Réflexions, etc., pp
2. Ibid., pp. 90-93. Cf. LA HarrE, Discours sur la querre déclarée par nos derniers tyrans (1794). Ce discours avait été lu de près et analysé par l'oncle des Saudrais. Voyez sup., 1'° partie, chap. 17, p. 20.
3. Ibid., pp. 93-95. Il s’agit de La Réveillère-Lépeaux et des théophilanthropes.
au principe athée de la souveraineté du peuple ». Aussi, quelles espérances ne peut-on pas concevoir ! « Sans doute la Religion peut espérer, doit attendre de lui de nouveaux bienfaits. L'expérience indiquera les améliorations à opérer, et la politique même réclamera peut-être des institutions dont la prudence a dû jusqu’à présent différer le rétablissement. Chaque chose a son moment que la sagesse prépare et que l'habileté saisit. Reposons-nous, pour ce qui reste à faire, sur celui qui jamais ne fit rien à demi : n’en doutons pas, 1l achèvera pour sa gloire ce qu'il commença pour notre félicité 1. »
Après ces claires insinuations, l’auteur conclutsa première partie sur un tableau des conséquences favorables et funestes de la persécution du clergé ; l’Église s’est purifiée et fortiliée dans les épreuves, l'autorité spirituelle est mieux assurée que jamais dans la plénitude de ses droits sous un gouvernement
fort, « parce que toute entrave à l’autorité est un désordre
et que tout désordre est faiblesse dans le gouvernement qui le souffre» ; enfin l’apologétique a doublement gagné du terrain : l'utilité politique de la religion a été suffisamment démontrée par la révolution ; et d’autre part, comme la persécution l’a attaquée dans ses fondements mêmes, elle a obligé ses défenseurs à « embrasser le vaste système du christianisme », et à mettre en lumière l’étroite liaison de toutes les vérités dont il se compose : examen qui ne pourra jamais que tourner à l’avantage de la foi. — Mais, à côté de ces heureux effets, que de conséquences funestes ! « A la perséeution du glaive et du raisonnement a succédé une nouvelle espèce de persécution plus dangereuse peut-être, la persécution de l'indifférence : triste et funeste effet des doctrines matérialistes, qui, en accoutumant l’homme à ne penser, à n’imaginer que des corps, et lui persuadant qu'il n’y a de réel que ce qu'il peut voir de ses yeux et palper de ses mains, ‘ont fini par étouffer entièrement le sens moral. » Un matérialisme abject, et tel que, depuis la destruction du paganisme, l’histoire n’en a point enregistré de semblable, remplace les doctrines spirituelles ; et l’on ose accuser de barbarie le Moyen Age qui a fondé la civilisation et affranchi l’Europe de la barbarie musulmane! « La seience était morte, je Le