‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 147 sur 504 · JU À À NO · texte numérisé non relu

JU À À NO

du Pouvoir « le rapport constant des principes religieux et : politiques pendant le cours de la Révolution française. En 1790, le presbytéranisme, dans l'Eglise, concourt avec la démocratie dans l’État ; en 1793, la destruction de toute espèce de culte, avec l'abolition de tout gouvernement; en 1795, un gouvernement sans unité et sans consistance, avec une religion faible et vague, ou la théophilanthropie ; en 1800, enfin, la religion catholique renait et avec elle la monarchie; et l’autorité du Chef de l’Eglise, comme l'autorité du Monarque, acquièrent, dans une proportion correspondante, un nouveau degré de force nécessaire au rétablissement de l’ordre politique et religieux! ». Ces harmonies de la religion et de la politique appartiennent en propre à Bonald ; et c’est encore à sa pensée qu'il faut rattacher idée, si nettement exprimée dans l’ouvrage, de l'influence des doctrines sur les mœurs : « La diversité des doctrines influe sur les mœurs des individus et des nations, les corrige ou les altère, selon que ces doctrines sont plus ou moins généreuses, plus ou moins s0ciales ? ; et comme 1l y a l'infini entre la doctrine chrétienne et les doctrines philosophiques, il y eut aussi l’infini entre les mœurs du même peuple, à des époques rapprochées pour le temps, mais s1 prodigieusement éloignées pour le principe 5. » Ce qui suit n’a-t-1l pas jusqu’à la facture dé la Législation primikive, dont on croirait lire un. passage? « Amour de Dieu et de l’homme, mépris de la propriété, voilà en deux mots tout le christianisme; amour de la propriété, haine de Dieu et de l’homme, voilà toute la philosophie #. » Dans la même ligne de ce que j’appelais à l'instant les harmonies si heureusement signalées par Bonald, celles de la métaphysique et de la politique ne lui avaient point échappé; il est donc le véritable inspirateur de ce curieux rapprochement du sensualisme et de la démocratie : « Dans le mème temps où une métaphysique erronée soumettoit, pour ainsi parler, l’âme aux sens, la volonté aux organes, l’être simple à l'être multiple et composé, une absurde et coupable politique assujet-

1. Réflexions, pp. 98-99. Cf. BonaLn, Théorie du Pouvoir (Œuv., Nlle éd., Paris, Le Clerc, in-8, s. d:}, t. II, L VE, chap. 1, p. 306. J

2. Cf. BonaLD, Th. du Pouv., ” H,1 1V, chap. vi, p. 213, t. 4, LI, chap. vi, pp. 91-92 (éd. in-8, Paris, Le Clere, 1843).

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