de l’Église romaine donnait jadis droit au titre de protestant?, la haine du christianisme est ce qui fait le philosophe: révolte de l’orgueil, appuyé sur la raison individuelle, contre l'autorité, c’est-à-dire, au fond, contre Dieu qui en est la source. Voilà ce qu'on trouve chez Bayle qui veut constituer la société sans Dieu; chez Voltaire qui, n’avouant l’existence de Dieu que pour en rejeter les conséquences, incertain de l’immortalité et de la liberté, ces deux fondements de la morale, sans cesse emporté par son imagination vagabondeé dans les voies les plus opposées, du moins ne varie pas un instant dans sa haine contre la religion chrétienne, et jette cet épouvantable cri: écrasez l’infâme ! chez Rousseau qui, subjugué par la beauté du christianisme, et d’ailleurs agrégé trop tard à la secte philosophique, est chrétien toutes les fois qu'il s’abandonne au sentiment; mais qui, « né au centre du calvinisme », ne fait que développer dans ses ouvrages les principes religieux de Calvin et la doctrine politique de Jurieu, empruntant à celui-ci le dogme anarchique de la souveraineté du peuple, à celui-là l'interprétation de l'Écriture par la raison seule, ce qui le conduit à contester à la fois la nécessité, la possibi: lité même de la révélation, c’est-à-dire en fait un déiste.

Or, l’erreur théologique de la bonté originelle de l’homme, développée par Jean-Jacques, a fini par produire la subversion totale de la société : car 1l existe dans l’homme une lo-

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