‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 144 sur 504 · Réflexions, ete., pp · texte numérisé non relu

Réflexions, ete., pp

veux, mais la conscience était vivante. N’y a-t-il donc que

4 2 se . . . . . . x les physiciens et les chimistes qui ne soient pas des bar-

bares ? » Quelle absurdité, d'accorder la prééminence aux sciences physiques, qui « ne croissent qu’à l’abri des sciences morales », de méconnaitre que le christianisme, en affranchissant l'esprit des sens, à fait beaucoup pour toutes les sciences, et qu'on lui doit même « ces méthodes rigoureuses de raisonnement dont l’analyse mathématique n’est qu’une application particulière ». C'est à la sévère métaphysique du christianisme qu'il faut donc faire honneur du progrès des sciences ; Car € la métaphysique, qui est la science des vérités générales, est le fondement de toutes les autres sciences, puisqu'elles empruntent d'elle leurs principes et leur certitude ». Le matérialisme menace à travers la religion la science et la civilisation même ; il produit « un profond mépris des vérités intellectuelles, et une indifférence glacée pour tout ce qui ne frappe pas les sens. Autrefois du moins on prenoit à la Religion assez d'intérêt pour la combattre ; on se piquoit de raisonner l’incrédulité, on discutoit, on examinoit. Aujourd'hui il en est des vérités les plus importantes comme de ces’ bruits de ville dont on ne daigne pas même s'informer. Que le christianisme soit vrai où faux, qu'il y ait ou non un Dieu, que l’âme survive au corps ou périse avec lui, rien de tout cela n’est digne d'occuper un moment attention. Une sorte d’engourdissement et de torpeur s’est emparée des âmes; elles n’entendent plus, elles ne sentent plus, le remords même est éteint. Que parlez-vous aux hommes de devoirs ? ils ne connoissent que des besoins et des plaisirs ; tout le reste est nul pour eux... Voilà ce qui doit faire trembler sur le sort de la Religion; car enfin il y a des moyens de convainere un ‘incrédule, mais comment se faire écouter de l’indifférent ? comment ramener aux principes religieux des hommes qui ont vieilli dans un athéisme pratique, et dont le cœur profondément perverti ne peut pas plus désormais s'ouvrir à la vertu, que leur raison à la lumière ? » Cette apathie s'étend aux chrétiens dont la piété, dont la charité se refroidit tous les jours ; et le clergé lui-même ne s’est pas garanti de la contagion ; s'il renferme de nombreux apôtres, si « une sève de foi anime encore quelques branches du trone sacré », quelle tiédeur chez beaucoup de prêtres! Ainsi, la Religion se perd dans notre pays; elle va périr si

Dieu ne dit «à Ja foi éteinte, comme à ce mort enseveli depuis quatre jours : veni foras, reparois et sors du tombeau, du froid et ténébreux tombeau de l’incrédulité et de lindifférence Î ».

La seconde partie de Pouvrage, de beaucoup la plus courte,

propose les remèdes généraux applicables à la situation qu'on vient de décrire. Elle comprend elle-même deux divisions principales, l’une concernant le clergé, l’autre les fidèles. Ces propositions sont marquées au coin d’une réelle sagesse. Elles envisagent successivement l’organisation et la formation du clergé. L'auteur demande d’abord, pour réorganiser le clergé, un concile national, où toutes les grandes mesures seraient décidées par le corps entier des évêques ; puis, l’institution des synodes, des doyens ruraux, des retraites, des conférences ecclésiastiques doctrinales, des communautés paroissiales ?. Quant à la préparation du clergé, il rappelle aux curés de campagne combien leur rôle est important pour le choix et l’éducation première des sujets; il propose ses vues sur l’organisation des petits séminaires, et montre la nécessité d’un corps chargé de la conduite des séminaires ; surtout il réclame une renaissance des sciences ecclésiastiques : en face de l’athéisme et des universités allemandes en travail, combien n'est-il pas urgent de défendre pied à pied le terrain ! Il préconise done le retour à l’étude des scolastiques, des Pères de l'Église, et conseille, en passant, de ne pas négliger l’art oratoire, si nécessaire à l'exposé de la parole sacrée ?.

S’adressant alors plus spécialement aux fidèles, l’auteur signale l’immoralité répandue partout dans les campagnes. Il en résulte à ses yeux la nécessité de rétablir les Écoles chrétiennes pour les garçons, les établissements des Ursulines, des Filles de la Croix, des Dames de la Visitation pour les filles. Il propose encore de multiplier les missions, les congrégations laïques, et de ranimer toutes les pratiques pieuses trop négligées, comme le chapelet et la prière commune.

L'ouvrage s’achève sur un acte de foi dans les destinées de l'Eglise qui ne passera jamais.

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