‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 14 sur 504 · Ibid. t. ; p · texte numérisé non relu

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qui m'autorise à présumer que la philosophie elle-même pourrait bien passer comme tant d’autres grandeurs, et éprouver aussi sa révolution, d'autant plus prochaine, que les appuis qui lui restent ne sont pas fort imposants; et comme les philosophes se piquent de prendre leur parti plus aisément que d’autres sur les révolutions, quelles qu’elles soient, je leur conseille de se résigner encore à celle-là !. »

Robert des Saudrais n’ignorait pas ce mouvement de réaction contre la philosophie, rendue responsable des attentats révolutionnaires; et Félicité, son disciple, tout jeune qu'il fût, grâce à lui, en prenait sa part : « En 1796 ou 1797, écrit Sainte-Beuve, il envoyait au concours de je ne sais quelle Académie de province un discours dans lequel il combattait avec beaucoup de chaleur la moderne philosophie, et qu’il terminait par un tableau animé de la Terreur?. » C’est que la Terreur à Saint-Malo avait été, sous le proconsulat du con- ventionnel Le Carpentier, particulièrement cruelle. Aussi la rancune du jeune malouin et de son oncle devait être vigoureuse et tenace.

Seulement, Robert des Saudrais est un sage; et esprit dans lequel il aborde son sujet est souvent assez éloigné des emportements passionnés de Jean-Jacques. Comme il le dit dans la préface recopiée de la main de Jean-Marie de La Mennais,ilne s’adresse pas au publie qui parle, ni au public qui pense, mais surtout « au public qui rit? ». Sterne lui semble un bon modèle :

€ Il arriva une fois que tous les Philosophes de la Terre, enfin convaincus qu'ils ne s’accorderaient jamais entre eux, s'ils ne se réunissaient dans un coin du monde où avec la liberté de tout dire, ils pussent traiter, approfondir et déecider les grandes et importantes questions qui intéressent le genre humain, convinrent et résolurent de réaliser ce beau projet, comme vous l’allés voir. » En raison de leur nombre, et l’un d’eux ayant représenté « que plus il y a de têtes assem-

1. LA HARPE, Philosophie du XVIII: siècle, t. 1, pp. 218-219. L'influence de La Harpe sur Lamennais a été considérable. Cf. Duine, Leftres iné dites de Lamennais, Annales de Bretagne, janvier 1913, pp. 198-202.

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