Réflexions,-etc., pp
3. Ibid., pp. +6- 47. CT. BossuerT, {isi. des Variations, 1. XI, p. 224; Préf., pp. 290-291. Cf. 1'° partie, chap. v.
4, Réflexions, etc., p. 47.
L'influence des lectures se fait sentir à toutes les pages. Un passage célèbre de Pascal inspire évidemment ces lignes. « L'homme, borné dans ses facultés, insatiable dans ses désirs, tourmenté également par sa curiosité et par son impuissance, a besoin tout ensemble et d’une lumière qui l'éclaire, et d’une autorité qui réprime son excessive avidité de connoiître. Il trouvoit l’une et l’autre dans la religion chrétienne, qui, nourrissant ses pensées des vérités les plus hautes, sans les livrer à la discrétion de sa raison débile, concilie avec une profonde sagesse deux choses en apparence inconciliables. Religion divine qui dissipe les ténèbres de l'esprit en abaissant l’orgueil du cœur ; qui ôte l'incertitude et le doute, sans détruire entièrement l'ignorance ; qui révèle ses mystères à l’amour en les voilant à lintelligence; qui, même après avoir tout donné, laisse encore un désir immense qu'elle satisfait et renouvelle sans cessel, »
Tel passage sur les œuvres chrétiennes est un résumé de Chateaubriand? ; tel autre, sur le dix-septième et le dix-huitième siècle rappelle les articles qu’en 1803 l'abbé Frayssinous publiait dans le Journal des Débals*, et tel paragraphe qui peut paraitre dans une eertaine mesure un hors-d’œuvre, sur les idées innées de Malebranche#, nous rappelle que Félieité de La Mennais, en 1806, étudia deux mois « cette sublime métaphysique ». Toutes les pages sur les philosophes, Bayle, Voltaire, Diderot, rappellent des lectures et une séduction plus anciennes 6 : visiblement le jeune écrivain eède à la tentation de faire montre de son savoir, de ne rien laisser échapper de ce qu’il a pu recueillir, et, tout en condensant les textes notés par lui sur ses cahiers, au moyen desquels il travaille, de s’entourer d’ombres illustres dont ilexprimela pensée.
Mais ces idées, de provenance si diverse, sont élaborées en une œuvre personnelle et vivante, fortement tendue vers un but.
. Réflexions, etc., p. 8. Cf. sup., 1° partie, chap. 111, p. 69.
. 1bid., p. 18. Cf. Génie du Christianisme, 4 partie, 1. VI.
. Ibid., pp. 16et 25. Cf. sup., chap. v, p. 144.
. Ibid., pp. 54-66. 4
. Cf. sup., le partie, chap. v, p. 159.
. L'influence de La Harpe est encore sensible ici. Cf. supra, 1° partie: en particulier le Discours sur la guerre déclarée par nos derniers tyrans (1794), lu par l'oncle des Saudrais, a laissé des traces dans les Réflexions. Voyez à ce sujet Duine dans les Annales de Bretagne..de janvier 1913.
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sant
Si l’œuvre est avant tout un plaidoyer, ainsi qu’on pense lavoir établi, elle est encore quelque chcse de plus. On doit y voir l’acte d’un chrétien qui veut, en défendant sa cause, se confirmer dans ses croyances, et © est pour cela, tout d’ abord, pre. l’auteur, remontant si loin, embrasse l'histoiré entière
e l'Eglise dans le plan qu'il s est imposé. La disproportion de ce plan trouve en partie son explication dans le besoin d’éprouver ses forces par un premier essai apologétique, de se démontrer à soi-même et, pourquoi le dissimulerait-on ? de
. montrer clairement aux autres jusqu'où l’on serait capable de
s'imposer et de triompher en cette voie. Les Réflexions paraissent bien être, dans l’esprit de leur auteur, comme une
. brillante préface à la tâche qu'il se sent la force et l’ambi-
tion d'entreprendre. Elles sont un programme de vie à la fois intellectuelle et chrétienne, sans doute, et, sans doute aussi, un projet de défense religieuse. Mais elles sont encore le
premier geste qu’on fait pour attirer l'attention du public
et, lui laissant entrevoir ses armes, lui donner cependant
l'illusion que sa propre ingéniosité les découvre. À côté
du dévouement et des Abus généreuses du chrétien, il n’est guère possible de méconnaitre la satisfaction de l’auteur, du jeune écrivain dont la tête est remplie de livres à faire et de PHRiS à réaliser. De là ce plan d’une Histoire de l'Église‘ que l’on nous indique en passant, de là surtout lingénuité avec laquelle notre Félicité fait montre de son savoir. Tout ce qu’il sait, tout ce qu’il a lu doit trouver place, ou du moins se laisser soupçonner dans ces 150 pages bourrées à en éclater : les philosophes, Bayle, Voltaire, Rousseau, d'Alembert, Locke, Condillac, Diderot, Condorcet, les idéologues ; dans le camp opposé, Bossuet, Fénelon, Malebranche, Pascal, Bergier, Barruel, Bonald passent suecessivement devant nous. On n'oublie ni Descartes, ni Leibniz, ni la querelle des idées innées, où l’on pourrait voir un hors-