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# MARECHAL. — La Jeunesse de La Mennais, 15

trines dominantes, il avait de dangereux ménagements, des condescendances coupables pour Pesprit du siècle. De nombreux ecclésiastiques sans fonctions, dans les villes, à Paris surtout, donnaient l’exemple de tous les désordres. On admettait trop aisément au ministère des sujets indignes, et l’éducation ecclésiastique se relächait dangereusement. Une tendance manifeste à se séculariser apparaissait dans quelques ordres religieux, et on reprochait avec raison à beaucoup d’autres leur extrême relâchement.

Telle était la situation déplorable de l'Eglise de France au

dix-huitième siècle : une ruine entière la menaçait, et sans doute elle était perdue, si la Providence, par de violentes épreuves, n'avait su comment la sauver.

La Révolution commença par la spoliation des biens du clergé, au nom de la souveraineté du peuple, et d'après la maxime du calviniste Jurieu : « Le peuple est la seule autorité qui n’ait pas besoin de raison pour valider ses actes »; on méconnut ainsi un principe que lauteur rappelle, et qu'avant lui Bonald avait signalé : « Qu'il est dans la nature de la société que les hommes consacrés à son service aient une existence assurée ét indépendante, et qu'il n’y à de stabilité et d'indépendance que dans la propriété. » A la spoliation des biens du elergé succéda la suppression des ordres religieux, dont on méconnut, avec la philosophie, Putilité même politique : ear de quel prix payer la vertu qui n’est que le sacrifice de tout intérêt propre? ou prétendrait-on s’en passer ? Tout ce qui suppose unité d'esprit, de vues, d'efforts, « ne peut être exécuté que par un corps religieux; car si la politique rapproche les hommes, la religion seule les unit ». Que ne lui doivent pas Péducation, la civilisation, les lettres, les sciences et les arts ? Quel lieu d'asile remplacera le secret des cloitres où la Religion réparait «les torts de la société» ? Bientôt, le schisme constitutionnel vint compléter l’œuvre de destruction commencée : l’Assemblée nationale « attaqua la Religion même, en s’efforçant d'introduire dans l'Église le presbytéranisme, comme elle avait mis, au moins en principe, la démocratie dans PEtat ». Schisme fondé sur l’idée fausse que toute puissance vient de l’homme, donc du peuple, qui peut, pour ainsi parler, créer Dieu dans la société; monstrueux

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