‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 148 sur 504 · Réflexions, p · texte numérisé non relu

Réflexions, p

4. Ibid., p.28. Cf. Boxan, Th. du Pouv,. (éd. 1843), &. IH, E T, chap rm, pp. 28- 29. *

tissoit le souverain au peuple, le pouvoir au sujet, et le chef ou l'âme de la société au corps de la société. Les vérités morales sont comme des cordes à l’unisson, on ne sauroit en toucher une que toutes les autres ne s’ébranlentt. » Et qui donc à suggéré l’idée de la logique de l’erreur, conduisant par une invincible nécessité des idées fausses aux actions coupables, sinon l’auteur de la Législation primitive ? € Il y a dans l’homme une rettitude d'esprit, une logique naturelle, qui ne lui permet pas de s’écarter à demi de la vérité ; il faut qu'il avance dans la route où il est une fois entré, et l'erreur n’est si dangereuse que parce qu’on en tire nécessairement, un peu plus tôt, un peu plus tard, toutes les conséquences ?.» L’empreinte de Bonald est si profondément gravée dans cet écrit, qu'à chaque page on la retrouve : ici Félicité lui emprunte sa manière d'envisager l’apologétique chrétienne, qui doit, selon lui, embrasser désormais « dans son ensemble le vaste système du christianisme, et remontant aux principes les plus généraux, combattre pour ainsi dire dans les hautes régions de la métaphysique, et chercher dans

la nature même des êtres la raison des rapports qui les unis-

sent entr'eux et avec un premier Être, éternel, infini, tout puissant 3 »; là, appliquant sa distinction entre l'esprit, l’intelligence qui produit, et le cœur, l’amour qui conserve, il remarque € que si la religion naît dans l'esprit par la persuasion, elle se conserve dans le cœur par l’amour # ». L'influence de Bonald s’exerce en maîtresse iei 5.

On ne peut guère la séparer de celle de Bossuet, s’il est

1. Réflexions, ete., p.57.Cf. Th. du Pouv. (éd. de 1843), t. II, 1. IV, chap. 1, p. 136.

2. Réflexions, etc., p. 54. Cf. ce que nous avons dit, 1° partie, chap. vr, de la Logique sociale de BoNazp.

3. Réflexions, etc., p. 103. Cf. BoNaAL», Essai analytique sur les lois nalurelles de l'ordre social, etc. (2° éd.), in-8, Paris, Leclerc, 1817, Disc. prélim., pp. 12-14, et Législation primitive, t. I, PP. 333-334.

4. Réflexions, etc., p. 72. Cf. BonaLp, Th. du Pouv., t,. PMP Chap ve p.42 : « L'homme moral et physique produit la connaissance de Dieu, dans la pensée, et la conserve par le sentiment. »

5. Cf. aussi Réflexions, etc., P- 103 : « Sans doute ces vérités, qui rentrent de tout côté dans l'infini, seront éternellement inconcevables à l’esprit de l’homme; mais si, comme on l’a dit, il ne lui est pas possible d'en imaginer le comment et le pourquoi, il peut du moins, et cela lui suffit, en concevoir la nécessité... Déjà un écrivain de génie a pénétré avec succès dans cette nouvelle route ouverte aux défenseurs du christianisme et ses ouvrages immortels, que la postérité appréciera, feront un jour révolution dans la philosophie comme dans la politique. »

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vrai, comme nous l’avons reconnu, que les vues développées dans l'Histoire des Variations, et dans les Cinquième el Sixième Avertissements aux protestants, ont inspiré, méme, pour ainsi dire provoqué Bonald: iln’y a donc point à s'étonner EE si l'appréciation de la Réforme, de ses progrès et de ses effets est empruntée à la fois à Bonall let à Bossuet. Du moins est-ce bien à Bossuet seul qu'il faut faire honneur de lidée que les Lérésies sont utiles au développement de la foi, qu'il fault qu’il y ait des hérésies, selon la parole de l Apôtre, pour que le Christianisme se développe tout entier?. La critique du libertinage et des esprits forts au dix-huitième siècle est empruntée du fameux passage de Poraison funèbre de Henriette de France, et dans l’une des plus fortes pages des Réfleæions, on n'aura nulle peine à reconnaître un résumé pré- cis du Sixième Avertissement : « Lorsque les novateurs du seizième siècle attaquèrent l'Église romaine, unis seulement

pour détruire, ils se divisdrént en une foule de/sectes aussi différentes entr’elles qu’elles lPétoient de la religion catholique. La raison de l’homme une fois reconnue pour unique juge de la foi, il n’y avoit point de motif pour que personne soumit sa raison à celle d'autrui, et dès lors, il dut y avoir et il y eut en effet autant de religions que d'ndrdass » La suite est encore de Bossuet, mais repensé, continué et transposé par Bonald : « La philosophie, partant du même principe, arriva nécessairement au même résultat. Opposés sur tout le reste, ses disciples ne s’accordoient que dans leur haine pour le christianisme, et cette haine seule donnait droit au titre de philosophe, comme la haine de l'Eglise romaine à celui de protestant, et encore, dans ces derniers temps, comme la haine de la royauté à ‘celui: de jacobin. Ce n'étoit, sous différens noms, que la révolte de l’orgueil contre l'autorité, et par conséquent contre Dieu, source de toute autorité ; d’où 1l suit, pour le dire en passant, que la Réforme devoit infailliblement aboutir à l’athéisme #. »

1. Réflexions, .etc., p. 7. Cf. Boxazn, Œuv., passim et en particulier, Th. du Pouv. (éd. de 1843), t. II, livre V, chap. 1, 11, 1V, v, vi, vi, et BossuET, Conférence avec Claude, Histoire des Variations, 5° et 6° avertissement aux protestants sur la doctrine de M. Jurieu.

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