Réflexions, etc., pp
2, Cf. suprà, le partie, chap. v, pp. 151-152.
gique naturelle qui l’oblige à tirer tôt ou tard de l’erreur
‘toutes ses conséquences. C’est ainsi qu’à la théorie des idées innées de Descartes et de Leibniz, de la vision en Dieu de Malebranche, Condillac, en opposant son système des sensations transformées, reprend le système au fond matérialiste de Locke, qui attribuait la pensée à la matière, et conduit au matérialisme déclaré des idéologues qui prétendent « que la pensée se forme dans le diaphragme, ou qu’elle s’élabore
dans les viscères du bas-ventre ». Cette philosophie, qui ne
voit plus que la matière, ayant nié Dieu et l’âme, se perd avec Diderot dans une succession infinie d'effets sans cause, et s’ef- force d'expliquer « l'intelligence avec l'étendue, la force avec le mouvement, l'éternité avec le temps, l’ordre avec le hasard », inexplicable assemblage de contradictions qui le faisaient digne de présider au monstrueux chaos de l'Encyclopédie. Ces attaques furieuses de la philosophie contre la foi sont secondées par celles que dirigent contre la discipline de lEglise les Jansénistes et les Parlements: de continuels attentats de la puissance civile contre l’autorité ecclésias-
tique, des entraves à la juridiction épiscopale, la saisie du
temporel des curés et des évêques, ne rencontraient dans les conseils de la cour et dans le gouvernement qu’une très faible opposition. Les magistrats se mélaient des questions religieuses, et étalaient avec un risible orgueil leur théologie
. de barreau; ils s’entendaient dans une haine commune contre
les Jésuites qu'à force d’intrigues ils firent expulser enfin : avec eux fut abolie l’éducation publique; et les sentiments de religion qu’entretenaient dans le peuple leurs missions, leurs congrégations, s’effacèrent de plus en plus?.
La résistance à tant d’ennemis était courageuse, mais faible. Non seulement les défenseurs de la foi manquaient du talent et de la séduction qui assurait le succès de ses adversaires, mais encore ils craignaient beaucoup trop de parler du dogme, et, comme s'ils eussent rougi de l'Évangile, ils se bornaient à de vagues et froides amplifications de Hors. Surtout, l'esprit de zèle et de foi s'était singulièrement affaibli dans le clergé : subissant insensiblement l’influence des doc-
1. Réflexions, etc., p. 46-59. Voyez pour tout ceci les articles de Frayssinous (signés V.) dans le Journal des Débats, n°‘ des 22 janvier, 1° avril, 24 avril, 14 juillet 1803.